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De New York, en solidarité avec Alfredo et Christos

samedi 27 février 2010

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« Le capitalisme est un système de relations, qui va de l’intérieur à l’extérieur, de l’extérieur à l’intérieur de haut en bas et de bas en haut. Tout est relatif, tout est enchainé. Le capitalisme est un état du monde et un état de l’âme. »
Franz Kafka


Il ne reste rien ; rien qui n’ait été molesté, modelé, ou complètement écrasé ; rien qui n’ait réussi à échapper aux réseaux du pouvoir, il parcourt chaque centimètre de terre, se loge dans chaque crevasse. En entassant chaque moment, l’asphyxie omniprésente fournit la preuve suffisante à cette totalisation universelle. Tête baissée, échine courbée, nous portons le poids des jours dans nos entrailles assiégées.

Acquérant maintenant des habilités de plus en plus monstrueuses, une obscurité totale et vampirique s’achève et même le dormeur trouve ses rêves habités. En nous privant d’espérances, en arrachant notre potentiel latent, le Capital a acquis la capacité spéculative de récupérer les avenirs et d’intégrer les choses avant même leur invention. Après avoir colonisé le monde entier, l’ennemi œuvre maintenant à conquérir le royaume collectif de nos imaginations, où autrefois nous complotions et, par conséquent, prévoyions sa destruction.

La cooptation de la créativité a signalé la défaite prédéterminée qui a mené les Marxistes à se rendre au British Museum avant qu’ils ne se soient rendu compte de 1848. Leur seule pseudo-victoire consiste en l’éviction des projecteurs de Toni Negri par l’utilisation de la « communisation » et de « l’insurrection » dans le champ académique discursif. Ces deux tendances peuvent être décrites comme des expériences ratées parce que chacune a oubliée d’activer le seul concept capable de donner une signification au jargon : La Lutte.

« Se battre, être battu, se battre encore, être battu encore, se battre à nouveau jusqu’à la victoire finale. »
Vieil adage italien.

En pratique, les heurts et les occupations ont divorcés du bagage gauchiste et ont choisis la vie quotidienne comme terrain du conflit, bien que malheureusement, l’expression continue toujours à se soumettre au calendrier de l’activisme. Un jour d’action est le palliatif d’une année de misère. Comme de longs accès de dépression, les accès prolongés de temps mort sapent chaque acte subversif, aboutissant à la production de planificateurs d’événement militants : aveugles quant au passé et simplement en attente du prochain assaut raté de la Bastille. Ils frappent au même tempo que les citoyens ordinaires suivent les fêtes d’anniversaires, l’émeute au même niveau que les mariages ratés et sûrement qu’à cette allure, ils ne verront jamais les obsèques de la bourgeoisie.

la Théorie détachée et la pratique reléguée se présentent elles-mêmes comme rien d’autre que les symptômes morbides de l’idéologie. Maintenant nous pouvons diagnostiquer avec assurance que la prophétie « qui vient » n’est en fait qu’un engouement éphémère. Nous avons identifiés l’implacable répression intériorisée qui se montre sous la forme de la patience, et donc nous refusons d’attendre le jour J, l’Idus Martias, ou à cet égard, n’importe quelle date à venir.

Nous avons exprimé notre dégoût pour la prison technologique voilée de surveillance et le contrôle électronique en sabotant plusieurs des scanners de Carte d’identité du campus universitaire Hunter qui allaient bientôt être inaugurés. Contre l’éducation en tant que tel, nous avons ensuite attaqués le bâtiment administratif de l’Université de Brooklyn. Pour finir, nous avons attaqué la Marathon bank, une filiale de la banque du Pirée qu’Alfredo Bonanno et Christos Stratigopoulos sont accusés d’avoir expropriés. Nous étendons notre solidarité aux deux compagnons emprisonnés et, comme la santé de Bonanno se détériore dans une cellule de prison, nous adhérons au principe suivant.

Pour un œil, deux yeux. Pour une dent, la mâchoire entière.

[Traduit de l’anglais depuis 325.]