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Grèce : Lettre du compagnon Giannis Michailidis

vendredi 5 décembre 2014

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J’écris ces lignes pour exprimer toute mon émotion causée par l’activité solidaire large et polymorphe des compagnons en-dehors des murs.


Pas juste parce qu’elle a dépassé toutes mes attentes en termes d’amplitude, d’inventivité, d’organisation-coordination, de ténacité et d’agressivité, avec des occupations de bâtiments clés étatiques et capitalistes, de stations radio et télé, des rassemblements organisés et des manifestations dans presque toutes les grandes villes du territoire, des attaques contre les forces de répression et des actes de guérilla en tout genres. Car c’est ce qui brise la solitude de ma cellule et me fait sourire, parce que mardi soir je n’étais pas enfermé, j’étais parmi vous et je sentais la chaleur des barricades enflammées.

Car quel que soit le résultat, l’existence même de ce front de lutte est une victoire en soi, tant pour sa perspective immédiate que pour l’héritage qu’il laisse.

Je sais très bien que les milliers de compagnons impliqués dans cette bataille qu’a commencé Nikos, ayant nombre de problèmes mais une forte détermination, ont des différences immenses quant aux conceptions et pratiques de lutte autant entre eux qu’avec nous. Néanmoins, c’est au sein de la diversité que fleurit l’évolution. C’est exactement le sens de la solidarité anarchiste, elle rejoint sans s’identifier, elle s’unit sans s’homogénéiser. Et quand elle est orientée dans l’action, elle arrive à ses fins.

Quand les médias de duperie de masse s’exclament que tant que dure la grève de la faim c’est désormais un problème de sécurité nationale qui se pose, je réalise qu’aucune lutte n’est perdue d’avance et que les vides laissés par les pensées brisées de désespoir, causées par l’inaction prolongée dans la condition asphyxiante de l’enfermement, se teignent à nouveau de sens, la révolte est toujours actuelle.

Nos rêves deviendront leurs cauchemars.
L’anarchie combattive s’est réveillée et gronde.
Rien n’est fini, tout commence maintenant.

SOLIDARITÉ AVEC LES ARRÊTÉS DE MARDI

Pour Nikos : Tiens-bon frère, t’as bien dérangé leur fête jusqu’à maintenant. Tu ne fléchis pas, ce sont donc eux qui ploieront. Je suis à tes côtés jusqu’à la victoire finale.

Pour Athanassios [le ministre de la Justice] : Je suis affamé. Si tu assassines Nikos, la seule chose qui pourra me rassasier c’est ta trachée.
 
Giannis Michailidis

[Traduit du grec par nos soins de Indy Athènes.]

Solidarité avec Nikos Romanos en grève de la faim !