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Déclaration de fin de la grève de la faim du Réseau de Prisonniers en Lutte

mardi 21 avril 2015

Après 48 jours de lutte nous mettons fin à la grève de la faim menée ensemble avec d’autres prisonniers politiques [sic] contre la manifestation légale de la stratégie anti-révolutionnaire et plus largement antisociale de l’Etat qui s’exprime par le biais des législations spéciales. Après la fin du débat de la séance plénière du parlement d’hier, une partie importante des revendications posées dans le cadre du Réseau de Prisonniers en Lutte ont été satisfaites.

Plus particulièrement :

- Le cadre législatif qui définit le fonctionnement des prisons de type C a été retiré.

- La circonstance aggravante pour un acte commis avec le visage dissimulé (loi anti-cagoule) a été abolie pour les manifestations. Pour les vols, la peine minimale a été ramenée de 10 à 5 années de prison ferme (laissant au magistrat le soin de l’utiliser dans le cadre de l’appréciation des conditions dans lesquelles la pratique a été menée).

- La participation d’experts indépendants dès le premier stade de prélèvement de l’ADN a été spécifié, de plus, un premier pas contre sa collecte de force a été fait.

- La détention de Savvas Xiros (infirme à 98 %) en résidence surveillée va être appliquée pour qu’il puisse recevoir les soins dont il a besoin, chose qui vaudra pour tous les détenus ayant une invalidité supérieure à 80 %.

Nous, tous les grévistes de la faim, avec les compagnon-ne-s en-dehors des murs, avons mené avec dignité cette lutte difficile et pénible. L’état d’exception [sic] a été fissuré et la voie vers son abolition complète s’est ouverte. Ces 48 jours de lutte tenace se sont terminés par un résultat positif d’un point de vue tactique, duquel profiteront tous ceux d’« en-bas ». Un résultat positif pour la lutte dans sa totalité contre le monde des patrons et du nouveau totalitarisme qu’ils imposent. Notre but est d’exploiter le terrain gagné afin de devenir plus efficaces, plus dangereux pour l’autorité. Pour être un pas de moins plus proches de la société sans classes.

Nous partageons les flammes vivifiantes de la satisfaction avec tous ceux et celles qui ont senti cette bataille comme étant une affaire commune.

P.S. : Nous prendrons position de manière plus complète et ultérieurement en ce qui concerne les questions que cette lutte a suscitée. Pour les limites et les conséquences différentes qu’elle a pu avoir, les données des nouvelles conditions politiques et dans le mouvement qu’elle a mise en évidence et avec lesquelles elle s’est déroulée. Parce que c’est seulement à travers un bilan honnête et un dialogue critique que nous assurerons des luttes plus victorieuses.

P.S. 2 : Le jour où le projet de loi a été voté au parlement, le gouvernement « de gauche » a montré de façon très claire le vrai visage du pouvoir. L’expulsion au matin du rectorat occupé et l’arrestation des compagnons qui se trouvaient dedans sont la preuve vivante que le pouvoir (de gauche ou de droite) est gêné par les luttes sans médiation qui ont pour cible la nature même du système qu’ils servent. Solidarité et courage à tous les compagnons arrêtés lors de cette lutte.

FORCE À TOUS CEUX QUI NE BAISSENT PAS LA TÊTE

 
Les participants en grève de la faim du Réseau de Prisonniers en Lutte,
Antonis Staboulos,
Giorgos Karagiannidis,
Fivos Charisis,
Argyris Dalios,
Akis Sarafoudis,
Andreas-Dimitris Bourzoukos,
Dimitris Politis,
Giannis Michailidis

[Traduit du grec par nos soins d’Indy Athènes.]


Sur la lutte en cours contre les prisons de Type C, cliquer ici.