Ce dimanche 14 mars, nous étions quelques uns à faire une balade dans certains quartiers d’Anderlecht (Bruxelles), laissant derrière nous une trace d’affiches contre les centres fermés, des dizaines de slogans contre les prisons, les différentes faces de l’exploitation ainsi que des tags qui réfèrent aux compagnons tombés sous les balles des flics. Une voiture de ISS Cleaning ainsi que la façade d’une succursale de Dalkia ont été taguées, référant à leur collaboration dans le carcéral. Le tract ci-dessous a été distribué. A la prochaine.
Ça a été l’alarme générale. Cela faisait un sacré bout de temps que les installations d’épuration d’eau de Bruxelles ne fonctionnaient plus, et que les eaux d’égout étaient déversées sans traitement dans les fleuves. Pendant que les politiciens et Aquiris, l’entreprise responsable de la gestion des eaux, rejetaient les responsabilités sur d’autres, tous les autres, la majorité a de nouveau pu se complaire dans le rôle de spectateurs passifs.
Samedi 13 mars, Rome : depuis un moment était annoncée une manifestation sous les murs du centre de rétention (CIE) de Ponte Galeria. avant d’arriver au rassemblement, un groupe de compagnons recouvre d’affiches les murs des gares de la ligne Rome-Fiumicino. Puis, arrivés devant le centre, certains font passer de la bouffe et des boisssons aux retenus : des aliments sans antidépresseurs ni calmants, à la différence de ceux habituellement fournis par la coopérative Auxilium qui gère le CIE depuis deux semaines.
Les mots suivants, et ceux qui les précédent, ne sont pas le produit d’une obligation ou d’un sens du devoir. Ils n’ont rien à voir non plus avec une quelconque nécrologie révolutionnaire. Ils sont loin et hostiles à toute tentative de mythification, de propriété, d’engagement ou de désengagement, de la boue lancée et de la dépréciation que l’autorité essaye déjà de diffuser après la révélation de l’identité et de la photographie d’un « terroriste » mort après un échange de coups de feu avec des flics à Daphni. Lambros Fountas, qui est tombé lors de cette fusillade avec la police était connu pour ses activités anarchistes.
La vie, toute la vie, est dans le présent. Attendre c’est la perdre. Attendre demain pour être libre, pour jouir d’être, pour se sentir vivre ? Nous ne faisons plus ce jeu. Le temps passé en attente est irrémédiablement perdu, et nous tenons à ne rien perdre de la vie. La révolte complète la pensée ou le rêve par l’action immédiate. Le reste n’est que verbiage, ou poursuite de mirages.
Les incarcérés de l’opération du 23 février dernier sont tous libres : personne ne devra rester en prison ou en résidence surveillée, même si certains doivent encore pointer au comico. Après deux semaines, on commence à voir s’ébrécher le château de carte construit par l’accusation, soit le procureur Padalino et le chef de la Digos [DCRI] Petronzi.
Une émeute a éclaté dans le CIE de Madrid en début de semaine. Les retenus ont mis le feu dans plusieurs chambres. On entendait les cris des détenus depuis la rue : "feu !", "racontez ce qui se passe ici !" pendant que les alarmes incendies ne cessaient de sonner et que les retenus tapaient sur les fenêtres
Le jour de l’audience de Turin contre les compagnons arrêtés le 23 février dernier et accusés d’ « association de malfaiteurs » pour la lutte contre les centres de rétention, et à une semaine du rendu du jugement contre les 10 accusés de l’incendie du centre de Vincennes, 6 locaux de la Croix Rouge ont été pris pour cible à Paris, la nuit du 9 au 10 mars. Situés dans les 3e, 5e, 9e, 11e, 12e et 18e arrondissements, ils ont été couverts d’affiches et tagués, tandis que leurs serrures étaient sabotées et leur vitrine parfois brisée. Des tags comme « la Croix Rouge expulse », « la Croix Rouge collabore aux expulsions » ont recouvert les alentours de certains de ces locaux. Le texte ci-dessous est celui de l’affiche collée sur ces locaux.
Passion et Raison dans le tourbillon du Progrès
10 marsIl y a des écrits, parfois, rarement même, qui réussissent à parler à toutes les parties de votre cerveau en même temps. Au centre du volcan, qui apparait ici pour la première fois en français est de ceux-là. Dans ce texte qui prend pour fil conducteur la critique du concept de Progrès, l’auteur examine de façon critique les révolutions des XIXe et XXe siècles à la lumière de la réalité des émeutes et des insurrections qui n’ont pas suivi les traces des quelques architectes politiques de la révolution (on y cite par exemple, l’avènement du socialisme). Il explore également, sur les traces de Bakounine et Coeurderoy, les relations généralement considérées comme dichotomiques, entre la raison et les passions, afin de se réapproprier les deux dans un souci d’émancipation totale. C’est de l’inconnu que tente de nous parler ce texte, de cette grande inconnue qu’est l’insurrection, qui arrête le temps et le démolit comme le Vésuve contre Pompéi. Comme la guerre sociale contre la routine du quotidien. Mais c’est aussi de la peur qu’elle inspire dont nous parle ce texte italien, lorsque le retour à la normale n’est plus possible. Nous vous invitons donc à le lire avec intérêt, à en diffuser le contenu, plus que le bout de papier que vos doigts triturent.
Lod, Munich, Rome, Maalot, FPLP, FDPLP, FATH, Septembre noir…
10 marsDes organisations militaires, qui, comme les autres armées de libération nationale, préparent le terrain à une bourgeoisie nationale qui remplacera l’impérialiste, « ennemi prioritaire ». Une armée, creuset d’un futur Etat qui sera chargé de développer le capital national et d’exploiter les ouvriers et les paysans comme en Algérie et au Vietnam. En décembre 1973, Hawatmeh annonce : « Nous voulons une entité nationale palestinienne indépendante, quelques soient ses dimensions. » Les divergences entre les groupes portent seulement sur le « quelques soient ses dimensions » (avec les différentes concessions qui en découlent), en fonction de la lutte pour l’hégémonie dans le futur Etat palestinien.
SOYEZ AUX AGUETS, les tortionnaires de l’enfance, profs sadiques qui foutent des tartes, humilient les cancres, abrutissent, discriminent ; surveillants de cauchemar qui gèrent les enfants comme des prisonniers, les font taire, les font pas bouger ; parents qui pensent que leurs enfants sont des biens, des sous – êtres, à leur merci et à leur service, qui perpétuent l’idéologie mortifère de la famille ; et tous les bourreaux innocents.
Le 14 Octobre 2008, la police suédoise a perquisitionné trois maisons dans différents endroits en Suède. Elle a procédé à l’arrestation de Jonathan et a saisi du matériel, des pamphlets politiques, son ordinateur et ses affaires personnelles. Après deux mois de détention, son procès a eu lieu en Octobre 2009 et Jonathan a été condamné à 15 mois de prison. Il est accusé d’avoir participé à différents actions revendiquées par l’ELF(Earth Liberation Front).
Depuis le printemps de 2009, un nouveau centre fermé est en construction à côté de l’aéroport de Zaventem. Une nouvelle prison, équipée de cellules individuelles, où seront isolés les sans-papiers qui résistent à leur déportation.
Petits déjà, on nous apprenait que nous avions cinq sens. Il y avait la vue, stoppée de toute part à 50 mètres par les immeubles de béton et les usines ; l’ouïe, qui permet d’entendre des nuées d’abeilles après avoir travaillé sur un marteau piqueur ; l’odorat, pour sentir les fumées des voitures et des centrales ; le goût, pour manger des boîtes et des animaux morts ; le toucher enfin, pour bien sentir l’outil, le paquet de pâte, le journal gratuit, ou tout autre objet permettant de « gagner sa vie ».
Cette femme devant moi. Les yeux grands ouverts. Inquiets, exigeants. Elle attend quelque chose de moi. Quelque chose que je ne veux pas lui donner. Je ne pourrais pas.
Depuis 1945, ils veulent nous faire croire que règne sur nos vies la plus sereine des libertés, maintenant que les ménagères ont accès à tout ce qui se fait de mieux en électroménager, que presque tout le monde à le droit de voter, que la « liberté » d’expression est garantie par les institutions démocratiques, qu’une série de faux choix s’offre à nous entre exploiter ou se faire exploiter pour que dalle sans chercher à comprendre pourquoi, sous peine de se faire mater. Notre anxiété et notre soif de liberté ne s’amenuisent pas, pourtant, c’est de tout cela qu’ils parlent lorsqu’ils nous martèlent les oreilles de leurs idées de la liberté et du progrès démocratique ou industriel.
Rassemblement mardi 16 mars 17h - Place Cadenat (Belle de Mai-13003) pour se rendre au Centre de Rétention du Canet.
2 marsEn 2008, la prison pour sans papiers de Vincennes, crame entièrement. Les retenus y mettent le feu lors d’une révolte collective après plusieurs mois de lutte à l’intérieur. La plupart d’entre eux obtiennent ainsi leur libération. Un centre de rétention en moins, c’est concrètement moins de rafles et d’expulsions dans les mois qui suivent. Mais 9 personnes sont inculpées pour cet incendie, elles ont déjà fait entre 6 mois et un an de prison, et seront jugées le 17 mars. Elles risquent jusqu’à 3 ans de prison ferme. Une dixième personne s’est tellement fait tabasser en prison qu’elle est handicapée à vie et l’État a abandonné les poursuites contre elle.
22 ans de prison pour deux anarchistes grecs
1er marsEn juin 2008, l’industriel Giorgos Mylonas a été kidnappé. Mylonas est le président de l’union des industriels du nord de la Grèce. Il est bien connu pour avoir déclaré que les ouvriers devraient apprendre à accepter des conditions de travail plus dures et à travailler plus longtemps au lieu de bêler. Mylonas est le propriétaire de quelques usines en Grèce, mais aussi en Albanie et en ex-Yougoslavie. Après que sa famille ait payé une somme de 10 millions d’euros, il a été relâché.
Le samedi 6 février 2010, une petite balade s’est déroulée dans les quartiers nord de Paris aux cris de « Liberté pour tous avec ou sans-papiers » « Arrêt des rafles, arrêt des expulsions, destruction des centres de rétention ».
Le 15 février dernier à 6h du matin, 7 personnes ont été placées en garde à vue et leurs domiciles perquisitionnés à Paris dans le cadre d’une enquête sur l’agitation autour du procès de la révolte du centre de rétention de Vincennes et contre la machine à expulser.
Quelques précisions sur ces arrestations et leurs suites immédiates…
Nous avons exprimé notre dégoût pour la prison technologique voilée de surveillance et le contrôle électronique en sabotant plusieurs des scanners de Carte d’identité du campus universitaire Hunter qui allaient bientôt être inaugurés. Contre l’éducation en tant que tel, nous avons ensuite attaqués le bâtiment administratif de l’Université de Brooklyn. Pour finir, nous avons attaqué la Marathon bank, une filiale de la banque du Pirée qu’Alfredo Bonanno et Christos Stratigopoulos sont accusés d’avoir expropriés. Nous étendons notre solidarité aux deux compagnons emprisonnés et, comme la santé de Bonanno se détériore dans une cellule de prison, nous adhérons au principe suivant.
Par Albert Libertad (13 juillet 1905)
27 févrierBeaucoup ne sentiront pas tout le respect affectueux qu’il y a dans mes paroles. Ils prétendront vouloir lire en ces lignes des médisances ou des calomnies. Ils y verront de la basse envie. Ces gens liront avec des lunettes. Je m’en moque. Reclus est mort, rien de ce que je peux dire ne l’intéresse plus. Ce n’est que pour les vivants qu’il est bon de causer.
Par Élisée Reclus (le 26 septembre 1885)
26 févrierVoter, c’est abdiquer ; nommer un ou plusieurs maîtres pour une période courte ou longue, c’est renoncer à sa propre souveraineté. Qu’il devienne monarque absolu, prince constitutionnel ou simplement mandataire muni d’une petite part de royauté, le candidat que vous portez au trône ou au fauteuil sera votre supérieur. Vous nommez des hommes qui sont au-dessus des lois, puisqu’ils se chargent de les rédiger et que leur mission est de vous faire obéir.
Quelques nouvelles d’Italie, avec tout d’abord l’adresse des camarades emprisonnés et apparemment mis en isolement.
Ce matin à Turin des perquisitions ont été effectuées chez une vingtaine de camarades. Trois ont été arrêtés et trois autres se trouvent assignés à résidence. Outre l’habituel matériel informatique et les divers papiers (tracts...), les ordinateurs de Radio Black Out ont été saisis (ce qui explique que les transmissions en streaming sont suspendues).D’autres perquisitions ont eu lieu à Cunéo, Mantoue et Trente.