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A propos de la mort de Samir

lundi 19 janvier 2009


Lettre de détenus de la maison d’arrêt de Villepinte à propos de la mort de Samir

Mardi 6 Janvier au matin, Samir, 22 ans, habitant le 18éme arrondissement de Paris et détenu depuis quelques mois à la maison d’arrêt de Villepinte (93) est retrouvé mort dans sa cellule au bâtiment A1. Selon l’Administration Pénitentiaire, c’est un suicide mais les causes exactes de la mort seraient inconnues, ou du moins aucune explication n’est donnée aux autres détenus. Sans doute parce que selon de nombreux témoins, cette mort n’a rien d’un suicide. En effet, ça faisait quelques temps que Samir était en conflit avec l’Administration Pénitentiaire car il voulait être transféré à la prison de la Santé pour se rapprocher de sa famille. Ces derniers jours la tension montait et le lundi 5 au soir, Samir casse des éléments de sa cellule du bâtiment A2, notamment sa fenêtre, ce qui entraîne son changement de cellule vers le bâtiment A1 et une intervention musclée des surveillants, à tel point que de nombreux autres détenus témoins demandent aux surveillants de se calmer, un détenu a même dit :"S’il y a un problème ensuite, faudra pas regarder ailleurs !". La suite on la connaît, le lendemain matin, Samir est retrouvé mort, soi-disant suicidé. Il n’avait jamais parlé avant de se suicider, et avait toujours dit qu’il se battait pour être transféré. Et, comme par hasard, au lieu de le mettre au mitard comme ça se passe normalement quand il y a un problème avec un détenu, ils l’ont mis en cellule "normal", comme pour moins attirer l’attention.

Nous savons malheureusement que ce ne serait pas la première fois où l’Administration Pénitentiaire voudrait camoufler un assassinat et le maquiller en suicide. Ce n’est pas non plus la première mort à la Maison d’arrêt de Villepinte, où tout s’est toujours passé dans le silence. Il est important de savoir ce qui s’est réellement passé mais dans tous les cas c’est la prison qui est responsable de la mort de Samir. Aujourd’hui la colère est grande contre cette prison qui broie et détruit en enfermant toujours plus de monde et toujours plus longtemps. Nous demandons que toute la vérité soit faite sur la mort de Samir, pour sa famille, pour ses proches et pour toutes les personnes qui n’acceptent pas qu’on meurt dans le secret derrière les barreaux des prisons françaises.

Janvier 2009, Des détenus de la Maison d’arrêt de Villepinte. Maison d’arrêt de Villepinte 40 avenue Vauban 93422 Villepinte Cedex.

Samir était un gars de Barbès, comme tant d’autres, de ceux que les flics se font une priorité de contrôler dans ce quartier. Quand les flics ne tuent pas directement dans la rue (comme à Grasse ou Athènes), l’Etat, lui, enferme pour tuer à petit feu. Comme beaucoup d’autres, Samir était un prisonnier révolté, en conflit avec l’Administration Pénitentiaire, ce n’est donc pas un hasard si on l’a retrouvé mort le 6 janvier, un jour après avoir ravagé sa cellule.

Lorsque l’on nous parle de « morts suspectes » ou de « suicides » en prison, nous savons tous qu’aucune mort en prison n’est « innocente ». Chaque mort en prison est un assassinat de l’Administration Pénitentiaire et de l’Etat.
Dans cette société qui a besoin d’enfermer (prisons, psychiatrie, centres de rétention, gardes- à-vue, internats, écoles, hôpitaux), dans cette société où certains font le choix de devenir mâtons, juges ou flics, notre choix est clair. Feu aux prisons, aux C.R.A., aux hôpitaux psychiatriques, feu aux écoles, feu à l’Etat.

Solidarité avec les prisonniers révoltés.
Une prison acceptable est une prison qui brûle.

Quoi d’étonnant si la prison ressemble aux usines, aux écoles, aux casernes, aux hôpitaux, qui tous ressemblent aux prisons ?

Des gens du quartier.


Manifestation Samedi 24 Janvier 2009, 15h à Barbes

En solidarité avec les révoltés incarcérés.
Pour que les feux de la révolte se propagent partout.

A propos de la manifestation

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