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Kaliméro : Caisse de soutien aux inculpés de la guerre sociale

C’est vraiment trop inzuste !

lundi 9 juin 2008

Toutes les versions de cet article : [Español] [français]


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Les temps sont durs

Dans un contexte où l’état et le Capital sont à l’offensive
pour intensifier leur contrôle et l’exploitation, la révolte sociale
ne peut que s’étendre et s’amplifier tant dans des mouvements
massifs qu’au quotidien. Alors qu’elle s’exprimait à
nouveau (après le mouvement lycéen, novembre 2005, la
lutte dite anti-CPE) au cours de la période électorale, nous
nous sommes retrouvés à plusieurs individus avec la volonté
d’agir en solidarité avec les nombreux camarades, compagnons
et amis (même si nous les connaissons pas) inculpés à
la suite d’actions individuelles ou collectives.

Le maton te guette

A chaque mouvement social, au moment où l’état décide
de distribuer des mois de prison, on peut entendre « c’est
incroyable, on n’a jamais vu un tel niveau de répression ! ».
De même, trop souvent les proches d’un inculpé, lorsqu’ils
s’organisent, soulignent la particularité de son cas, de sa
personnalité, de son statut social, du contexte. Presque systématiquement,
ils véhiculent l’idée que la répression qui
les touche aurait un caractère « anormal », participerait
d’un dysfonctionnement de la démocratie…

Pour en finir avec cette hypocrisie, nous avons décidé
de former un collectif de solidarité avec les inculpés de la
guerre sociale en cours. Pour notre part, nous soulignerons
plutôt l’évidence : le sort ignoble que l’on veut nous faire
subir reproduit la normalité de ce monde, il est le lot commun
de tous les révoltés.

Parce que nous savons que la Police et la Justice ne sont
que des machines de guerre visant à écraser toute velléité
de révolte, nous n’invoquerons pas en pleurnichant
une position de victime. La tâche que nous nous fixons est
d’apporter une aide concrète et matérielle aux camarades,
compagnons et amis (même si nous le connaissons pas)
principalement sous la forme de mandats mensuels pour les
prisonniers, en apportant une aide technique pour la défense
et en participant à la création d’un rapport de force
à l’intérieur comme à l’extérieur du tribunal.

Parce que nous savons que la répression ne se limite pas
au moment où la matraque s’abat sur le crâne du récalcitrant,
mais est constitutive de chaque moment du quotidien
sous la domination du Capital, qu’elle se constitue de milliers
de dispositifs psychologiques et matériels omniprésents
obligeant la masse des prolétaires à accepter une
vie de merde sous la contrainte… nous créons une caisse
de solidarité sur la région parisienne, non pas pour réagir
uniquement à une répression du dit « mouvement social »,
mais pour nous inscrire dans la continuité de révoltes qui
peuvent être individuelles ou collectives et prendre diverses
formes.

Dans différentes villes, des caisses de soutien sont en voie
d’être créées. Si nous ne souhaitons pas nous organiser au
niveau national à cause de la lourdeur bureaucratique que
cela impliquerait, il est clair en revanche que nous fonctionnerons
avec elles suivant des principes d’entraide et de
réciprocité.

Nous mettons également en place une liste d’avocats acceptant
d’être peu payés (se contentant de l’aide juridictionnelle)
car en tant que techniciens du droit et connaisseurs
des rouages du code pénal, il est souvent utile de
faire appel à eux. Néanmoins, il doit être clair que ce sont
les inculpés eux-mêmes qui décident de leur ligne de défense.
Ils doivent disposer des éléments nécessaires (accès
à leur dossier par exemple) pour définir la manière dont
ils souhaitent le faire… sans en enfoncer d’autres, bien entendu.
Les notions de culpabilité ou d’innocence ne font pas
partie de notre vocabulaire.

Nous aurions pu nous appeler « Collectif de Solidarité
avec les Inculpés de la Guerre Sociale En Cours », ce qui
aurait donné C.S.I.G.S.E.C., ce qui est non seulement moche
mais de plus imprononçable. Nous avons préféré faire
appel à un célèbre bandit casqué, tout de noir vêtu, c’est
son nom qui nous représentera… j’ai nommé Kalimero.

Contact mail : kalimeroparis@riseup.net