Non Fides - Base de données anarchistes

Accueil > Articles > Solidarité internationale > Chronologie détaillé des émeutes d’aout 2011 en Angleterre

Chronologie détaillé des émeutes d’aout 2011 en Angleterre

dimanche 6 novembre 2011

Ci-après, vous trouverez une liste de faits bruts mis côte à côte par nos soins. Chacun de ces faits, détaillés de façon chronologique, sont reliés entre eux, de prés ou de loin, par les émeutes anglaises d’août 2011 auxquelles se consacre cet ouvrage. Il ne s’agit pas de relever de façon exhaustive tous les faits, d’abord parce que nous n’en sommes pas capables, mais aussi parce que cela n’est pas forcement intéressant. En outre, il faut garder en tête en la lisant, que la source principale (mais pas la seule) de cette liste est la presse britannique.

 Début août

• Des petits groupes d’anarchistes masqués et habillés de noir ont causé de nombreux dégâts dans le centre de Londres pendant les manifestations contre les coupes budgétaires des mois précédents. En réponse, le Bureau du Contre-Terrorisme de la police appelle à dénoncer les anarchistes à la police sans délai. Un extrait de la note : « L’anarchisme est une philosophie politique qui considère l’État indésirable, inutile et nuisible et promeut au lieu de cela une société apatride, ou l’anarchie. Toutes les informations concernant les anarchistes doivent faire l’objet d’une dénonciation à votre poste de police local. » Une note de la police de Londres publiée à l’intention des milieux d’affaires et du grand public à Westminster. Mais elle a d’abord été publiée par le commissariat de Belgravia dans le cadre du projet Griffin qui vise « à conseiller et familiariser l’encadrement, les agents de sécurité et les employés du secteur public comme du secteur privé dans la capitale, à propos de la sécurité, de l’anti-terrorisme, de la prévention et de la lutte contre le crime ».

 Jeudi 4 août

• Un homme de 29 ans, Mark Duggan est assassiné dans le quartier pauvre de Tottenham, dans le nord de Londres, par la police qui voulait l’arrêter. Il décède sur les lieux mêmes de la fusillade. La police déclare que Duggan était armé (ce qui est vrai) et qu’il a tiré sur les policiers (ce qui est faux, un des flics blessé l’a été par des tirs d’autres policiers).

 Samedi 6 août

• Entre deux et trois-cent personnes manifestent en fin d’après-midi, depuis Broadwater Farm pour finir devant le commissariat de Tottenham pour demander « justice » après la mort de Mark Duggan.
• En début de soirée, devant le mépris des flics lors de la marche et le tabassage d’une adolescente, deux véhicules de police garés à proximité du commissariat sont attaqués, avant d’être incendiés.
• Un bus à deux étages et plusieurs véhicules sont brûlés, des magasins pillés, des distributeurs de billets fracassés, et de nombreux commerces dévastés par les flammes.
• Un véhicule de la BBC est pris pour cible.
• Un photographe du Mail on Sunday est tabassé, plusieurs équipes de journalistes doivent quitter les lieux pour fuir la violence.
• Les flics se font caillasser et viser par des cocktails Molotov, 26 sont blessés et huit hospitalisés ce soir-là.
• Soixante-et-une personnes sont arrêtées.

 Dimanche 7 août

• Vers 3 heures du matin, des centaines de personnes pillent quasiment tous les magasins du centre commercial Tottenham Hale, situé à moins d’un kilomètre de l’épicentre des émeutes débutées quelques heures plus tôt.
• Les pompiers interviennent à 49 reprises entre samedi soir et dimanche dans ce quartier alors qu’en milieu de matinée, la police fait encore face à des émeutiers dans la zone.
• La famille de Mark Duggan appelle au calme. « Nous ne tolérons pas ce genre d’actions », déclare le frère de la victime, Shaun Hall. « Je sais que les gens sont frustrés, ils sont en colère en ce moment, mais je vous demande, s’il vous plaît, d’arrêter. » Ce qui bien sur n’a eut aucune influence sur la suite des événements.
• En début de soirée, des incidents éclatent dans d’autres quartiers de Londres, dont Brixton (où trois policiers sont blessés) Waltham Forest, Walthamstow, Islington, Ponders End, Chingford Mount, Oxford Circus (dans le centre-ville) Dalston et Walthamstow, et à Enfield (nord) où des magasins sont vandalisés et pillés, et une voiture de police détruite.
• Neuf flics sont blessés, dont trois percutés par une voiture.
• À Brixton, dans le Sud, un grand magasin d’articles de sport a été détruit par le feu et des pilleurs ont dévalisé une autre boutique. Les vitres de restaurants McDonald’s et KFC ont été brisées et maculées de tags.

 Lundi 8 août

• En fin d’après-midi, les émeutes font tache d’huile dans la capitale, gagnant notamment Hackney, (à quelques kilomètres du stade des jeux Olympiques de 2012) où des barricades sont montées et une voiture de la police détruite, mais aussi les beaux quartiers de Notting Hill et Clapham, ainsi que Peckham (sud), Lewisham, Camden, Newham, Bethnal Green, East Dulwich, Croydon (où un camion-satellite de Sky News est attaqué, et plusieurs reporters locaux brutalisés), Woolwich et Ealing à la périphérie (où des véhicules de police sont détruits, et un supermarché réduit en cendres), et d’autres villes du pays, Bristol (sud-ouest), Leeds, Liverpool (nord-ouest), Reading et Birmingham (centre), où un poste de police est incendié.
• A Notting Hill, quartier riche, un restaurant de luxe doublement étoilé et ses clients sont attaqués. Une bourge témoigne : « la porte d’entrée en verre s’est brisée. Des gens avec des sweats, masques et armes ont surgi », le temps de dépouiller les clients de leurs bijoux, portefeuilles et téléphones portables. « Le personnel du Ledbury s’est alors précipité vers les pillards avec des rouleaux à pâtisserie, des poêles à frire et autres ustensiles de cuisine dangereux, réussissant à faire fuir les vandales. Puis ils nous ont offert des verres, dont on avait bien besoin, y compris du champagne et du whisky. Quand ils ont cru que les voleurs allaient revenir, ils nous ont fait entrer dans les toilettes en nous demandant de verrouiller les portes. Quelques minutes plus tard, ils nous ont conduits dans la cave à vins avant de nous y enfermer. »
• Un restaurant de Birmingham appartenant à Jamie Oliver, chef médiatique, a également été saccagé.
• De nombreux magasins et véhicules sont saccagés et incendiés, et plusieurs stations de métro doivent être fermées à Londres.
• La fabrique de disque Sony d’Enfield, un immense entrepôt du groupe Sony, est pillé puis ravagé par les flammes.
• Downing Street (siège du premier ministre) annonce que David Cameron écourte ses vacances en Italie et rentre dans la nuit de lundi à mardi à Londres dans un avion militaire.
• Le maire de Londres, Boris Johnson, annonce lui aussi qu’il va écourter ses vacances et revenir au plus tôt.
• 6 000 flics supplémentaires sont déployés dans la ville.
• RIM, le constructeur des téléphones BlackBerry, annonce qu’il « coopérerait pleinement avec le ministère de l’Intérieur et les forces de police britanniques » si quelque chose lui était demandé. Comme par exemple balancer aux flics les personnes se donnant rendez-vous dans la rue via SMS.
• Parallèlement, une campagne de délation commence, relayée par les flics, la presse et par des sites internet.
• 334 personnes ont été arrêtées depuis le début des émeutes.
• A Denver, dans le Colorado, aux États-Unis, une voiture de flic est défoncée. Action revendiquée en solidarité avec les émeutes anglaises.

 Mardi 9 août

• « C’était comme une zone de guerre. C’était l’anarchie la plus totale », dixit un habitant de Ealing (zone résidentielle et verdoyante de l’ouest de Londres) commentant les évènements de la veille. Un émeutier de Hackney confie : « C’est nous contre eux, les policiers, le système. Ils appellent tout ça du pillage et de la criminalité, mais ça n’a rien à voir. C’est juste la haine profonde du système ».
• Un bilan fait état de 113 millions d’euros de dégâts, que la police londonienne doit régler, en vertu d’une vieille loi sur le coût d’émeutes urbaines. Mais aussi 80 millions de livres de manque à gagner pour les commerçants, et 170 millions d’euros à rembourser par les assurances.
• Le matin, la police londonienne arrête trois personnes soupçonnées de « tentative de meurtre » contre des flics. Elles auraient tenté d’écraser un policier qui voulait arrêter leur voiture, dans la nuit de dimanche à lundi, les soupçonnant d’avoir participé au pillage d’un magasin à proximité.
• Réunion d’urgence du gouvernement au terme de laquelle David Cameron annonce une réunion du Parlement en session extraordinaire jeudi et l’augmentation des effectifs policiers à Londres de 6.000 à 16.000 dès mardi soir. Il promet qu’il fera « tout ce qui est nécessaire » pour ramener l’ordre dans une stratégie de tolérance zéro envers les émeutiers, après quatre nuits de pillages et incendies volontaires à travers l’Angleterre.
• Depuis le début des émeutes, plus de 450 personnes ont été arrêtées à Londres.
• Le match amical de football Angleterre - Pays-Bas prévu mercredi 10 août au stade de Wembley à Londres est annulé par la Fédération internationale.
• Un homme de 26 ans, blessé par balle dans une voiture lundi soir lors des émeutes à Croydon (Londres), succombe à ses blessures.
• A Salford (Grand Manchester), les émeutiers affrontent la police à coup de pierres, de nombreux commerces sont pillés et incendiés. Un cameraman de la BBC est agressé. 46 personnes sont arrêtées.
• A Nottingham, plusieurs postes de police, dont ceux de Canning Circus, Meadows, Oxclose Lane, Bulwell et St Ann’s sont pris pour cible. Une voiture de police garée devant le poste de Meadows est également incendiée.
• A West Bromwitch et Wolverhampton (centre), de nombreux véhicules sont incendiés et des magasins pillés, tandis que quelques barricades se forment.
• Dans le quartier de Toxteth, à Liverpool, deux camions de pompiers et un véhicule de police sont incendiés. Quelque 200 personnes affrontent la police et saccagent des magasins. La police arrête 37 émeutiers.
• À Gloucester, dans l’ouest, un bâtiment à l’abandon est mis à feu. Des véhicules sont aussi incendiés et des jeunes attaquent la police à coups de pierres et de bouteilles.
• D’autres émeutes ont lieu à Birmingham, Cambridge et Leicester (centre) ou encore à Milton Keynes, au nord de Londres.
• Tôt le matin, un fourgon anti-émeute est incendié devant le poste de police de Bishopston à Bristol. L’action est revendiquée par des anarchistes dans un communiqué. Extrait : « Pendant que nous avons fait cette action, nous pensions à tous ceux tués par les flics, arrêtés pendant les émeutes ».
• Toujours à Bristol, durant les émeutes, un véhicule d’Eon est incendié sur William Street ainsi qu’une BMW de luxe dans le quartier St Paul
en solidarité avec les arrêtés de cette nuit-là et d’après un communiqué publié par des anarchistes. Extrait du communiqué : « Faites attention, masquez-vous. Trouvez une opportunité, prenez la. »

 Mercredi 10 août

• A Birmingham, trois miliciens qui patrouillaient pour protéger des commerces (notamment une station-service) sont percutés volontairement par une voiture ; ils décèderont peu après. Trois suspects sont interrogés le vendredi suivant par la police dans le cadre de l’enquête ouverte pour homicide.
• Nouveaux affrontements entre police et émeutiers à Eltham (sud de Londres).
• Dans la journée, la police métropolitaine (MET) annonce avoir procédé à 768 arrestations à Londres et fait état de 111 blessés dans ses rangs.
• Cameron autorise la police à utiliser des balles en caoutchouc et les canons à eau pour disperser les émeutiers.
• A Enfield, Eltham et Southall, des groupes de citoyens et de commerçants se forment pour empêcher tout départ d’émeute. La police déclare que ces groupes « entravent ses opérations ».
• Dans la soirée, des incidents opposent les flics à 200 nervis d’extrême-droite à Eltham (dont plusieurs membres de l’English Defense League, parti xénophobe).
• A Madrid en Espagne, deux camions de l’entreprise GDF-SUEZ sont incendiés. Un communiqué revendique l’action, il se termine par : « Pour Mark Duggan, ni oubli, ni pardon ».

 Jeudi 11 août

• Les locaux du journal Bristol Evening Post sont pris pour cible. Toutes les vitrines de la devanture à portée sont brisées ainsi que quelques autres en hauteur, et la façade maculée de peinture. Le journal estime les dégâts à 20 000 livres. Le communiqué revendiquant l’action pointe le rôle éminent des journalistes dans la répression qui s’amorce. L’Evening Post n’a cessé de publier des photos et des appels à la délation des émeutiers, justifié à plusieurs reprises le meurtre de Mark Duggan et insulté violemment les émeutiers.
Un ADN masculin est collecté sur place par les flics, menant à une perquisition dans un squat de Bristol avec plus de dix camions de flics. L’homme recherché n’a pas été trouvé par les flics, mais cela n’était qu’un prétexte, puisque les flics y ont saisi des ordinateurs, portables, tracts etc. pour mener leurs investigations politiques. Le Bristol Evening Post, dont des journalistes étaient naturellement présents sur les lieux de la perquisition en même temps que les flics, a beaucoup participé à l’effort policier dans cette opération.
• La police ouvre une enquête pour meurtre après le décès d’un homme de 68 ans, découvert dans une rue de Londres après avoir affronté des émeutiers. Le sexagénaire a succombé à ses ardeurs citoyennes dans la soirée.
• Dans la soirée, des incidents éclatent à Banbury (Oxford) et Dunstable (Bedfordshire), où des commerces sont incendiés.
• Peu après minuit, une antenne de transmission de la BBC est mise à feu dans le quartier de Bedminster Down à Bristol. Un communiqué signé par des anarchistes revendique cette action, on peut y lire « force à tous ceux incarcérés et à tous ceux qui combattent les porcs dans les rues. Pour l’attaque permanente. »
• Cameron annonce débloquer 30 millions de livres pour aider les commerçants à réparer les dégâts. Il évoque la possibilité d’instaurer un couvre-feu, et un déploiement de l’armée si les émeutes se poursuivent.
• La présence d’au moins 16 000 flics dans les rues de Londres est confirmée jusqu’au weekend.
• On dénombre 922 personnes arrêtées rien qu’à Londres, dont 401 inculpées.
• Une cinquantaine de clichés de suspects, capturés par des caméras de surveillance, sont exposés à la vue de tous sur un écran géant monté sur une camionnette, et ce de 7 heures du matin à 19 heures jusqu’à samedi dans le centre-ville de Birmingham. « C’est la première fois que ce système de camionnette est utilisé pour exposer les photos des suspects recherchés par la police », souligne l’inspecteur Mark Rushton sur le site de la police locale, qui se prévaut d’utiliser « les dernières technologies » pour exhiber les suspects.
• Face à l’afflux inattendu de prévenus, les juges des tribunaux de la capitale et d’autres grandes villes anglaises siègent toute la nuit pour juger et incarcérer à la chaine les rebelles. Cameron défend : « On a vu dans nos rues des comportements totalement révoltants, et envoyer un message clair selon lequel cela était mal et ne sera pas toléré est exactement ce que le système judiciaire doit faire ».
• A Zurich, en Suisse, huit vitres d’une filiale de la banque cantonale suisse sont brisées. Des inscriptions laissées sur place : « Londres partout » et « Liberté ».

 Vendredi 12 août

• Des tribunaux à Londres, Birmingham et Manchester sont restés ouverts pour la deuxième nuit consécutive pour traiter des différents dossiers d’infractions présumées.
• Le premier ministre et le maire de Londres proposent d’expulser les locataires des logements sociaux en cas de participation directe ou indirecte aux émeutes.
• La police londonienne annonce avoir effectué 1051 arrestations et 591 mises en accusation dans la capitale britannique à la suite des émeutes et des pillages de ces derniers jours.
• Au total, plus de 1.500 personnes ont été interpellées en Grande-Bretagne dans le cadre des émeutes.

 Samedi 13 août

• Cameron évoque la possibilité d’installer William Bratton (ex-chef de la police dans les villes américaines de New-York, Boston et Los Angeles) en tant que conseiller spécial.
• Un communiqué anonyme est publié qui revendique l’attaque en début de soirée (19h30) de trois voitures banalisées de la police à coup de briques sur Trinity Road à Bristol, ainsi que l’attaque quelques jours plus tôt (dans la nuit du mardi 9 au mercredi 10 août) contre les vitres de deux banques sur White Ladies road à Bristol également. Extrait : « Ces deux actions sont en solidarité avec la dernière résistance en Angleterre. Entretenons les flammes jusqu’à ce que les villes soient réduites en cendres. »

 Dimanche 14 août

• Scotland Yard estime à 2 140 le nombre d’arrestations depuis le début de la révolte, pour à peu près 1 000 inculpations.
• Dans le quartier de Battersea à Londres, un groupe de personnes attaque une banque RBS avec des pierres, deux inscriptions sont laissées sur place : « Solidarité avec les rebelles » et « Feux à toutes les prisons ». Un communiqué précisera que l’attaque était en solidarité avec les émeutiers réprimés.
• A Berlin, en Allemagne, les vitres de la banque Sparkasse sur Heinrich-Heine Straße sont brisées, une inscription est laissée sur place : « UK brennt » (Angleterre brûle). Un communiqué revendique en solidarité contre la répression des émeutes.

 Mardi 16 août

• A Portland dans l’Oregon, aux États-Unis, le commissariat de police de SE 47th & Hawthorne Street a ses vitres brisées. L’action est revendiquée plus tard en solidarité avec les émeutiers britanniques et signée « quelques anarchistes ».

 Jeudi 18 août

• A Fresno en Californie (USA), des molotovs sont lancés dans le parking sous-terrain d’un commissariat où sont garés des voitures de flics ainsi que les véhicules personnels de ceux-ci. Deux voitures brulent, un communiqué rendu public affiche sa solidarité avec les émeutiers de Londres.

 Samedi 20 août

• RIM, fabriquant des téléphones BlackBerry, se plaint d’attaques cybernétiques sur son site et ses bases de données. Un groupe de hacker, « TeaMp0isoN » revendique le piratage et menace BlackBerry de diffuser publiquement des informations sensibles volées par les hackers si l’entreprise continue de divulguer des informations à la police sur les émeutiers. Ils menacent notamment de divulguer aux émeutiers les noms, adresses et numéros de téléphone d’employés de la boite, ce qu’avait déjà fait « TeaMp0isoN » auparavant avec des fascistes britanniques.
• La police des West Midlands révèle des photos montrant des gens tirant sur la police, à Birmingham et Wolverhampton.
• A Newton (Birmingham), un hélicoptère de la police est visé par des tirs d’armes à feu.

 Dimanche 21 août

• Une trentaine de personnes partent en manif anti-flics depuis le commissariat de Brixton jusqu’à la prison située sur Jebb Avenue, où ils échangent des cris avec les détenus, parmi lesquels : « Liberté maintenant ! », « La passion pour la liberté est plus forte que toutes les prison », « Flics, porcs, assassins », « Ni justice, ni paix, nique la police ». Voir le compte-rendu de cette manif dans cette brochure.

 Mercredi 24 août

• Le weekend suivant, plus de 10 000 flics sont déployés dans la capitale pour sécuriser le prochain carnaval de Notting Hill.

 Jeudi 25 août

• Twitter accepte de rencontrer la ministre de l’intérieur, Teresa May, à propos des émeutes. S’ensuivront Facebook et RIM (BlackBerry).

 Lundi 12 septembre

• A Athènes, en Grèce, deux engins incendiaires composés de bombonnes de gaz explosent devant les entrées d’un magasin Marks & Spencer dans le quartier de Psihiko et d’un magasin Benetton rue Stratigi.

 Lundi 19 septembre

• A Bristol, un supermarché Tesco et une banque Lloyds sont attaqués, leurs vitres et distributeurs de billets brisés. L’action est revendiquée quelques jours plus tard, en solidarité avec les personnes arrêtées pendant les émeutes.

 Samedi 24 septembre

• A Bristol, plusieurs véhicules de la Serious Crime Squad (brigade criminelle de choc) sont recouverts de peinture, l’action sera revendiquée en réponse aux déclarations de son Detective chief inspector William White contre les émeutiers et ses promesses de les trainer de gré ou de force en taule.
• A Norwich, un 4x4 est mis à feu sur le parking du commissariat de police d’Hoveton. Incendie volontaire selon les flics.

 Dimanche 25 septembre

• Nouvelle série de raids à Londres, quarante suspect sont interpellés suite aux investigations de Scotland Yard sur des chats virtuels et « réseaux sociaux ».
• La ville de Londres est mise en alerte et plus de 10 000 flics sont mobilisés en prévision d’éventuelles nouvelles émeutes avant le carnaval de Notting Hill après l’attaque incendiaire par des hommes masqués d’une camionnette de la police (avec des flics dedans) à Edmonton dans le Nord de la capitale. Les flics n’ont pas été blessés. L’enquête révélerait selon la presse qu’il s’agirait d’une attaque au cocktail molotov, que des traces d’« accélérant » ont été trouvés sur place par les enquêteurs et que les molotovs auraient atterri juste à coté de la camionnette en pleine patrouille de routine.
• Une filiale de la banque Lloyds TSB de Fishponds à Bristol est attaquée, toutes ses vitres brisées. Action revendiquée en solidarité avec les émeutiers et les pillards qui font face à la justice, et avec ceux ayant échappés à ses griffes.

Extrait de Now war is declared, journal à numéro unique, 48p, format A4, à commander chez Ravage Editions.