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La guerre fait rage

Grèce : Lettre de prisonniers anarchistes de Korydallos à propos du meurtre d’Ilias Kareli après avoir tué un maton

vendredi 28 mars 2014

Aussi longtemps que le monde du pouvoir enterrera vivants des humains dans les cachots des prisons, il existera des moments de révolte et d’insubordination où la violence se retournera contre les dominants. Tel cet instant où un prisonnier, Ilias Kareli, qui après 16 années d’enfermement et d’oppression, a transformé son désespoir en rage et dirigé son couteau contre un maton.


Un maton dont les médias de masse et de tricherie sortent l’hagiographie, passant sous silence qu’il fut un tortionnaire quand le système pénitentiaire avait choisi de montrer son visage le plus brutal, qu’il avait préféré que s’exprime sa fureur sadique sur les corps des détenus de manière imaginative, tel la correction avec un câble électrique.

Les chiens du pouvoir ont pris soin de se venger de la mort du maton de la manière qu’ils connaissent bien : la torture jusqu’à la mort. Ilias est parti à cause d’une hémorragie interne après un tabassage continu de la part des flics et des matons.

Nous ne pouvions rien attendre de plus des organes du régime. Mais tous ceux qui ont avalé la propagande des médias sur le surveillant père-de-famille-injustement-parti ont aussi une part de responsabilité, participant en particulier au festival de la dissimulation des tortures dans les prisons mais aussi au rôle social détesté de maton en général.

Le défi est de briser en paroles et en actes le monologue du pouvoir qui a atteint un nouveau sommet avec un meurtre étatique de plus.

Un meurtre de plus où le troisième pouvoir s’est empressé de donner les "circonstances mystérieuses" connues-inconnues et ce même d’un point de vue pathologique, dans une tentative désespérée de cacher la puanteur de la démocratie mangeuse de cadavres du capital.

Comme tant d’autres morts « mystérieuses » de personnes dont les noms ne sont connus qu’après leurs meurtres. Comme Katerina Goulioni [1] ou l’exemple récent d’Esso Shakram Haitam [2] à la prison de Grevena.

Ces morts « naturelles » qui viennent s’asseoir près d’autres morts lentes, quotidiennes et torturées au sein de la routine faite de béton des bordels pénitentiaires.

Là où les gens se mortifient dans les ténèbres intemporelles de la prison…

Personnes malades dans leur solitude et qui "perdent la tête" au son du plus grand des silences…

Personnes-nombres, cocues du compte de l’illusion, payant de leur sang les drogues que vend le système pénitentiaire.

Personnes enterrées au mitard, oubliées dans leurs peines et TOURMENTÉES par les transferts et les isolements.

Personnes qui construisent des rêves d’un futur proche de liberté dans leurs lourdes peines et leurs années d’enfermement…

Sur les braises des prisons et les moments petits et grands d’insubordination qui tracent des cicatrices sur le visage soi-disant intact de l’administration pénitentiaire, sur les barreaux sciés et les tunnels creusés…

Là où la vengeance portera la haine accumulée pour chaque humiliation, torture ou meurtre…

ORGANISONS NOS ATTAQUES
FEU AUX PRISONS

Réseau de prisonniers anarchistes et en lutte de Korydallos

[Traduit du grec par nos soins de Indy Athènes.]

Notes

[1Ndt. Prisonnière morte pendant son transfert vers la prison de Neapolis en Crête sur le bateau qui l’y emmenait le 18 février 2009. Katerina était connue pour sa position combative au sein de la prison et son meurtre n’est rien d’autre que l’expression de la vengeance de l’AP et sa volonté de faire taire toute contestation. Son corps a été retrouvé avec des bleus sur le corps et le visage, les autorités parlent de "congestion pulmonaire"…

[2Ndt. Esso Shakram Haitam est mort le 25 février 2014 dans la prison Grevena des suites de son accoutumance à l’héroïne. Dans la lettre que ces co-détenus ont publié (voir ici), ceux-ci soulignent combien la drogue est présente dans la prison, sous la surveillance de l’AP et afin de calmer les tensions, concluant par des mots de vengeance pour ce meurtre étatique de plus dans les prisons grecques.