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Chers révolutionnaires, entre le sacré et le profane, il faut choisir

samedi 16 janvier 2016

J’ai lu une histoire sur un certain Wang Rong, qui habitait la Chine morcelée du troisième siècle. Étant un ministre et un grand propriétaire, Rong fréquentait les milieux chics des nihilistes plus ou moins inconséquents du Nord, notamment les Sept Sages de la forêt de bambous, qui se réunissaient pour éviter la réalité mondaine de l’époque. Une fois, un autre sage de la forêt, plus âgé, un peu plus conséquent, qui s’appelait Yuan Ji, l’engueula en criant : « Ce manant vient-il de nouveau gâter les idées de l’homme ? » Wang Rong, pas du tout déconcerté, lui répondit : « C’est si facile que cela de gâter vos idées, Monsieur ? »


Depuis les attentats djihadistes du 13 novembre à Paris et à Saint-Denis, dans les milieux dits anti-autoritaires, toute critique de la religion incluant explicitement l’islam, est perçue comme gâtant les idées prétendument libertaires. En fait le sujet est devenu si chaud que toute mention du motif religieux des attaques est devenue sacrilège, sous peine de se faire étiqueter comme « raciste » et « islamophobe » - le dernier mot n’étant guère précis, donc parfait pour toute utilisation idéologique. Au nom de la lutte contre l’islamophobie, un site prétendument open publishing a banni les articles venant de sources ou de personnes différentes [1] qui se sont exprimés, entre autre, sur l’aspect religieux de Daesh et des autres islamistes. Un site qui, d’ailleurs, ne trouve pas que le mot « philosémitisme » gâte trop les idées de l’homme, mais la critique de l’islam dans le cadre général de l’anti-théisme, oui.

Soyons clairs, il ne s’agit point de se justifier face aux méthodes d’Indymedia Nantes. Je suis convaincu qu’il est mieux d’affirmer nos différences irréconciliables malgré la revendication à la fois commune et de plus en plus confuse des idées libertaires. Permettez-moi donc de « me situer », comme on dit aujourd’hui : non, l’islamophobie n’est pas une forme de racisme, parce que l’islam n’est pas une « race », et sa défense au nom de l’anti-racisme vaut l’amalgame si cher à l’extrême droite qui met dans le même panier les maghrébins, les arabes et les musulmans ; non, l’islam n’a pas la particularité d’être pratiqué par « des pauvres », parce que chaque religion, même lorsqu’elle se trouve stigmatisée, joue son rôle historique : pacification sociale et divisions entre les pauvres ; non, il n’y a pas de rapport de cause à effet direct entre la politique « impérialiste » des pays occidentaux et l’islamisme, pas plus qu’entre la misère produite par le capital et le nationalisme.

D’ailleurs, à quoi bon rappeler que la majorité des musulmans ne sont pas arabes ? À quoi bon rappeler que chaque religion, à un moment ou un autre de l’histoire, a remplit sa fonction fondamentale de pacificatrice sociale ? À quoi bon rappeler les exemples d’individus athées, irréligieux, même rebelles et opposés au Dieu qui leur était imposé, qui sont nombreux dans les pays et les « communautés » dits musulmans ? Un goût de réalité, ça pourrait faire du bien, mais ce n’est pas à moi de le fournir à ceux et celles qui préfèrent garder les yeux fermés.

Il ne s’agit pas de convaincre quiconque met en avant l’appartenance largement prétendue à une « race » ou une culture par rapport à l’individualité. Oui, je dis bien nous, parce que je me reconnais avec celles et ceux pour qui la domination ne se définit pas en fonction d’une quelconque origine, mais par le fait de dominer, de détenir le pouvoir pour déterminer notre sort. Il y en a de toutes les couleurs, venant de tous les coins de monde – passez un peu de temps hors de la fac (ou offline) pour vérifier.

Il s’agit de se rappeler que même si le poids mort de la religion a cessé de peser sur certains dos grâce en partie aux révoltes des générations précédentes, il n’en va pas de même pour d’autres qui cherchent du réconfort, empêtrés dans les fils de la religion, la tradition et la famille. Et pour ceux et celles qui défendent et/ou banalisent les religions, qu’elles qu’en soient les raisons – foi, tolérance, traditionalismes de tout poil, libéralisme ou posture libertaire impossible – la place leur est bien réservée à côté de ces dernières. Car malgré les propos « anti-islamophobes », tout simplement incroyables, par rapport aux individus issus des cultures dites [2] musulmanes, il y en a qui se révoltent d’une manière ou d’une autre contre cette triade de la coercition de base. Mais, entre l’attitude de révolte et l’attitude conservatrice, on choisit laquelle ?

Vous avez bien le choix de banaliser l’islam en France ou en Belgique, le christianisme en Irlande, le Falun Gong en Chine, l’alévisme en Turquie ou n’importe quelle autre « religion des pauvres » de ce monde, et il y en a suffisamment pour chaque groupuscule gauchisant, mais moi, je vous tiendrai responsable pour tous les ami(e)s et compagnon(e)s écrasé(e)s par le poids de la tradition que vous voulez si ardemment défendre.

Le problème, ce n’est pas les croyants, mais bien la religion

Le plus grand mensonge des pseudo-libertaires populistes d’aujourd’hui, c’est qu’on n’a que le choix entre être avec ou contre les croyants. Que lorsqu’on crache sur les dieux de certains, on crache sur ceux et celles qui y croient. Si le mot « croyant » épuisait l’entièreté d’un individu, si cet individu n’était rien d’autre que sa croyance, alors ils auraient bien raison : on n’aurait rien à discuter et rien à faire avec des fous de Dieu. Mais au-delà des opérations idéologiques, la croyance n’est en règle générale qu’une qualité parmi d’autres, et c’est pour cette raison que le fait d’être contre la religion n’implique pas a priori l’hostilité envers les croyants : parce que souvent un individu est beaucoup plus que sa croyance, et parfois ses autres qualités vont à l’encontre de sa piété.

Avec le plus de paternalisme possible, les chevaliers défenseurs des « croyants » nous expliquent que ceux et celles qui sont issus des cultures dites musulmanes n’ont toujours pas fait une critique radicale de la religion [3]. De tels propos aplatis, réduisent non seulement les individus à leur croyance et ne leur laisse rien d’autre, mais aussi les traitent comme une masse homogène sans aucune saveur humaine (vous me pardonnerez l’ampleur de l’expression, mais je trouve cela tout simplement raciste). Ce qui ne se voit pas à travers les lunettes de l’idéologie, c’est que lorsqu’il s’agit de groupes de gens, il s’agit bien des individus qui les forment. Et les individus, vous voyez, c’est compliqué. Parce qu’on ne sait pas ce qu’ils pensent au-delà des déclarations de ceux et celles qui disent les représenter [4]. Parce que sous toutes les données statistiques il y a une couche de mystère qui ne dit rien des attitudes, intentions et pratiques des gens. En plus, on ne voit pas trop la question « Est-ce que vous voudriez subvertir les conditions de votre existence ? » dans les sondages sociologiques, donc il nous faut aller poser les questions provocantes par nous-mêmes. Ce que les pseudo-libertaires pieux n’ont évidemment pas fait.

Parce que oui, je vous jure, il y a des croyants qui sont capables de questionner leur foi. Dans ma vie assez courte j’en ai croisé beaucoup, dont certain(e)s ont même renié certaines de leurs attitudes et/ou pratiques après de longues conversations nocturnes. D’autres ont renié la religion tout court. D’autres encore ont maintenu leurs attitudes réactionnaires, y compris envers les femmes et les homosexuels entre autre, et ont rompu toute relation après que je me sois exprimé sur ces sujets-là. Je dois admettre qu’il est un peu déconcertant de devoir rappeler que ces « musulmans » sont bien capables de penser.

Lorsqu’on me dit « musulman », je ne vois pas une masse de croyants. Je vois un mec qui boit une bière et le cache à son meilleur pote ; je vois une jeune femme qui économise depuis des années pour aller dans un pays où elle peut enlever le voile ; je vois un fils d’imam qui est obligé de quitter sa ville natale parce qu’il a renié les croyances de son père ; je vois un homme âgé qui se demande depuis l’enfance : « Si Dieu existe, pourquoi est-il aussi cruel ? » J’en vois aussi beaucoup qui sont indifférent(e)s à la religion ou qui se disent athées mais se taisent à cause des pressions légales et/ou communautaires.

La vie dans une communauté où la religion joue un rôle décisif équivaut, pour beaucoup, à une route, comme disait Hegel, de doute et de désespoir. C’est une mascarade perpétuelle face aux voisins, à la famille, et souvent, n’oublions pas, la loi (plus d’une vingtaine de pays ont des lois punissant l’apostasie, dont pas mal de peine de mort, et beaucoup se servent du plus vague terme de « blasphème », dont plusieurs en Europe). On est souvent déchiquetés par des contradictions avec lesquelles certain(e)s continuent d’avancer à perpétuité, parce que s’exprimer à voix haute a pour conséquence de se faire ostraciser – ce qui n’empêche pas certains individus courageux de le faire quand-même. Ce sont des contradictions qui, des fois, amènent les croyants à renoncer à leurs croyances et à la servitude volontaire qui va avec. Il arrive qu’elles les poussent à développer une attitude de révolte contre certains aspects de la religion sans la mettre toute entière en cause. Je pense que ces révoltes en actes et en pensée, même partielles, méritent notre attention. Je trouve qu’il est très important d’y contribuer avec notre critique, de parler avec ceux et celles qui cherchent de l’air et à faire l’effort d’étendre la critique à la totalité du monde autoritaire et marchand. Ceci non seulement pour propager nos idées et propositions, mais aussi pour s’inspirer du courage exigé, par exemple, pour dénoncer sa religion dans certains contextes étroitement communautaires.

Par contre, se solidariser avec les croyants largement prétendus et tenir des propos aplatis sur les individus « originaires » (première, deuxième, troisième, quatrième génération…) des pays musulmans, c’est réduire ces mêmes individus à leur croyance prétendue et ne leur laisser rien d’autre. Mais, pire, c’est aussi se positionner du côté de la réaction, étouffer ceux et celles qui chérissent et, des fois, manifestent la révolte contre le poids mort de la religion – la révolte qui surgit ici et là, même au sein des communautés les plus stigmatisées du monde.

Je n’aime pas la logique des camps. Je ne crois pas qu’il y ait des révoltés d’un côté et la réaction de l’autre, parce que la réalité est beaucoup plus compliquée que ça. Mais lorsqu’il y a la révolte, il faut choisir, au moins pour toutes celles et ceux qui portent le moindre sentiment révolutionnaire.

Religion des misérables, religion de la misère

Le seul reproche qu’on puisse cependant accorder aux pseudo-libertaires en question, c’est que l’athéisme ne suffit pas. Il y a bien des États sans Dieu, et même les théocraties ne se fondent pas que sur le statut céleste de leur pouvoir. Mais par quel sport de syllogisme est-ce qu’on est arrivés au constat que, l’athéisme ne suffisant pas, Dieu est désormais tolérable ? Par quelle gymnastique sémantique l’État laïc est il devenu la seule alternative possible au délire religieux ?

Un des rares mérites philosophiques de Marx est le constat que la critique de la religion est la forme préalable de toute critique. Toutefois, cela n’a rien à voir avec la laïcité d’État (parce qu’il n’y a pas d’autre laïcité que celle d’État). Je ne donne aucune concession à la République et, pour cette raison, je trouve la critique de la religion fondamentale.

Il n’est qu’un signe de pauvreté intellectuelle de notre temps que l’anti-théisme de Bakounine ou Reclus soit mit dans le même panier que Dawkins ou Hitchens [5]. Qu’est-ce qu’il y a en commun entre l’idée d’émancipation humaine et les preuves scientifiques de l’impossibilité de transformer l’eau en vin, ou bien le choc des civilisations ? Très peu, pour être juste. Rappelons-nous que la base de toute critique révolutionnaire de la religion est l’idée qu’elle maintient la misère sur cette terre. On ne se concerne pas du développement intellectuel de l’espèce humaine, on ne se concerne pas du progrès, parce que me concernant, chacun peut être aussi imbécile qu’il le souhaite. On se concerne, par contre, du fait que la foi abrutit les pauvres jusqu’au point de s’entre-haïr au lieu de s’en prendre aux exploiteurs, directement responsables de leur misère ; on se concerne du fait que grâce à l’idée maudite de divinité, ils partagent le sentiment de communion spirituelle avec celles et ceux qui prospèrent de leur pauvreté, pourvu qu’ils soient de la même confession ; on se concerne du fait que le sort d’un individu devient, pour un religieux, un destin souhaité par le miséricordieux au lieu d’être une condition conçue et bâtie par les puissants d’ici-bas.

Pour tout ce qui me concerne, la critique de la religion est le préalable à tout esprit libre, à l’aspiration à la liberté au milieu de la non-liberté. Le fait que l’islam, ou n’importe quelle autre religion dans un contexte différent, soit aussi répandu dans les milieux pauvres n’y change rien. En fait, la seule chose qu’on puisse dire là-dessus, c’est que c’est bien là le problème.

Une chose nettement ignorée par les libertaires pro-religieux, c’est que l’islam lui-même est dévoré par toutes sortes de scissions et conflits inter-communautaires. Ainsi, l’un des moteurs principaux de la décomposition de la révolution en Syrie était l’appartenance d’Assad à une secte minoritaire chiite – l’articulation religieuse des rebelles divers devenant un motif pour certains de se soulever contre les mécréants au lieu des dirigeants tout court. Ainsi se produisait la base sociale de Daesh en Irak, gouverné depuis l’occupation américaine par une classe majoritairement chiite. Ainsi se font massacrer les yézidis en Turquie, les chrétiens en Irak, mais aussi les ahmadistes en Indonésie et les sunnites en Iran, et la liste continue…

Quelle est donc la religion des pauvres dans ce paysage baigné de sang ? Est-ce que ces guerres sectaires sont des conflits entre les riches et les pauvres ? Non, ce sont des conflits où les pauvres s’entre-tuent au nom du Dieu tout puissant, suffisamment puissant pour abrutir jusqu’au point d’oublier tout ce qui produit la pauvreté : quelques poignées de riches.

La critique de la religion est donc préalable non pas pour se retrouver à nos côtés, anti-théistes et anti-autoritaires, mais pour identifier clairement l’ennemi, non pas dans le mécréant, l’abominable et le pervers, mais dans le pouvoir. Autrement dit, la critique de la religion est préalable à la pensée et à la pratique anti-autoritaire. On ne peut pas banaliser le rôle joué par la religion et puis s’étonner lorsque les insurrections populaires dans divers pays permettent aux forces islamistes de s’emparer du pouvoir (un schéma que l’on connaît bien aujourd’hui, et cela depuis 79 et le vol de la révolution sociale en Iran par les ayatollahs). Si c’est le cas, ce n’est pas parce qu’ils sont plus malins que les autres ; c’est parce qu’une partie considérable de la population les soutient.

Pour conclure, la mort de toute divinité est très souhaitable. Mais sa critique radicale l’est beaucoup plus : elle est nécessaire et décisive quant aux perspectives révolutionnaires et anti-autoritaires de cette humanité qu’on habite.

Pétitions de principes

Comme je l’ai déjà dit, je crois que la scission qui est en train de se produire dans les milieux anti-autoritaires sur la question de la religion est irréductible. Je ne défend pas le « véritable » sens quelconque des idées libertaires. Je ne détiens pas le pouvoir pour déterminer la signification d’un tel mot et je ne le souhaite pas. Je suis convaincu, cependant, que la question est d’une importance fondamentale.

On nous accuse aujourd’hui d’une application dogmatique de l’anti-théisme inhérent à la pensée anti-autoritaire. J’objecte. Ce n’est pas parce que l’on est anti-autoritaire qu’on porte certaines idées et pratiques. C’est, au contraire, parce qu’on porte certaines idées et pratiques qu’on s’appelle anti-autoritaire. En l’occurrence, j’affirme ma critique du religieux parce que je me reconnais dans l’indifférence envers la religion dans des contextes où elle joue un rôle décisif et dans la révolte contre son poids mort qui surgit ici et là, même au sein des communautés les plus stigmatisées du monde.

Dernièrement, là où nos libertaires pro-religion ont tort, c’est qu’ils pensent avoir leurs cher(e)s « racisé-e-s » de leur côté. Non, la scission ne se fait pas entre les « races », parce que les « races » n’existent pas. Le fait qu’il y ait des personnes, issues de la prétendue culture musulmane ou pas, croyantes ou pas, qui défendent l’islam (ou n’importe quelle autre religion dans un contexte différent) au nom de la lutte contre le racisme, cela ne signifie rien. Traiter une personne en représentante de « sa » communauté, voire de « sa race », est tout simplement raciste. C’est traiter un certain groupe de gens, d’ailleurs délimités par leur appartenance attribuée par d’autres, comme incapable d’avoir une individualité propre et de formuler ses propres pensées.

La scission se fait donc entre les individus. Entre celles et ceux qui veulent ou acceptent de réduire certain(e)s à ce qui leur est imposé par la famille, la « communauté » ou l’État, et les autres, qui ne tolèrent pas d’être réduit(e)s à leur misère.

Jérôme Locura.

Notes

[1Différentes personnes qui, d’ailleurs, n’écrivent pas exclusivement pour les sites en question et qui ont des idées très différentes. Sans parler des cas où des auteurs qui n’ont rien à voir ni personnellement, ni au niveau des idées, étaient associés automatiquement à la même soupe au seul motif qu’ils ont inclus l’islam dans leur critique de la religion. Coupables par association, sans fond, ces derniers sont de fait exclus non pour leur participation aux sites en question, mais bien par le contenu de leur critique.

[2Je dis « culture dite musulmane » parce que je ne vois pas trop ce qu’il y a de commun entre la vie culturelle marocaine, syrienne, javanaise, ouïghoure ou tatare – toutes étant cultures « musulmanes ». Rappelons que tout comme l’islam n’est pas une race, il n’est pas une culture non plus.

[3Ainsi un spambot habituel d’un site célèbre nous dit cela : « Il est […] particulièrement malhonnête de ne tenir aucun compte de ce qu’ils [les « libertaires antiracistes »] disent et de continuer à déclamer sur le clivage entre « antithéistes » et religieux, comme si on était moins athées qu’eux parce qu’on s’intéresse au sort de racialisé-e-s qui n’ont pas encore adhéré aux idées libertaires et n’ont pas fait une critique radicale de la religion. » Hey, les athées, agnostiques, anarchistes et communistes du Maghreb, de Syrie, d’Iran, d’Irak, du Liban et des autres pays, vous nous direz lorsque vous, « les racialisé-e-s », aurez développé une critique radicale de la religion pour qu’on puisse arrêter de soutenir vos bourreaux ? Matoub Lounes, écoutes bien !

[4Il est regrettable de croiser des gens qui pensent que lorsqu’une personne « racis-e-é » parle, elle parle de la bouche collective de tous ceux qui sont catégorisés comme opprimés à travers le filtre racialiste.

[5Deux figures majeures l’athéisme mieux connues dans l’univers anglophone. Dawkins défend l’athéisme au nom de la vérité scientifique, Hitchens – au nom de valeurs « séculaires » de l’occident face à la menace qui d’après lui vient du monde musulman.