forumarticles Section Audio La Fanzinotheque brochures journaux nouscontacter Acceuil
Accueil > Articles > L’Enfer-Travail > Joyeux anniversaire !

Joyeux anniversaire !

Retranscription d’un piratage radio

samedi 28 mai 2016

[Émission radio pirate… entendue sur la bande fm sauvage le 27 mai dans l’après midi, de fréquences en fréquences, avec en arrière plan une agréable musique d’ambiance…C’est l’anniversaire de la "catastrophe de Tchernobyl", l’émission a été diffusée au moment où on apprenait les débrayages CGT dans les centrales nucléaires nationales… Joyeux anniversaire.]


…Je ne suis pas contre le Capitalisme, contre l’Etat, ou même contre la Police…

Je suis contre tous les patrons que j’ai eu, contre les professeurs qui m’ont éduqués comme on dresse un chien, et je suis contre les ordures de flics que j’essaye d’éviter du soir au matin, agents de la BAC en civils comme maître chien sur le quai du métro…

Eux, oui, je suis contre eux…

Je ne ne suis pas l’ennemi du Capitalisme ou de l’Etat, parce que ce sont des abstractions, des fantômes, et les fantômes ne donnent pas de coups de poings. Je ne suis pas contre la Loi Travail, mais contre toutes les Lois, et contre le Travail, parce que Loi comme Travail sont là pour nous voler nos journées et nos nuits, pour nous enfoncer dans l’eau glaciale du conformisme, de l’ennui équipé, de la misère et de la concurrence, et s’assurer qu’on reste bien la tête enfoncé dans cette eau-là, et ça c’est pas une vie…

Je ne suis pas l’ennemi du Capitalisme et de l’Etat, pas plus que je ne suis contre telle ou telle Loi, ou contre la Police. Je suis l’ennemi d’hommes et de femmes précis, concrets, bien vivants et agissants. Ils agissent, et ne se privent pas d’exposer les raisons qui les ont poussé et les poussent chaque jours à rejoindre le camps de la domination sociale. Et moi j’expose les miennes de raisons, et je leur fais la guerre à ma petite échelle…

Je suis l’ennemi des innombrables serviteurs de l’Etat et du capitalisme, parce que je les tiens tous individuellement pour responsables de la survie de cet insoutenable mélange de soumissions participatives, de haines apeurées, de flicages et de vies par procuration qu’on appelle la « vie sociale ». Je hais les professeurs sadiques comme les braves éducateurs pleins de bons sentiments, les policiers racistes comme les médecins en grève, les amis de Dieu comme les amis de la laïcité, les ingénieurs de la Recherche&Développement nationale comme les syndicalistes des centrales nucléaires…

L’ennemi, l’opposant, le mécontent, l’hurluberlu dans son coin, l’asocial ou même le quasi-terroriste, appelez ça comme vous voudrez. Mais vous ne m’ôterez pas de la tête ces quelques banalités élémentaires :

- le Travail est un bagne (« parcours professionnel »),

- les policiers sont les gardiens de ce bagne,

- il faut souhaiter aux travailleurs qualifiés du nucléaire de manger au petit déjeuner la saloperie qu’ils produisent « parce qu’il faut bien vivre » (et ils peuvent inviter leurs patrons avec leurs camarades du syndicat, et faire durer un peu le truc ça fera un brunch),

- et la question n’est pas de savoir pourquoi il y a des individus qui mettent le feu à des voitures de police en ce moment, mais pourquoi il n’y en a pas plus qui le font.

A bas les syndicats ! A bas les professionnels de la concertation et à bas les professionnels de la confrontation !
La vie qu’ils s’imposent et veulent imposer à tout le monde n’est pas une vie.

Signé : l’inverse de hooligans…

[Reçu par mail.]