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Vieilleries

Dernier ajout : 14 juillet.


  • 14 Juillet sanglant

    14 juillet

    Cependant les seigneurs de ce temps s’occupent avec sérénité à mettre tout au point pour représenter le pays en liesse. S’il est un jour de l’année, où ils tremblent moins à l’idée des réfractaires qui les guettent, c’est le jour de la fête nationale. Les soldats sont en permission, les sergents de la ville ne rôdent pas sur les trottoirs. La bourgeoisie qui veut faire ses grâces, un instant, ne tient plus ferme en sa main, le bouclier de fer qui la protège.

    On pourrait facilement viser…

  • L’Expropriateur

    5 juillet
    L’Expropriateur est la figure la plus belle et sans complexes que j’ai eu à rencontrer dans l’anarchisme. Il est celui qui n’attend rien. Il est celui qui n’a aucun autel sur lequel se sacrifier. Il glorifie la vie seule par la philosophie de l’’Action. Je l’ai connu un après-midi d’août éloigné alors que le soleil brodait dans l’or la nature verdoyante, parfumée et festive qui chantait une chanson joyeuse à la beauté païenne. Il m’a dit : j’ai toujours été un agité, un vagabond, un esprit indocile. (...)
  • Tout ça finira dans le purin bourgeois

    2 juillet
    Alors c’est cela, le spectre rouge ; c’est cela, le monstre qui doit dévorer la Société capitaliste ! Ce socialisme, qui change le travailleur, étroitement mais profondément conscient de son rôle et de ses intérêts, en un idéaliste politique follement glorieux de sa science de pacotille ; qui lui inculque la vanité et la patience ; qui l’aveugle des splendeurs futures du Quart-État, existant par lui-même et transportable d’un seul coup, au pouvoir. Cette anarchie, qui codifie des truismes agonisant dans (...)
  • MONEY HONEY !

    28 juin

    Après avoir restreint en avril 84 les dérisoires allocations-chômage le gouvernement, en collaboration avec les salopes syndicales, lance une nouvelle offensive contre la jeunesse.

  • Cheveux, barbes et postiches

    23 juin

    Voilà trois semaines, déjà, que je fréquente les « milieux socialistes » — 30 centimes le bock — et je commence à me demander si l’abbé n’avait pas raison. Je n’avais point attaché grande importance à son avis, cependant ; j’avais laissé de côté toutes les idées préconçues ; j’avais écarté tous les préjugés qui dorment au fond du bourgeois le plus dévoyé, et j’étais prêt à recevoir la bonne nouvelle. Hélas ! cette bonne nouvelle n’est pas bonne, et elle n’est pas nouvelle non plus.

  • Un temps d’arrêt

    19 juin

    Que les idées socialistes se répandent à flots dans la société actuelle nulle possibilité d’en douter. Le socialisme a déjà mis son cachet sur l’ensemble de la pensée de notre époque. La littérature, l’art et même la science s’en ressentent. La classe bourgeoise commence à s’en imprégner, aussi bien que la classe ouvrière. L’insécurité des fortunes basées sur l’exploitation ; les hasards de l’enrichissement et de la ruine ; l’accroissement, extrêmement rapide, de la classe qui vit aux dépens du travail manuel des masses, et le nombre, toujours croissant, des aspirants aux positions lucratives dans les professions libérales ; l’idée, enfin, dominante de l’époque, — tout pousse le jeune bourgeois vers le socialisme.

  • Scandale à la Courneuve

    12 juin

    Au début de juillet 83, un gamin de 10 ans est assassiné à La Courneuve par un habitant, alors qu’il s’amusait avec des pétards. Cela s’est passé à la cité des 4 000. Contrairement à ce qui s’était passé à Chatenay-Malabry ou à Nanterre, la réaction des habitants et surtout des jeunes fut très vive. Le lendemain soir, alors qu’une manifestation est appelée à se tenir en bas de la cage d’escalier d’où est parti le coup de feu – les gens réclamant qu’on châtie le coupable – des jeunes vont directement au commissariat distant de quelques centaines de mètres et insultent les flics présents. Quelques coups, des pierres contre une voiture de RG puis repli des assaillants parmi lesquels certains n’étaient venus là que dans l’espoir de calmer les esprits. D’autres affrontements avaient déjà eu lieu aussitôt après l’arrestation du tireur débile, blessant quelques flics.

  • Du fric ou on vous tue

    7 juin

    Dans la nuit du 21 mars 84, Jean M., un chômeur de 49 ans, a saccagé les bureaux des Assedic de Rennes, qui refusaient de lui donner l’argent qu’il en attendait. Terminaux d’ordinateurs, téléphones, machines à écrire et à calculer, sanitaires broyés par dizaines à la masse. Tous les dossiers qui traînaient là ont été bousillés à coups d’extincteur.
    De la belle ouvrage !

  • Note éditoriale du premier numéro d’Os Cangaceiros (Janvier 1985)

    5 juin

    Deux mensonges se sont succédés dans la bouche de l’ennemi : il y a quinze ans, celui d’après lequel nous aurions alors vécu dans une société de consommation, et à présent celui de la crise. Leur succession est parfaitement logique. La crise vient par opposition à un miracle économique.

  • A Paterson

    30 mai

    De la rive droite de l’Hudson, après avoir traversé Jersey-City, un chemin de fer électrique s’élance sur l’étroite route consolidée à travers l’étendue floue des marécages, dans la direction de Paterson – Paterson que les journaux du globe ont souventes fois signalé comme la « Capitale d’Anarchie » où des évadés du vieux monde s’en vont affûter des couteaux et mâchonner des balles de plomb contre la quiétude des rois.

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