Dernier ajout : 17 mars.
Art (l) ? Un substitut au sexe de moins en moins satisfaisant.
Avocats (les) ? Des bouches insatiables à nourrir
Banque du sang (la) ? En existe-t-il une autre sorte ?
Civilisation (la) ? Cancer de la peau de la biosphère.
Couples (les) ? La monogamie, c’est la monotonie.
Crucifixion (la) ? Trop peu et trop tard.
Cynisme (le) ? Dépassé depuis longtemps par les évènements
Droit (le) ? Tordu.
Élections (les) ? La débilocratie en action.
Famille (la) ? Non au nucléaire !
Gauche (la) ? La (...)
Dans son oeuvre la plus connue parue il y à trente ans, un situationniste belge – dont la subjectivité radicale déjà périmée est aujourd’hui en état de décomposition avancée – notait que « s’il était humain, le pouvoir ne s’auto-congratulerait jamais assez des rencontres qu’il a su empêcher ».
Une de ces rencontres évitées, selon la propre thèse de l’auteur, a été celle de l’anarchiste français Albert Libertad avec l’artiste italien Giorgio de Chirico. Tous deux entendaient dénoncer l’oeuvre d’anéantissement (...)
Au début du mois de décembre, quelques jours avant le premier anniversaire de l’assassinat d’Alexis Grigoropoulos et de la révolte qui a marqué une rupture en Grèce — et dans toute l’Europe —, une publicité déguisée en « information » a fait son apparition dans les grands titres de presse écrite et les médias grecs. Une des plus importantes maisons d’édition, si ce n’est la plus importante, les Éditions Kastaniotis, publiait un livre : Inquiétudes. Affiches, slogans, lettres anonymes, tracts, manifestes, pamphlets, graffitis, photos de la révolte… Le tout concentré dans un beau livre qui devait se vendre bien et à bon prix.
On parle beaucoup de suicide en ce moment, c’est que les temps sont
durs... La restructuration du capitalisme, les licenciements de masse,
délocalisations, hausse des prix des produits de consommation courante,
services sociaux de plus en plus excluant etc.. On pourrait croire que le
capitalisme chute, mais il ne fait que s’assumer encore un peu plus à
travers la vague des suicides d’employés de France Telecom, Peugeot,
Renault, l’augmentation des maladies du travail, de la consommation
d’anti-depresseurs et de psychotropes pour faire passer la pilule de
l’exploitation. On entend même ici et là que des ouvriers se révoltent aux
quatre coins du monde, que souvent, ils sont trop isolés pour mener à bien
leur lutte, qu’ils sont parfois écrasés dans le sang. Si beaucoup sont têtus
et ne lâchent pas l’affaire, beaucoup d’autres se résignent, et parfois,
suicidaires, font le choix ultime.
On peut dire que le XXème siècle fut un siècle furieusement futuriste. Celui-ci a non seulement réalisé- avec les deux carnages mondiaux, les camps de concentration et d’extermination, Hiroshima et Nagasaki- l’invocation à la guerre, et l’hygiène « marinettienne » du monde, contenue dans le premier Manifeste du Futurisme. Mais il a aussi prié à genou devant l’autel du Progrès et de sa formidable rapidité. Ce que le Progrès a provoqué, l’esprit de nos contemporains et l’atmosphère qui nous entoure nous le disent aujourd’hui avec « générosité ».
L’évasion a son prix et l’artiste a ses revenus. Et il est toujours plus facile de s’évader de cette guerre sociale sans trêve, que d’y contribuer activement. Instrumentalisé par l’argent au profit de la paix sociale, l’artiste peut alors aller vendre son plébiscite pour un candidat aux élections, pour une marque qui lui sied si bien, pour le culte du progrès ou la guerre humanitaire. A chaque cause perdue du progrès, de l’Etat ou du capital, son artiste attitré, son « parrain de la cause ». L’art, lorsqu’il n’est pas uniquement le loisirs du dimanche des classes bourgeoises, est le meilleur consolateur de la misère humaine, le renfort de la paix sociale. Alfred de Musset disait qu’« un peuple malheureux faisait les grands artistes » ; dans la société, le malheur se traite à coup de Prozac.
Que la culture soit livrée à l’économie de marché
n’est pas une franche découverte. Mais qu’institutionnels,
organisations internationales, patrons,
médias, architectes, urbanistes, cinéastes et
artisteux de tout acabit beuglent ouvertement et
de concert que la culture est et doit être toujours
plus un facteur de croissance économique, reste
pour le moins surprenant. Quoi que….