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Florence (Italie) : Nouvelles de l’opération Panico

dimanche 21 juillet 2019

Le 16 juillet 2019, les procureurs Focardi et Giunti ont présenté leurs demandes de condamnation pour les 39 accusés du procès de l’opération « Panico » contre les anarchistes florentins. Le procès est le résultat de l’union de plusieurs procédures pénales, dont celle relative à l’opération « Panico » du 31 janvier 2017 (qui comportait trois assignations à résidence, quelques restrictions et perquisitions avec l’accusation principale d’ »association criminelle ») et l’opération répressive du 3 août 2017, qui comprenait huit arrestations, perquisitions et évictions du squat La Riottosa, à Florence, avec l’accusation (pour les huit anarchistes arrêtés) d’avoir perpétré une attaque explosive contre la librairie « Il Bargello » (Florence, 1er janvier 2017), un espace lié aux fascistes et au parti fasciste Casapound, au cours de laquelle il a été gravement blessé un artificier-flic qui a perdu une partie d’une main et un œil, et une attaque incendiaire contre un commissariat du quartier Rovezzano (Florence, 21 avril 2016).

Les peines les plus lourdes ont été demandées pour les anarchistes accusés de l’action du 1er janvier 2017. Il a été requis 11 ans Giovanni, 10 ans et 6 mois à Paska, 10 ans à Salvatore (Ghespe) et toujours 10 ans à Nicola. Les trois premiers compagnons sont assignés à résidence depuis juin 2019. Parmi les différentes inculpations ils sont accusés de « tentative de meurtre », « fabrication et port d’explosifs » et « dégradations ».

En outre, des condamnations ont été demandées pour d’autres actions et d’innombrables autres événements qui se sont produits à Florence jusqu’en 2017. Les demandes de condamnation portent sur 35 personnes et vont de 15 jours à 7 ans. Les chefs d’accusation sont « dégradation », « violence », « résistance et menace sur un agent public », « blessure », « imbrattamento [peinture ou tags] », « fabrication et port d’explosifs », « possession de dispositifs pyrotechniques » et « refus de fournir des renseignements personnels ».

La sentence est prévue pour le 22 juillet, mais pourrait être reportée d’une semaine environ.

Solidarité avec les anarchistes enquêtés et accusés pour l’opération « Panico » et avec tous les anarchistes emprisonnés.


Vers la fin du procès Panico

La semaine d’audiences finales du procès de panico s’est terminée aujourd’hui. La dernière partie du procès s’est déroulée les lundi 15 et mardi 16 jusqu’à la mi-journée ; l’accusation s’est occupée de la dernière tranche des retranscriptions des experts sur les interceptions environnementales et téléphoniques ; la défense a soulevé quelques objections quand à l’ingérence de l’expert de l’accusation dans les activités de l’expert judiciaire (à savoir l’interception principale avec laquelle ils accusaient Paska a d’abord été transcrite d’une manière différente de celle de l’expert judiciaire, puis corrigée après pression de l’accusation pour la remettre en conformité avec l »’original »). Puis un témoin de la défense a été entendu en ce qui concerne Ghespe qui avait le pied cassé dans la période autour du nouvel an.

Mardi après-midi, a eu lieu le réquisitoire des procureurs et des parties civiles, et ceux-ci sont suffisamment inutiles pour être commentées, ils ont donné le pire d’eux-mêmes. Les réquisitions contre les 28 accusés ont été plutôt élevées, comme prévu. Les charges retenues contre chacun des 28 accusés sont restées les mêmes qu’à la fin de l’enquête.

Pour les 4 accusés pour les événements du nouvel an : 10 ans pour Ghespe et Nicola (ce dernier, prenant pour un rassemblement à [devant la prison de] Sollicciano en août, en plus du 416 [association criminelle]), 10 ans et demi pour Paska (également inclus dans l’association depuis novembre 2016), 11 ans pour Giova (qui devient en outre accusé d’être le chef organisateur principal de l’association depuis janvier 2017).

Pour les deux autres « cheffes » de l’association, définie de façon grotesque, les peines demandées sont de 6 et 4 ans.

Pour 8 autres accusés de faire partie de l’association, les peines demandées sont de 2 à 3 ans, pour deux autres, de 4 à 7 ans.

Pour les 13 accusés restants, pour diverses raisons spécifiques en dehors de l’association, les peines demandées vont de 15 jours de prison à un an et demi. Au total, les procureurs ont demandé 86 années de prison.

En ce qui concerne les parties civiles, Vece [l’artificer-flic] a demandé la somme « réaliste » de 2 millions d’euros ; le syndicat de police Siulp a demandé 100.000 euros, Bargello [la librairie] et Casapound 10 mille chacun. Parmi les parties civiles il y avait aussi le Ministère de l’Intérieur, de la Défense et un passant lors du cortège du 25 avril, mais, en ce qui nous concerne, nous ne nous rappelons pas ce qu’ils ont demandé.

Mercredi et jeudi ont été consacrés aux plaidoiries des trois avocats de la défense et, dans un dernier temps, jeudi un des procureurs a été entendu à nouveau pour un commentaire vain.

Il a été confirmé que le lundi 22 sera le dernier acte de la première instance du procès. L’audience commence à 9h30, il y aura les contre arguments de la défense. Ensuite, les juges se retireront dans la salle du conseil et rendront leur jugement à un moment donné de la journée.

Giova, Ghespe et Paska seront présents dans la salle d’audience ce jour-là, comme ils l’ont été lors de ces dernières audiences, et ils apprécient la présence de leurs compagnons dans la salle d’audience. Notre pensée principale va vers eux, toujours enfermés à résidence avec toutes les restrictions. FORZA !

[Traduit de l’italien par Cracher dans la soupe de Anarchici fiorentini.]