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Damien condamné à dix mois fermes, soyons des jaguars ! [MAJ]

jeudi 19 janvier 2017

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Aujourd’hui, Damien Camelio passait en procès au tribunal de grande instance de Paris à partir de 13h30 en correctionnelle, accusé de quatre chefs de « dégradation de bien public en réunion en état de récidive légale », c’est-à-dire d’avoir participé à la manifestation sauvage du 14 avril 2016, dans le cadre de l’agitation contre la dite « Loi Travail », et d’avoir commis des destructions en son sein.

Lors du procès, un avocat des parties civiles était présent (pour Pole emploi), réclamant des dommages et intérêts. Dans son réquisitoire, le procureur a demandé huit mois fermes. La salle a été évacuée et la suite du procès s’est tenue à huis clos alors que les personnes présentes applaudissaient aux chefs d’inculpation, Damien a affirmé qu’il ne reconnaissait pas l’autorité des juges sur lesquels il a jeté des cacahouètes.

Suite aux délibérations, Damien a été condamné, au-delà des réquisitions, à dix mois fermes avec mandat de dépôt (il reste donc à Fleury) et 14 000 € de dommages et intérêts pour les parties civiles.

L’État, en ciblant et en isolant des individus, cherche à casser des dynamiques, comme celle du printemps dernier, et à condamner au silence ou à l’impuissance celles et ceux qu’il considère comme dangereux et incontrôlables, et ainsi, à apprendre la peur à tous. En tant qu’ennemis irréductibles de l’Etat, de son vocabulaire et de ses laquais, on se fout donc de savoir qui est coupable ou innocent (nous pouvons même être solidaires des innocents), ce qui compte c’est que les actes et les pensées révolutionnaires continuent de se diffuser pour que la répression n’y puisse plus rien.

Solidarité avec tous les révoltés de la terre, mort à la justice !
Soyons des jaguars !

Quelques anarchistes solidaires.

On pourra lui ecrire, lui envoyer une carte postale, des timbres ou de la lecture à l’adresse :
Damien Camélio
n° d’écrou 432888
MAH de Fleury-Mérogis (Bâtiment D5)
7, avenue des Peupliers
91705 - Sainte-Génevieve-des-Bois


Un compte rendu, repris d’Indymedia Nantes :

Compte-rendu du procès de Damien

Jeudi 19 janvier 2017, Damien, incarceré depuis le 8 décembre et accusé de dégradations commises lors de la manif sauvage et saccageuse du 14 avril passait en procès à Paris.

Une quarantaine de personnes solidaires était présente. Contexte de comparutions immédiates essentiellement des affaires de survie et de petite économie parallèle. Une jeune proc au vocabulaire indigeste recquerant du ferme à tour de bras avec la banalité dont je saute portiques de métros, la notion d’obstacle en moins. Un juge paternaliste qui en plus des sentences, se permet de distribuer diagnostiques psy sans gène aucune.

Une ambiance. Et pas pour dire qu’il y en a des biens dans ces métiers de chiens.

Au moment de la lecture des accusations ça s’agite dans la salle. Il s’agit de vitres pétées, Pôle Emploi, Chambre du Commerce, Jaguar, Franprix. Chaque cible énoncée est suivie d’une salve d’applaudissements. Le chef en toge demande à Damien s’il reconnait les faits. Ce dernier s’exprime clairement, déclare qu’il ne reconnait ni les catégories d’innocent et coupable ni la légitimité du juge ni la justice en général. La salle entonne des slogans « à bas l’état, les flics et les patrons » !«  »nik la bac« , »et les juges« , »et les procs« . En réponse il crie »nik la justice", les pertubateurs d’audiences se font sortir, lui y compris.
Finalement réintroduit dans le box, le procès se tiendra à huis clos. La proc demande 8 mois fermes, il en prendra 10, avec maintient en détention et 14000 euros de dommages et intérets. On pourra évoquer au passage le marasme des représentants de pôle emploi exprimant l’espoir que Damien trouve un taf à sa sortie (c’est bien connu, si leurs antennes se font attaquer dans toute la France c’est bien dans l’espoir de les voir plus efficaces) et le désepoir contenu de ceux de Jaguar vis à vis du refus d’une compensation supplémentaire pour préjudice Moral qu’ils estiment à 2000 boules.
Après le verdict, rebolotte, on se crie des mots doux. « Vive l’anarchie » crie le compagnon avant d’être emmené. « Liberté », "A bas l’état, les juges et les
matons" peut-on notamment entendre dans la salle.

Ne laissons pas l’Etat et ses sbires faire leur sale besogne tranquilles.
Nik la justice, Vive la révolte !


Nota Bene 20/01/2017 : Nous récusons la publication du premier communiqué sur Indymedia Nantes, pour des raisons déjà expliquées de trop nombreuses fois.