Chaque fois que plusieurs anarchistes se réunissent, il y a des débats, des querelles. Ce n’est pas une surprise, puisque le mot « anarchiste » est utilisé pour décrire un large éventail d’idées et de pratiques souvent contradictoires. Le seul dénominateur commun est le désir de se débarrasser de l’autorité, et les anarchistes ne sont même pas toujours d’accord sur ce qu’est l’autorité, sans parler de la question des méthodes appropriées pour l’éliminer. Ces questions en appellent encore beaucoup d’autres, les polémiques sont donc inévitables.
Dans ce monde où tout ressemble de plus en plus à une prison (prisons, hôpitaux psychiatriques, maisons de retraites, écoles, supermarchés, temples en tout genre, centres de rétention, transports, usines, urbanisme concentrationnaire, parcs et aires de jeux, logements, administration, etc.) il y a plusieurs choix possibles : la révolte et la lutte contre cet existant qui nous étouffe, la résignation, l’indifférence et la réappropriation des rapports de domination qui régissent cette société.
Italie - Leonardo Landi condamné à 6 ans de prison
23 juilletHier 20 juillet s’est déroulée à Lucca la dernière audience du procès contre Leo. Le parquet avait requis 6 ans pour vol aggravé de terrorisme, la cour n’a pas retenu cette dernière circonstance aggravante, mais a quand même confirmé la condamnation à 6 ans de réclusion.
Ne mettez pas votre sort en jeu si vous n’êtes pas disposés à jouer avec toutes vos possibilités
21 juilletC’est justement parce que les patrons voudraient enfermer nos activités dans une structure militaire, pour les diviser en différents « niveaux », qu’il nous faut les diffuser et les unir le plus possible dans un projet révolutionnaire qui dépasse toute mythologie armée. Chacun avec ses dispositions et ses désirs. Et puis, subvertir chaque pan de l’existant. L’arme qui contient toutes les armes est la volonté de vivre avec toutes ses possibilités, et tout de suite.
On entend de plus en plus, ici et là, des critiques s’élever contre toute tentative d’analyse et de théorie antiautoritaire de la société de domination. Parmi ces critiques, souvent, on y trouve la tentation du discrédit de tout ce qui voudrait prendre du recul plutôt que de foncer tête bèche dans ce qui nous opprime. La théorie ne serait bonne, selon ses critiques, qu’à se couper les cheveux en quatre, elle serait une occupation académique, « inutile ». La tendance qui pousse beaucoup d’entre nous au rejet d’un recul pourtant nécessaire sur nos pratiques et notre pensée, est très certainement liée à un appauvrissement global du mouvement radical. La slogantisation de la pensée anarchiste semble en effet, lorsqu’elle est conjuguée à la mise à sac de toute projectualité révolutionnaire, faire plus de mal qu’il n’y parait.
Dimanche 11 juillet, aux audiences du « 35 bis », chez le juge de la liberté et de la détention
16 juilletCe jour-là, un dimanche donc, le Palais dort, si ce n’est l’agitation due aux touristes qui vont visiter la Sainte Chapelle. En revanche à l’escalier Y, pour juger du maintien en rétention des sans-papiers, ça fonctionne à plein pot : 23 retenus inscrits ce jour. Sur la bonne douzaine de comparutions à laquelle j’ai assisté, il n’y a eu qu’une assignation à résidence (cela veut dire que le sans-papier pour lequel la Préfecture possède un passeport doit repartir de lui-même dans un temps défini). Pour tous les autres, ils sont retournés dans leur prison spéciale pour eux, en attendant une expulsion ou une libération. Les retenus venant du centre de rétention de Vincennes sont sortis depuis 6 heures du matin, ils ne retourneront au centre qu’à 20 heures, entre-temps c’est l’attente pénible dans les cars, dans la souricière, dans la salle d’attente du 35 bis…
Par Zo d’Axa (10 juillet 1892)
14 juilletCependant les seigneurs de ce temps s’occupent avec sérénité à mettre tout au point pour représenter le pays en liesse. S’il est un jour de l’année, où ils tremblent moins à l’idée des réfractaires qui les guettent, c’est le jour de la fête nationale. Les soldats sont en permission, les sergents de la ville ne rôdent pas sur les trottoirs. La bourgeoisie qui veut faire ses grâces, un instant, ne tient plus ferme en sa main, le bouclier de fer qui la protège.
On pourrait facilement viser…
La dépersonnalisation et l’aliénation de nos plus profonds désirs nous sont inculqués dès l’enfance par l’école, la religion, le cinéma, la télévision, et atteignent bientôt un point où le désir individuel n’est plus seulement un système de contradictions, mais une marchandise comme toute les autres. La « vraie vie » semble toujours être juste un peu au-delà de ce qu’un salaire hebdomadaire et une carte de crédit peuvent offrir, de manière à ce qu’elle soit reportée indéfiniment. Et chaque report de la vie contribue à la reproduction d’un système social que pratiquement tout le monde, à moins d’être multi-millionnaire ou masochiste, a fini par répugner. Voici comment le problème se présente à nous : comment briser le modèle du travail – de cette esclavage hebdomadaire, cette coutume des coutumes, cette dépendance des dépendances ; comment nous détacher nous même de cette étreinte d’illusions auto-destructrices sur « vente.com », l’état-entreprise de consommation perpétuelle.
Voici le texte rédigé par les inculpés de la fête de la Musique. Il n’a malheureusement pas pu être lu lors de l’audience mais figure dans le dossier d’instruction.Rappel des faits.
A deux mois de notre libération, après avoir été détenus pendant dix jours à la prison de sécurité maximale de Ezeiza, pour une manifestation devant les portes de l’ambassade de Grèce, qui visait à montrer notre solidarité avec l’anarchiste Giannis Dimitrakis (toujours prisonnier de l’État grec).
Par Renzo Novatore (26 Novembre 1919)
5 juillet
Par Georges Darien (1896)
2 juillet
Après avoir restreint en avril 84 les dérisoires allocations-chômage le gouvernement, en collaboration avec les salopes syndicales, lance une nouvelle offensive contre la jeunesse.
Trois jeunes, dans un coin quelconque de n’importe quel quartier ouvrier. Quelques policiers décident « de les identifier » (c’est-à-dire de les arrêter pour vérification d’antécédents). Un jeune de 15 ans, mort avec le crâne traversé d’un projectile de 9 mm entré par la tempe.
Ce jeudi, la grande messe qui se tenait à la basilique de Koekelberg et qui avait l’honneur d’accueillir une déléguation de 70 prêtres a été quelque peu perturbée. L’archevêque Monseigneur Léonard ne pouvait malheureusement pas faire partie de cette grande fête mais cela n’a pas empêché un petit groupe de personnes de venir interférer un moment le défilé solennel et silencieux de l’eucharistie, instant rituel de communion avec dieu. Des préservatifs remplis de shampooing sont jetés à travers les bancs de fidèles, de la teinture rouge vient colorer l’eau sacrée d’un bénitier, des slogans sont gueulés et, au moment de quitter l’assemblée hostile à l’intervention, deux alarmes suspendues à des ballons d’hélium s’envolent vers les hauteurs de la basilique. Elles vont se nicher contre le plafond et feront résonner leur douce mélodie bien après cette apparition furtive.
Le texte qui suit est également dispersé dans les airs au dessus de la foule
Le « racisme libertaire » est une expression que nous aurions aimé n’avoir à jamais employer. Pourtant, il n’y a pas moyen de faire autrement, en ce qui concerne l’objet de cet article : une émission diffusée sur Radio Libertaire, le 27 avril 2009. Ce jour là, l’animateur de « La Philanthropie de l’Ouvrier Charpentier » invite deux membres du groupe Riposte Laïque à propos de la publication de leur dernier ouvrage « Les dessous du voile : 1989-2009, vingt ans d’offensive islamiste ». Nous ne nous étendrons pas ici, sur le groupe en lui-même, dont le discours et l’objectif sont dépourvus d’ambiguïté. Riposte Laïque assume parfaitement la hiérarchie entre le danger représenté par les différentes religions monothéistes, et donc, la dénonciation prioritaire de l’islam, au nom d’une « offensive » de celui-ci contre la République. Actuellement, Riposte Laïque s’est engagée dans un combat contre ce qui est appelé l’ « islamisation » du quartier Barbès, publiant notamment de nombreuses photos de personnes musulmanes parfaitement reconnaissables , et les désignant comme les membres d’une « police Paris-lamiste ».
Les arrestations de la fête de la musique n’ont en soi rien d’extraordinaire si l’on se rapporte au contexte de répression que connaît Poitiers depuis un an. Pas besoin de citer une nouvelle fois ici toutes les arrestations, contrôles d’identité, procès, incarcérations, fichages, qu’ont connu depuis un an bon nombre de personnes sur cette ville. Ce qui s’est passé depuis lundi aurait pu arriver bien avant tellement la flicaille pictave "veut la peau" de ceux qu’ils caractérisent comme "anarchistes". Pour autant, même si nous connaissons ces pratiques de l’ennemi, flics et justice main dans la main, on ne peut pas se contenter de dire "c’est normal". Tout simplement parce que le premier sentiment qui nous anime après l’incarcération de 5 de nos camarades est la rage !
Ça fait maintenant quelques années que la vague du développement durable déferle dans les plus grosses entreprises jusque dans le plus petit local poubelle. Plusieurs années déjà qu’on nous sert la même soupe que toujours, celle du progrès et de la consommation, mais cette fois à la sauce verte, comme si elle était plus digeste comme ça. On nous la sert bien froide, comme un remède de grand-mère … Tout ça, c’est pour notre bien ! il faut enrayer la destruction de la planète ! S’adapter aux problèmes environnementaux de notre époque ! Allons, allons, il faut participer à cet effort !
Mais on n’est pas dupe, et on n’avale rien.
Malgré l’overdose de pilules vertes, il serait sûrement stupide, par réaction épidermique, de vouloir se foutre éperdument de la question écologique. La destruction de l’écosystème, des cours d’eau, et de ce qu’il reste de forêt, l’utilisation outrageuse et polluante des ressources naturelles, la généralisation des produits chimiques et des ondes de toutes sortes dans notre environnement, nous promet une détérioration progressive de ce qui nous entoure, et de notre intégrité physique.
Par Georges Darien (1896)
23 juinVoilà trois semaines, déjà, que je fréquente les « milieux socialistes » — 30 centimes le bock — et je commence à me demander si l’abbé n’avait pas raison. Je n’avais point attaché grande importance à son avis, cependant ; j’avais laissé de côté toutes les idées préconçues ; j’avais écarté tous les préjugés qui dorment au fond du bourgeois le plus dévoyé, et j’étais prêt à recevoir la bonne nouvelle. Hélas ! cette bonne nouvelle n’est pas bonne, et elle n’est pas nouvelle non plus.
Sur un air de guerre civile
22 juinIl y a peu, le 20 juin à Belleville, une manifestation organisée par des associations chinoises et soutenue par la mairie du XXe arrondissement (PS), appelaient les forces publiques à renforcer les mesures de sécurité et de contrôle dans le quartier (plus de flics, plus de caméras...) sur fond de tensions inter-communautaires (fusillade, agressions...). Ce qui est mis en avant, c’est que la communauté chinoise serait particulièrement visée, selon les manifestants, par la délinquance, en insistant sur le fait que celle-ci viendrait surtout des noirs et des arabes. Ainsi, prétextant un vol de sac par « un délinquant », des affrontements éclatent, à dix contre un, contre des enfants du quartier désignés comme des « voleurs », qui se font alors lyncher à terre sous la bienveillance de la police qui a déserté la place en ayant tout à fait bien compris la situation.
Aujourd’hui le 21 juin, Juan (déjà mis en examen dans une affaire antiterroriste pour laquelle il a déjà fait 11 mois de prison, (cf ici) était convoqué au palais de Justice de Paris pour une audition avec le juge antiterroriste Edmond Brunaud.
En revenant d’une balade très peu champêtre, nous nous rendons dans le quartier de Belleville à Paris. Quelques heures plus tôt, une manifestation y avait démarré pour dénoncer, selon les mots des organisateurs : « Les violences chroniques dont est victime la communauté chinoise ». En cause : des vols de sacs, agressions, dépouilles. Une manif aux relents bien réactionnaires, comme en témoignent les slogans criés et inscrits sur les banderoles et pancartes :"Sécurité pour tous", "Vive la citoyenneté", "Stop la délinquance", drapeaux français, chinois et européens, hymne national. On ne comprend pas bien de quelle violence il s’agit (ayant plutôt l’habitude de phénomènes de violence intra-communautaire dont nous parlerons plus tard), mais nous comprendrons plus tard ce qui se cachait derrière cette manifestation.
Centre fermé pour illégaux, Steenokkerzeel, à 15 kilomètres de Bruxelles. Le 27 mai, vers 21h, quatre sans-papiers incendient simultanément leurs cellules. Toute une aile est temporairement fermée et une quarantaine de prisonniers sont évacués. La police descend massivement sur les lieux pour empêcher, la matraque à la main, une éventuelle extension de la révolte ou une évasion.