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Grèce : Jusqu’à la destruction de la dernière prison, bloquons les conditions spéciales de détention

dimanche 8 février 2015

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Après l’explosion de la crise du système en 2008 et l’effondrement de la prospérité factice, l’Etat et le capital reprennent tout ce qui a été conquis par les luttes et dans le sang. Sans le visage de l’aide sociale, l’Etat n’a rien d’autre à offrir que la pauvreté et la répression aux opprimé-e-s. Mais puisque quelques pans de la société choisissent de résister de plusieurs façons (grèves, manifestations, sabotage, lutte armée) et ayant à faire face à plus d’ennemis intérieurs en puissance, l’Etat intensifie la répression et renforce son arsenal législatif. Dans ce contexte, un troisième aménagement de la loi antiterroriste passe, pour légiférer l’extermination de tous ceux qui choisissent la résistance armée et ouvre parallèlement la voie à la criminalisation de toute forme de lutte.

La dernière restructuration du système pénitentiaire s’est déroulé sur la même longueur d’onde, ayant pour but de terroriser ultérieurement les personnes en lutte des deux cotés des murs ainsi que leur extermination physique et psychologique. Les prisons de type C commencent à fonctionner avec le nouveau projet de loi, il est prévu d’y détenir les prisonniers insoumis qui ne s’accommodent pas de la réalité misérable de la prison (mouvements, mutineries, tentatives d’évasion) ou ceux que la prison considère comme dangereux pour son fonctionnement en toute sécurité. Ainsi que tous ceux accusés d’organisation criminelle ou d’action révolutionnaire armée sur la base de la loi antiterroriste.

La Nouvelle Démocratie [équivalent de l’UMP], en pleine période pré-électorale, avant la dissolution du Parlement et voulant rassembler les voix de la droite conformiste, promouvant le dogme de la Loi et de l’Ordre, a « étrenné » les prisons de type C en y envoyant les premiers prisonniers politiques, des condamnés pour action révolutionnaire armée ainsi que quelques longues peines. Les transferts/enlèvements se sont déroulés dans un climat de terreur avec des menaces et l’usage de violences, et tout montre que ce ne seront pas les derniers.

Au sein d’un régime social qui enrôle les chômeurs, frappe les manifestations, où la répression s’abat sur toutes les facettes de nos vies, en plus de la pauvreté, du racisme, de la peur, nous devons nous organiser dans un front de lutte de ceux en-bas qui brisera le totalitarisme étatique qui s’intensifie. Un front qui abolira dans la pratique les conditions spéciales de détention sadiques qui sont le ciment de la toute-puissance de l’Etat. Anti-institutionnellement, anti-hiérarchiquement, pas en collaboration mais bien contre les partis, les médias, les organisations, luttons pour la destruction des prisons et du système qui les produit.

LUTTE CONTRE L’ETAT ET LE CAPITAL

Assemblée d’anarchistes contre les conditions spéciales de détention et l’institution de l’enfermement, Thessalonique.

[Traduit du grec par nos soins d’Indy Athenes.]