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Bruxelles : Compte rendu et note critique sur la manif du 21 mars

jeudi 24 mars 2016

Rappelons qu’il y a à Bruxelles plus de 15.000 logements vides pour 5.000 SDF . En Wallonie, la situation n’est guère meilleure, il y aurait plus de 30.000 logements vides pour 8.000 SDF. Pourtant, chaque année, des gens meurent de froid dans la rue. Des milliers d’autres gens vivent dans des taudis minuscules aux loyers élevés. Nombre de locataires consacrent la plus grande partie de leurs revenus à leur loyer, d’autres n’ont tout simplement plus la possibilité de le payer et se retrouvent face à des menaces d’expulsion ne pouvant faire qu’empirer leur situation.


On était une centaine ce lundi 21 mars à s’être rassemblé-e-s Porte de Namur (Bruxelles) pour manifester contre les expulsions et contre la gentrification. Pas mal de trucs avaient été organisés ; banderoles et pancartes, des tracts avec des chants sans oublier la samba qui mettait l’ambiance entre les slogans gueulés. La manif est partie motivée au rythme de la samba, de chants et de slogans : « Brique par brique, murs par murs, démurons toutes les maisons ! - Solidarité avec les expulsé-e-s avec ou sans papiers… ». L’ambiance était plutôt détendue et festive probablement due à l’absence de flics. Arrivé-e-s devant la cabinet de la ministre du logement, rue Capitaine Crespel, nous avons pu lui gueuler notre rage, une belle porsche blanche garée devant s’est vue redécorée de peinture. De nombreux tags ont fleuri dans la joie et la bonne humeur. La manif a ensuite continué sa route en direction de la place Flagey où il y a eu des prises de paroles avant la dispersion.

Même si il n’y a pas eu d’arrestation (en tous les cas pas à notre connaissance ), nous pensons qu’il est important d’aborder les quelques points fâcheux que nous avons pu remarquer dans la manifestation, non pas pour les condamner sans but, mais plutôt pour en discuter collectivement et essayer à l’avenir d’y faire plus attention.

Notamment :
- Devant le cabinet rue Capitaine C, deux flics en civil se sont incrustés dans la manif, menaçant directement l’assemblée des manifestant-e-s d’arrêter de foutre le bordel sous peine d’arrêter tout le monde. Nous pensons qu’il aurait fallu les dégager, tout simplement en les encerclant collectivement en leur disant qu’ils n’étaient pas les bienvenus parmi nous.
- La présence d’appareils photos et de caméras a dérangé plus d’une personne dans le cortège, nous pourrions peut être à l’avenir penser à une façon de relier des images qui ne risquent pas de mettre en péril l’identité de certain.e.s participant.es.
- Alors que plusieurs poubelles, parcmètres ont été incendiés, des gen(s)-tes présent(e)s dans le cortège ont cru bon de s’improviser flic/pompier et de les éteindre. Si ces gen(s)-tes nous lisent, sachez qu’on a pas besoin de pacificateur-ice-s.
- Pour conclure, nous avons pu constater à plusieurs reprises l’inattention collective. C-à-d : nous pensons qu’en manif, il est important de faire attention les uns aux autres contre la répression, veiller les un.e.s sur les autres comme par exemple lorsqu’un.e ami.e est occupé.e, l’attendre pour être sur qu’il ou elle ne soit pas isolée et donc, vulnérable.

Que la Justice soit à la botte des riches et des puissant-e-s, que la justice institue la loi de la jungle, que l’état nous jette à la rue en pleine période de grand froid, que le gouvernement nous envoie ses chiens de garde pour nous tabasser démocratiquement, rien de cela ne nous étonne.

Marre de chialer auprès de ceux/celles qui nous pourrissent la vie, marre de demander des miettes à ceux/celles qui nous enferment, nous expulsent et nous en mettent plein la gueule.

Nous n’aurons que ce que nous prendrons.

[Repris d’Indy Bxl.]