...ou comment être anti-nucléaire sans devenir pro-éolien
26 janvierDe tous les tangibles désastres générés par le capitalisme industriel, le dérèglement climatique peut apparaître à la fois comme son aboutissement et son emblème. Le système capitaliste, en effet, aura à peu près tout investi et tout dévasté dans le monde, jusqu’au temps qu’il fait. Ce dérèglement climatique, étroitement lié à la consommation croissante de combustibles fossiles (pétrole, charbon, gaz naturel), suscite un engouement médiatique à la mesure de ses dégâts manifestes. Politiciens, hommes d’affaires, scientifiques lanceurs d’alertes, experts écologistes nous somment de rejoindre leur union sacrée, censée nous préserver durablement de la catastrophe tout en nous épargnant le sacrifice de ce mode de vie « non négociable », au premier rang duquel se tient fièrement notre consommation d’électricité (celle-ci a triplé en France entre 1973 et 2005, et on en peut mesurer tous les jours les incomparables « bienfaits », s’agissant de notre vie personnelle et sociale).
Après une première révolte collective en octobre, voici le premier incendie du centre de rétention de Saint-Jacques (à proximité de Rennes). 4 personnes étaient accusées, cette fois-ci, d’avoir mis le feu à une chambre.
Après deux mois de détention une des quatre personnes écrouées dans l’affaire de Labège a été libérée vendredi. Cette libération, inattendue, prouve encore la vacuité des charges qui pèsent sur les personnes mise en cause dans cette affaire.
Par Conrad Frölich (23 avril 1892)
25 janvierEt que ces filous de l’anarchie aillent encore pleurnicher la faveur d’être « interviewés » par les reptiles bourgeois, qu’ils montrent encore leur audace de parler au nom des anarchistes, dont ils veulent être à la fois les papes et les députés, qu’ils y viennent encore ! C’est nous mêmes qui leur en donnerons des « interwiev » à ces petits crevés ! Qu’ils y prennent garde ! Qu’ils aillent porter leur doléances et pleurer par les yeux de « La Révolte » dans le gilet des philosophes raseurs, c’est leur droit, mais de là, à s’ériger en moralistes-jugeurs de l’anarchie… Jamais. Et à leur moindre tentative à ce sujet, frappons-les les premiers, car ce sont nos pires ennemis !!!
Une lettre de Jenny, partenaire d’Eric McDavid
24 janvier
Par Günther Anders (1972)
22 janvierCe n’est vraiment pas sans raison que nous parlons de l’« absurdité de la vie actuelle ». Ce que nous voulons surtout dire par là ou, mieux, ce qui est au fondement de ce très légitime sentiment est quelque chose qu’on pourrait appeler, en langage académique, la « structure intentionnelle négative de notre travail actuel ». Je ne veux pas seulement signifier que nous ne sommes pas propriétaires des moyens de production à l’aide desquels nous travaillons. Ce célèbre défaut n’en est qu’on parmi d’autres, qui tous sans exception sont des conséquences de la seule « révolution mondiale » ayant véritablement eu lieu au cours de ces derniers siècles : la révolution technique qui triomphe à l’Est comme à l’Ouest. Mes analyses sont donc, comme celles du premier tome, « indifférente aux systèmes ».
Ricardo Flores Magon (1915)
20 janvierSur l’avenue élégante, homme et femme se promènent, parfumés, chics et provoquants. Collé au mur, la main tendue, un mendiant quémande d’une voix tremblante et servile :
- Une aumône, pour l’amour de Dieu !
Le travail pénètre et détermine toute notre existence. Le temps coule impitoyablement à son rythme alors que nous faisons la navette entre d’identiques environnements déprimants à une allure toujours croissante. Le temps de travail… Le temps productif… Le temps libre… La moindre de nos activités tombe dans son contexte : on considère l’acquisition de la connaissance comme un investissement pour une carrière future, la joie est transformée en divertissement et se vautre dans une orgie de consommation, notre créativité est écrasée dans les limites étroites de la productivité, nos relations -même nos rencontres érotiques- parlent la langue de la performance et de la rentabilité… Notre perversion a atteint un tel point que nous recherchons n’importe quelle forme de travail, même volontairement, pour remplir notre vide existentiel, pour « faire quelque chose ».
J’ai eu l’occasion d’expérimenter in vitro —c’est-à-dire sur des périodes relativement brèves— certaines formes de bannissement : cavale, prison, exil. Bien que ces situations aient toutes été imposées par la répression, ce sont des expériences de vie très différentes les unes des autres. J’en parlerai ici, en tant qu’expériences sur la liberté. Je m’arrêterai sur quelques-unes des réflexions que ces circonstances ont suscitées, plutôt que sur leurs aspects pratiques ; je me référerai à une dimension peut-être plus « intérieure », pour en tirer quelques considérations plus générales. C’est la manière de procéder qui me convient le mieux. Parmi les nombreux événements que j’ai été amené à vivre, j’ai en effet plutôt tendance à me souvenir, de par mon caractère, des idées qu’ils m’ont offertes, et de ce que j’appelle les tonalités émotionnelles . J’aurai recours à la narration, au raisonnement plus articulé, aux notes fugaces. Je citerai parfois les mots d’autres personnes, mais uniquement parce que ces mots ont eu pour moi, à certaines occasions que je vais raconter, une importance décisive. Seul un écho —même lointain— dans l’expérience du lecteur, pourra distinguer ces notes d’un simple exercice littéraire.
Zo d’Axa
16 janvier
20 nouveaux “Centres éducatifs Fermés”, 13200 nouvelles places de prison, encadrement militaire des mineurs...
15 janvierQue ce soit des effets d’annonce ou pas de la part de l’État, on voit bien que la tendance générale qui se dessine c’est : Enfermer toujours plus et toujours plus jeune. A l’école déjà les moyens de contrôle sont là, sous prétexte d’“éducation”, pour nous dresser et nous habituer dès le plus jeune âge à se soumettre à l’autorité. Par la suite, il nous faut filer droit dans la rue, et, au taf, travailler sans broncher pour un pauvre salaire. Parmi ceux qui n’acceptent pas ces règles, certains se font attraper et risquent la prison.
A 16h c’était l’heure du rendez-vous à la station RER de Joinville-le-Pont pour un départ en manif sur le CRA de Vincennes. A ce moment-là on est bien 80 au jugé. Quelques flics qui se répartissent entre 2-3 bagnoles et bavassent paisiblement en nous regardant. Pas de CRS en vue …
Panégyrique de Vittorio Pini
14 janvier
Traduit devant vous pour avoir fracturé les coffres-forts de vos compères, il n’excuse pas son acte, mais le défend, vous prouve avec fierté qu’il a cédé au besoin naturel de reprendre ce qui lui avait été précédemment volé : il vous prouve que son acte est supérieur en morale à toutes vos lois, qu’il se moque de vos cris et de votre autorité et, malgré vos accusations, vous prouve que les voleurs, ô messieurs les Juges ! sont vous et votre bande bourgeoise.
C’est justement mon cas. Soyez-en certains, je ne rougis pas de vos accusations et j’éprouve un doux plaisir à être appelé voleur par vous.
Le 24 Décembre, des sections multiples dans l’unité 5 au centre correctionnel Central North (Penetang) ont refusés d’aller sous verrouillage. Dans l’une de celles-ci (5F) Erik Lankin était retenu. Pendant la période des fêtes, il est commun que les détenus soient sous verrou la plupart du temps, parce que les gardes sont à court de personnel. « Verrouillage » se réfère a ce que les détenus soient enfermés dans leurs cellules, plutôt que d’être avec environ 20-30 autres prisonniers.
B. Traven
11 janvierL’Indien était en train de confectionner de petits paniers au moyen de toutes sortes de fibres qu’il avait ramassées dans l’immense forêt entourant le village de toutes parts. Ces matériaux avaient été non seulement soigneusement préparés par le vannier mais aussi richement colorés au moyen de teintures extraites par lui de diverses plantes, écorces et racines, voire de certains insectes, selon un procédé connu de lui seul et des siens.
A un moment donné, je me suis aperçu que je devais vraiment faire quelque chose, si je voulais empêcher que l’horreur que je voyais par la fenêtre ne concerne aussi irrémédiablement toute mon existence. C’est ainsi que j’ai commencé à m’impliquer, avec ceux que j’avais rencontrés, afin que le scénario qui nous dépassait se transforme en une aventure qu’il valait la peine de vivre ensemble, sans lois, ni privilèges ou privilégiés. Avec ces gens, qui étaient certes une petite minorité par rapport aux habitants de la ville, j’ai commencé à affronter toutes sortes de sujets et de problèmes, en essayant de trouver des solutions concrètes à nos discussions et à nos propositions, qui puissent exploser dans le quotidien qui nous enserrait. On se procurait et on diffusait des informations, souvent sur les aspects les plus cachés et les plus sournois qui fondent l’horreur collective qu’on nous impose. On manifestait dans la rue et on se battait avec ceux qui voulaient nous en empêcher. On essayait d’entraver tout un ensemble d’abus de pouvoir et de chantiers nuisibles, ou du moins on mettait au clair que tout le monde n’accepterait pas en silence qu’ils nous soient imposés.
Le 2 décembre 1888, deux à trois cents anarchistes et socialistes, précédés d’un drapeau rouge, reviennent d’un meeting qui s’est tenu à Bruxelles, place Saint-Georges, et se disposent à rentrer en ville par la rue de Namur lorsqu’ils se mettent à huer le roi (Léopold II). Quelque temps plus tard, l’anarchiste Gille est arrêté et traduit devant la Cour d’Assises du Brabant. Sa défense, vendue au prix de deux centimes lors des meetings de juin 1889, est révélatrice de l’amalgame créé par la police et par la justice entre anarchie et républicanisme, l’argument d’offense à la monarchie étant un excellent prétexte pour se débarrasser de tous les opposants politiques.
Enfin, s’il est un point qui nous tient particulièrement à coeur, c’est de sortir de la tyrannie du nombre qui sert trop souvent d’excuse à la résignation ou à l’expectative. Agir à peu et sur des bases claires ne signifie en effet pas forcément agir isolément. Si on sait que quelques nuages noirs suffisent à obscurcir le ciel, on sait également que tout objectif de lutte spécifique que l’on pourrait mener à quelques-uns contient aussi en soi, potentiellement, la violence de tous les rapports sociaux. La question n’est alors pas de voir autour de soi un océan plus ou moins vaste d’esclaves, mais de savoir ce que nous voulons, nous.
En janvier 2012, le nouveau centre fermé de Steenokkerzeel, dit "Caricole", fermera ses portes. Ce nouveau centre fermé au bout de la piste de l’aéroport a pour but d’enfermer les plus récalcitrants parmi les sans-papiers que l’Etat cherche à déporter. Il servira comme moyen de pression afin de dissuader et de mater les révoltes à l’intérieur des centres. A noter d’ailleurs que son ouverture a été retardée de plus d’un an, probablement grâce aux luttes en cours et aux sabotages anonymes sur le chantier.
Une liste non exhaustive de communiqués des diverses actions anticarcérales du dernier réveillon. Elle sera mise à jour au fur et à mesure que de nouveaux communiqués et traductions de communiqués apparaitront. Vous pouvez bien sûr aider en nous envoyant vos liens et vos traductions.
Par Laurent Tailhade (1902)
5 janvierVous exercez, monsieur, la très hilarante fonction d’accommoder pour les personnes pieuses des sandwichs d’Absolu, que vous leur poussez dans le gaviot, non sans accomplir maintes génuflexions et autres simagrées. Vous enseignez imperturbablement aux élèves confiés à vos leçons qu’un ramier féconda, il y vingt siècles, une vierge déipare, laquelle, ayant mis bas dans un chenil à bestiaux, vit sortir de ses flancs la Cause immatérielle de l’Univers sous la figure d’un "gluant", si j’ose m’exprimer ainsi. Vous propagez les vertus de Lourdes. Vous faites connaître à vos pratiques l’efficacité des prières à Saint Maclou pour guérir les furoncles, vous adorez le Sacré-Coeur, tout comme vos confrères indous adorent le lingam. Tapi dans une boîte qui sent l’aigre, vous chuchotez aux jeunes filles des obscénités que n’oserait formuler, après boire, le plus indécrottable des commis-voyageurs.
Le vendredi 13 janvier, les juges de la cour d’appel de Paris rendront leur décision concernant les 6 personnes sans-papiers inculpées ayant fait appel pour la révolte collective qui, en juin 2008, après la mort d’un retenu, embrasa le centre de rétention de Vincennes.