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A Belleville comme ailleurs

Sur un air de guerre civile

mardi 22 juin 2010

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A Belleville comme ailleurs
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Il y a peu, le 20 juin à Belleville, une manifestation organisée par des associations chinoises et soutenue par la mairie du XXe arrondissement (PS), appelaient les forces publiques à renforcer les mesures de sécurité et de contrôle dans le quartier (plus de flics, plus de caméras…) sur fond de tensions inter-communautaires (fusillade, agressions…). Ce qui est mis en avant, c’est que la communauté chinoise serait particulièrement visée, selon les manifestants, par la délinquance, en insistant sur le fait que celle-ci viendrait surtout des noirs et des arabes. Ainsi, prétextant un vol de sac par « un délinquant », des affrontements éclatent, à dix contre un, contre des enfants du quartier désignés comme des « voleurs », qui se font alors lyncher à terre sous la bienveillance de la police qui a déserté la place en ayant tout à fait bien compris la situation.

Dans ce quartier qu’on nous a toujours vendu comme un berceau du cosmopolitisme et de l’ouverture multi-culturelle (« le melting-pot bellevillois »), ce qui a éclaté ce jour-là ce sont les images réelles de la fermeture communautaire et de l’absence totale de métissage. Il suffit de se balader dans le quartier pour constater que juifs, français, arabes, bobos branchés, chinois et noirs ne se mélangent pas. Ce sont des décennies d’hypocrisie anti-raciste et humaniste qui explosent d’un coup, laissant éclater au grand jour toute la haine larvée, le racisme et le mépris des uns envers les autres que la gauche bien-pensante a toujours voulu cacher de force à coup de propagande citoyenniste et sécuritaire.

Mais lorsque nous entendons parler de communautés, ethnies, nations religions, patrie, de citoyens et de délinquants, d’honnêtes gens et de voleurs, d’immigrés réguliers et de sans-papiers, nous ne voyons que la volonté de diviser et séparer les individus entre identités imaginaires afin d’universaliser la mainmise de l’État et le règne du capitalisme plutôt que de la liberté. Il nous parait clair, à nous qui voulons supprimer l’État, les frontières, les prisons, l’exploitation, les dominations sexistes et racistes ainsi que le monde qui les produit, qu’il faudra bien s’unir, du moins trouver des terrains d’entente entre des individus librement associés pour détruire cette société qui nous détruit.

Arabes, chinois, renois ? Rien à foutre.
Nique les patrons, la police, la justice, l’État, ses frontières physiques et mentales !
Refusons la guerre entre pauvres, et que la guerre sociale vienne à bout de ce sale monde.

Quelques anarchistes et sans patrie du quartier.

[Trouvé sous forme de tract et d’affiche sur les murs et dans les rues de Belleville]