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Vieilleries

Dernier ajout : 22 septembre.


  • On mariait là dedans…

    11 septembre

    Un grand rassemblement se tenait devant l’église. On mariait là dedans. Un prêtre autorisait en latin, avec une gravité pontificale, l’acte animal, solennel et comique qui agite si fort les hommes, les fait tant rire, tant souffrir, tant pleurer. Les familles, selon l’usage, avaient invité tous leurs parents et tous leurs amis à ce service funèbre de l’innocence d’une jeune fille, à ce spectacle inconvenant et pieux des conseils ecclésiastiques précédant ceux de la mère et de la bénédiction publique, donnée à ce qu’on voile d’ordinaire avec tant de pudeur et de souci.

  • J’ai froid à l’âme…

    5 septembre

    Maintenant que je suis seul, rêvant tout éveillé à côté de mes camarades endormis, je me demande si une grande partie du désespoir qui s’est emparé de moi, depuis ma sortie de prison, n’est point faite de la privation de ces plaisirs physiques que réclamait tout à l’heure, à grands cris, devant l’étalage de formes en papier et en fil de fer, la surexcitation des spectateurs. Je me demande si l’énorme ennui qui m’accable est bien produit par l’absence de distractions intellectuelles, s’il n’est pas plutôt l’effet du manque de sensations naturelles—dont les flagellations des chaouchs m’ont empêché de souffrir jusqu’ici.

  • Le petit mendiant

    2 septembre

    Veux-tu bien t’en aller, petit misérable, criait dans le jardin la Renaude, qui s’était armée d’un balai, attends, attends ! Je vais t’apprendre à rôder autour des maisons. Et elle menaçait de son terrible balai un petit mendiant qui, appuyé contre les planches du clos, la regardait, en lui faisant la grimace.

  • Portrait de Général

    30 août

    Je suis sorti de prison hier soir, avec cinq ou six autres. Le capitaine a gracié les hommes auxquels il ne restait pas plus de quinze jours à faire. Cette clémence inusitée a une cause. Le général commandant la division doit venir, aujourd’hui, inspecter la 5e Compagnie de Discipline.

  • La Révolte au camp

    28 août

    —Par ici ! caporal ! Par ici ! Ne laissez pas vos hommes entrer dans le camp, s’écrie le capitaine Mafeugnat aussitôt qu’il nous aperçoit.
    Et il sort, en faisant de grands gestes, d’une des deux maisonnettes bâties sur la petite esplanade qui précède les retranchements élevés autour de l’emplacement des marabouts.
    Les gradés, un sergent et un caporal, sortent aussi de leur cahute et font quelques pas au devant de nous.
    -- Mais, qu’est-ce qu’il a à nous appeler ? me demande Queslier. Est-ce qu’il se (…)

  • Persécution Politique dans l’Espagne Républicaine

    21 août

    Lors de mon premier séjour en Espagne en septembre 1936, rien ne m’a autant surpris que la liberté politique visible partout. Certes, elle ne s’étendait pas aux fascistes, mais, à part ces ennemis déclarés de la révolution et de l’émancipation des travailleurs, tout le monde au sein du front anti-fasciste jouissait d’une liberté politique qui n’avait jamais existé dans aucune soi-disant démocratie européenne. Le parti qui en a fait le meilleur usage était le PSUC, [Parti socialiste unifié de Catalogne], le (…)

  • Les belles règles qu’on appelle l’art militaire

    18 août

    Que si l’on vous disait que tous les chats d’un grand pays se sont assemblés par milliers dans une plaine, et qu’après avoir miaulé tout leur soûl, ils se sont jetés avec fureur les uns sur les autres, et ont joué ensemble de la dent et de la griffe ; que de cette mêlée il est demeuré de part et d’autre neuf à dix mille chats sur la place, qui ont infecté l’air à dix lieues de là par leur puanteur, ne diriez-vous pas : « Voilà le plus abominable sabbat dont on ait jamais ouï parler » ? Et si les loups en faisaient de même : « Quels hurlements ! quelle boucherie ! » Et si les uns ou les autres vous disaient qu’ils aiment la gloire, concluriez-vous de ce discours qu’ils la mettent à se trouver à ce beau rendez-vous, à détruire ainsi et à anéantir leur propre espèce ? ou après l’avoir conclu, ne ririez-vous pas de tout votre cœur de l’ingénuité de ces pauvres bêtes ?

  • Au diable la famille !

    12 août

    —Froissard, une lettre pour vous. Le vaguemestre me tend une enveloppe que je dois ouvrir devant lui. Tiens, une lettre de mon cousin, du cousin qui m’envoyait de l’argent à El-Ksob, au temps des orgies sardanapalesques avec les Gitons callipyges. Mais, à propos, comment a-t-il pu savoir mon adresse, le cousin ? Qui diable a pu lui apprendre… Voyons la lettre.
    « Mon cher cousin, ton secret est enfin dévoilé. Je sais tout. N’ayant pas reçu de tes nouvelles depuis quelque temps, j’ai été demander des (…)

  • Les Grenouilles de bénitier et les crapauds de sacristie

    9 août

    Friandes d’eau bénite, auprès des bénitiers,
    On entend coasser d’insipides grenouilles
    Qui débauchaient jadis, en guignant leurs dépouilles
    De jeunes batraciens sous les ombreux sentiers.

  • Matériaux pour un « contre-manifeste individualiste-révolutionnaire »

    7 août

    Par les mille propagandes du socialisme, qu’il soit « critique », « utopique » ou « scientifique », chaque homme est invité à se poser la question suivante : « Que voudrais-tu que soient les circonstances extérieures de ton développement ? ». Et la réponse prend l’aspect du refus, du souhait ou de l’affirmation, mais toujours platonique et gratuit : « Je voudrais que les circonstances soient telles » — ou bien « Je prétends qu’elles seront nécessairement telles ». « Je les veux autres qu’elles ne sont (…)

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