Accueil > Articles > Immigration et frontières > Turin/Italie : les CRA sont partout

Turin/Italie : les CRA sont partout

mercredi 11 février 2015

Rome, vendredi 6 février. Dans le Centre de rétention la tension gronde contre la police et les gérants (GEPSA et l’association Acuarinto) qui ont des attitudes d’intimidation envers les personnes enfermées.

Plusieurs retenus décident donc de refuser le repas de midi, en signe de protestation. L’après-midi, un des prisonniers commence àse couper avec une lame de rasoir, àcause de son exaspération suite au retard avec lequel sont données les cartes téléphoniques. Nombre d’autres retenus commencent àfoutre le bordel, notamment en mettant le feu àdes matelas. La police arrive avec des lances àeau pour éteindre les incendies, puis elle commence àfouiller les chambres.
Entretemps, dehors, a lieu un rassemblement de solidarité (prévu depuis un moment).

Triste nouvelle, par contre, depuis le CRA de Bari (Puoilles) : un détenu de 26 ans est mort. Il s’agirait de "causes naturelles", selon la police.

Le matin du samedi 7 février, àTurin, une quinzaine d’ennemi.e.s des frontières se pointe àl’agence de voyages SCN 747, en plein centre-ville. Pendant que certains collent des affiches sur les vitrines, d’autres diffusent des tracts ou font des interventions au haut-parleur pour expliquer aux passants que cette agence achète les billets pour la préfecture, pour expulser les sans-papiers du CRA de Corso Brunelleschi. Une façon de rappeler que la machine àexpulser est partout et qu’on peut s’en prendre àses collabos de mille façons.

Voici le tract diffusé àTurin :

Le CRA est partout

Jour après jour, on voit police et militaires roder dans les rues àla recherche de sans-papiers, afin de les emmener au Centre de Rétention Administrative [CIE, Centro di Identificazione ed Espulsione, en italien ; NdT] du Corso Brunelleschi. Parfois, leur boulot est entravé par ceux qui n’acceptent plus, pour eux-mêmes et pour leurs proches, de vivre avec la menace constante d’êtres enfermés dans une cage ou d’êtres expulsés.

La police n’est que le visage le plus connu de la machine àexpulser, mais pour marcher, les CRA ont besoin de la collaboration de plein d’autres acteurs : entreprises, associations et coopératives. Le CRA est partout dans la ville : de ceux qui tous les jours y emmènent la bouffe àceux qui lavent le linge, de ceux qui participent aux expulsions àceux qui réparent des parties du CRA détruites par les révoltes. Du coup, les CRA sont chaque entreprise, administration, association et personne qui collabore avec l’enfermement des sans-papiers et qui s’engraisse avec ces taules.

Depuis des années, les seules pratiques concrètes visant àla fermeture des Centres ont été menées par les prisonniers eux-mêmes, qui ont continué às’évader des Centres, qui ont continué àdétruire les prisons où ils étaient enfermés. Si aujourd’hui la machine àexpulser se trouve dans de grosses difficultés, c’est grâce aux luttes et aux révoltes. Cependant, lutter contre les CRA ce n’est pas seulement aller devant ces murs pour hurler sa solidarité ; c’est aussi faire voir sa rage envers ces lieux en identifiant et en pointant du doigt aussi, parmi ces ennemis, la petite boutique du coin, si on sait qu’elle collabore avec les expulsions. Et aller frapper les CRA partout, devant leurs murs comme dans les quartiers.

L’agence de voyage SNC 747 collabore avec la Préfecture de Turin en achetant les billets pour la déportation des sans-papiers. Pendant les deux dernières années, cette activité leur a rapporté 20.000 euros.

SNC VIAGGI 747
Tél. (0039) 115214395
Via Milano 13/B
Torino

[Traduit et adapté par nos soins de Macerie]