forumarticles Section Audio La Fanzinotheque brochures journaux nouscontacter Acceuil
Accueil > Articles > Immigration et frontières > La Grande Loterie des Camps

La Grande Loterie des Camps

Pour en finir avec les centres de rétention et le monde qui va avec

dimanche 17 mai 2009

Dans un monde basé sur la misère, la guerre et les désastres écologiques,
certains se rassurent par l’idée qu’il reste des âmes suffisamment charitables
pour s’occuper des damnés de la Terre. Au nom de la « solidarité »
et de la « fraternité », ces institutions humanitaires auxquelles on peut donner un
sou de temps en temps (déductible des impôts, faut pas charrier), essayeraient au
moins de soigner les blessures et d’atténuer les souffrances de ce monde, à défaut
de le changer. Telle est du moins l’image qu’elles vendent à coups de matraquage
publicitaire et d’appels doucereux à la compassion.
C’est sans doute pour cela que plusieurs d’entre elles n’ont pu résister à l’envie
de participer à la grande kermesse du ministère de l’Immigration et de l’Identité
Nationale lancée le 22 août dernier. Après plusieurs péripéties et un long suspens,
comme il sied à toute tombola bien organisée, les résultats ont enfin été annoncés
le 10 avril 2009 : Cimade, France Terre d’Asile, Assfam, Forum Réfugiés, Ordre de Malte et Collectif Respect en sont les heureux gagnants. La première décroche sans surprise le gros lot, vu qu’elle est depuis longtemps dans les petits papiers
des organisateurs et connaît bien le sujet, et les autres touchent les lots de consolation.
La raison d’Etat et le cœur humanitaire ont donc fait bon ménage, et pour
une fois l’important était plus que de participer.


Il fallait donc avoir l’esprit bien chagrin en ce début de printemps pour émettre
quelque doute sur cette tombola un brin particulière. Car, enfin, de quoi parle-t-on
exactement ? De rien moins que l’attribution à différentes « personnes morales » du
travail juridique auprès des sans-papiers enfermés dans les 30 centres de rétention
du territoire, répartis en 8 lots. Qu’on en juge : 560 000 euros pour les CRA de
Bordeaux, Nantes, Rennes, Toulouse, Hendaye (lot 1, 270 places) ; 560 000 euros
pour les CRA de Lille 1 et 2, Metz, Geispolsheim (lot 2, 270 places) ; 620 000
euros pour les CRA de Lyon, Marseille, Nice (lot 3, 299 places) ; 430 000 euros
pour les CRA de Nîmes, Perpignan, Sète (lot 4, 208 places) ; 175 000 euros pour
les CRA de Guadeloupe, Martinique et Guyane (lot 5, 84 places) ; 660 000 euros
pour les CRA de Mesnil Amelot 1, 2 et 3 (lot 6, 380 places) ; 505 000 euros pour
les CRA de Palaiseau, Plaisir, Coquelles et Rouen-Oissel (lot 7, 244 places) ;
380 000 euros pour les CRA de Bobigny, Paris-dépôt, Paris 1, 1bis, 2, 3 (lot 8,
215 places puis 275 places pour 570 000 euros en fin de contrat après reconstruction
de Vincennes). Et puis rassurons-nous, ces sommes s’entendent hors taxe et
annuellement à partir du 2 juin 2009 (jusqu’en 2012), afin que ces généreuses
associations ne risquent pas à l’improviste de se retrouver sur la paille.

A la lecture de cette valse de chiffres, on est loin de la légende dorée de bénévoles
qui portent assistance à des individus vulnérables : c’est l’autre face
de l’humanitaire qui saute à la gueule de chacun, celle d’entreprises prestataires
de l’Etat.

On sait en effet depuis longtemps que la domination actuelle ne repose pas que
sur le seul pouvoir de la matraque, mais fonctionne aussi sur la collaboration de
chacun à son propre écrasement et sur l’intégration des mécanismes de contrôle.
Dans ce jeu subtil de la carotte et du bâton, chacun se voit sommé de participer
à sa propre servitude. De la même façon, les centres de rétention, rouages importants
de la machine à expulser, ne fonctionnent pas uniquement sur la seule
contrainte policière : l’Etat a besoin de leur assurer un visage démocratique, celui
de pouvoir tenter d’ultimes recours juridiques. Ils servent d’un côté à donner un
semblant de légalité à des déportations de masse dont le nombre est fixé d’avance.
Mais également d’un autre à gérer l’inévitable colère liée à un enfermement toujours
plus long, en entretenant un dernier espoir alternatif à l’émeute et à l’évasion.
C’est dans ce cadre que les associations qui ont souscrit à l’appel d’offre du
Ministère prennent toute leur place, et cette question va bien au-delà des individus
singuliers qui les composent.

« La Cimade travaille avec les flics. Pour moi, c’est la même chose. Quand les
nouveaux arrivent, ils leur demandent s’ils ont un avocat, s’ils ont fait une demande
d’asile. Mais ils bougent tous dans le même système.
 »
Témoignage d’un sans-papier de Vincennes
avant l’incendie, 9 avril 2008

Si on ne saisit pas la fonction réelle de la Cimade et de ses nouveaux partenaires,
on ne peut pas comprendre pourquoi elles souhaitent profiter de
ce marché rémunérateur. Sauf bien sûr à tomber dans la dénonciation de
telle ou telle association qui aurait trahi, voire dans l’indignation citoyenne sur un
supposé dévoiement de l’humanitaire.

D’une part, il y a bien longtemps que ces entreprises de service ont abandonné
toute velléité d’autonomie pour devenir de simples rouages du dispositif
étatique contre les étrangers.

Un organisme comme la Cimade (lots 1, 4, 6) intervenait par exemple en centres
de rétention depuis 1985, dans le cadre d’une convention avec l’Etat, ce qui en
faisait déjà un de ses collaborateurs attitré, et non une structure extérieure indépendante.
En 2003, cette présence devient un marché avec appel d’offre sur un lot
unique, qu’elle remporte chaque année haut la main, vu qu’il est taillé sur mesure.
Elle devient alors directement sous-traitant de l’Etat. Puis en 2007, comme n’importe
quel entrepreneur du BTP, elle délègue à son tour trois centres au Secours
Catholique
pour baisser encore les coûts. Car comme on sait depuis longtemps
que la charité –même chrétienne– a un prix, elle touchait tout de même pour cela
3,44 millions d’euros par an (plus 2,55 millions de subventions). La nouveauté
de cette année qui a hypocritement agité la scène médiatique n’est donc ni qu’il
s’agisse d’un marché, ni son caractère concurrentiel : c’est qu’il a été divisé en
différents lots.
Pour ne prendre que quelques exemples, France Terre d’Asile (lot 7) et Forum
Réfugiés
(lot 3) s’étaient déjà depuis des années placés sur un autre marché, celui
des réfugiés et demandeurs d’asile. C’est à ce titre qu’ils gèrent des structures
de premier accueil (les plates-formes), des centres de transit et des centres d’hébergement
(CADA). Marché rentable puisqu’on est passé de 17 000 demandes
d’asile en 1996 à 52 000 en 2003, et de 2000 places en CADA en 1996 à 21 000 en
2008. France Terre d’Asile a ainsi vu son budget subventionné exploser de 4 millions
d’euros en 2002 à 37 millions en 2007 et Forum Réfugiés de 4 millions en
2000 à 13 millions en 2006. L’augmentation du nombre de réfugiés ayant allongé
les délais d’instruction des dossiers, ces deux associations en ont profité pour se
lancer sur le créneau de l’hébergement et de l’assistance professionnalisés. A présent
que l’Etat reprend ces structures en main et baisse ses budgets liés à l’asile, il
était donc logique de les retrouver sur le nouveau marché en expansion, celui des
centres de rétention. Le même raisonnement vaut aussi pour l’Assfam (lot 8), spécialisée
depuis les années 50 dans l’accueil et l’ « intégration » des migrants pour le
compte du Ministère, avec sa cohorte d’assistantes sociales. Là encore, face à des
problèmes budgétaires liés au redéploiement des crédits destinés aux immigrés,
on la retrouve miraculeusement sur le marché des centres. mais aussi sur celui des
« contrats d’accueil et d’intégration pour la famille » créés par Hortefeux en 2007,
obligatoires et introduisant la possibilité de suspendre les allocations familiales.

D’autre part, accepter une cogestion de l’horreur des camps avec la police
n’est en fin de compte que la conséquence profonde des logiques juridiques
et humanitaires dont elles se revendiquent.

Dans les centres de rétention, le rôle d’associations comme la Cimade se borne
souvent à faire le tri entre les “bons” et les “mauvais” dossiers, entre ceux qui ont
une dernière chance et tous les autres. Elles acceptent et font accepter qu’un destin
personnel soit fonction de lois, c’est-à-dire du pouvoir des classes dominantes
et de l’Etat. De lois dont l’application même fluctue en fonction de tout un tas de
critères abstraits : selon les périodes, certains pays deviennent tricards et d’autres
bénéficient d’accords spéciaux ; en fonction des préfectures ou de l’humeur du
fonctionnaire, on est jeté ou accepté, etc. Faire uniquement appel à un « droit » formel qui se durcit sans cesse et dont l’application n’est qu’une suite d’arbitraires,
revient donc en réalité plus largement à renforcer une terreur étatique qui élimine
d’emblée ceux qui n’auront jamais le “bon profil” ou les papiers administratifs
nécessaires (liés au travail, au logement,…). C’est se mettre au service d’un cas
par cas qui ne vise pas à expulser tous les sans-papiers mais à les maintenir dans
une exploitation forcenée (par un abaissement du coût du travail qui fonctionne
comme une délocalisation interne) et un contrôle qui s’imposent à nous tous.
Ce travail juridique des associations n’a pour autant pas qu’un rôle de soutien de
l’Etat à l’extérieur des camps, qui s’opposerait par exemple à des luttes pour une
régularisation globale comme en ont déjà menées des collectifs de sans-papiers,
ou de légitimation des expulsions à l’intérieur suite à l’épuisement des recours :
elle joue aussi un rôle pacificateur. Nul besoin en effet d’être un grand intellectuel
de gauche pour comprendre que l’enfermement est une raison suffisante en soi
pour se rebeller contre les geôliers et leurs murs barbelés. La série de révoltes,
mutineries ou évasions qui jalonnent l’histoire de ces prisons pour étrangers en
témoigne s’il en était besoin. Le terrain d’intervention qu’elles ont choisi, celui
qui donne l’espoir que sa situation personnelle ne peut se résoudre qu’en “jouant
le jeu” plutôt qu’en luttant, est aussi celui de la prévention des inévitables révoltes.
Elles isolent à coup de “c’est bon, on s’occupe de tout”, de délégation de son
destin dans les mains d’experts, ramènent chacun au cas particulier de son dossier
et finalement séparent là où il pourrait y avoir de la solidarité.
Cet autre aspect de leur travail a été clairement exposé dans l’appel d’offre du Ministère
du 18 décembre 2008, réécrit suite à une première annulation. A côté des
« compétences juridiques de l’équipe » comptant pour 40%, l’un des critères pour
emporter le marché était en effet la « compréhension des enjeux et engagements de
services »
(25%), c’est-à-dire le fait d’intégrer correctement la logique étatique à
laquelle les souscripteurs allaient participer. De même, une note du Ministère datée
du 30 janvier dernier et détaillant les conditions de l’offre est plus qu’explicite
à propos de l’intégration à la machine à expulser des employés des associations :
ils seront ainsi habilités et révocables par le Préfet, mais aussi tenus d’ « émarger
la feuille de présence tenue par le chef de centre »
(le tabasseur en chef), c’est-à-dire
de pointer chaque matin au même titre que n’importe quel autre employé du
ministère de l’Intérieur. Cela pour nous rappeler qu’un flic se définit d’abord par
sa fonction et pas par son uniforme, même quand il se planque derrière le sourire
d’un chrétien humaniste de gôche.

Défendre que puissent exister des expulsions « à visage humain » est l’autre
perspective de fond de l’idéologie humanitaire. Au-delà du fait que nombre
d’associations soient devenues de véritables entreprises ou que leur
fonction en fasse à la fois des accompagnateurs et des soutiens des politiques de
l‘Etat, c’est en effet tout un rapport au monde qui se trouve exposé crûment dans
leur participation aux déportations.
La Cimade et les autres n’ont jamais eu pour objectif la destruction des centres
de rétention, mais leur meilleure gestion : elles voudraient que tout se passe au
mieux, à défaut que cela se passe bien. Même s’il était possible de se placer de
leur point de vue, elles pourraient peut-être obtenir une diminution provisoire
des auto-mutilations, des suicides ou des révoltes, mais certainement pas des expulsions.
De plus, qu’est-ce que cela signifie que « tout se passe au mieux » ? Au
mieux pour qui ? Il n’est par exemple pas étonnant qu’on retrouve la Croix-Rouge
aussi bien à la tête de camps de rétention en Europe (Italie, Espagne), de zones
d’attente (aéroport de Roissy), de centres pour demandeurs d’asile (Belgique) que
de camps concentrant ceux qui fuient les guerres, la misère ou les catastrophes
écologiques un peu partout à travers la planète. Comme il n’est pas surprenant de
retrouver les spécialistes de la gestion des réfugiés comme France Terre d’Asile
ou Forum Réfugiés se tourner vers la cogestion de centres de rétention, qui renverront
ces mêmes indésirables à leur sort initial : d’un bout de la chaîne à l’autre
court le même fil invisible de la soumission à la politique des puissants, pourvu
que les apparences soient sauves et que rien ne change.
Lors d’une guerre, le rôle de ces entreprises humanitaires est ainsi de s’occuper
des survivants et des évacués (c’est-à-dire d’appliquer un pouvoir d’organisation
et de gestion sur la vie des autres – trier les pauvres pour les mettre dans les tentes, stipendier des interlocuteurs/médiateurs, distribuer la nourriture, organiser les
soins, etc.)… le tout sous contrôle de l’armée et de la police. Mais c’est aussi de
décourager toute rébellion et de fixer, pour mieux les contenir, ces mouvements
incontrôlés de population potentiellement dangereux pour la stabilité des Etats et
de l’exploitation des richesses locales. Les fils barbelés qui entourent ces différents
camps illustrent plutôt bien ce que signifie la « guerre humanitaire ». Sans jamais
combattre les causes et les raisons de ces désastres, elles s’occupent d’ « adoucir »
les immenses souffrances provoquées par les opérations en kaki. C’est l’autre face
du militarisme, celle qui donne une crédibilité à une grande partie des mensonges
racontés pour justifier les bombardements et les massacres.

En fin de compte, avec cet appel d’offre portant sur les « prestations juridiques
 » que l’Etat consent à apporter formellement aux prisonniers dans les
centres, on est bien dans une gestion démocratique des expulsions. Et la
tendance à l’industrialisation de ces dernières pour lier toujours plus contrat de
travail et durée de séjour (voir l’Italie, l’Espagne ou les accords entre la France et
le Gabon, le Sénégal, le Congo-Brazzaville, le Bénin et la Tunisie) n’y change rien.
C’est même précisément cet ensemble juridique matériel dans lequel sont pris les
sans-papiers, et nous aussi, qui fait fonctionner leur contrôle.
Comment en effet s’opposer réellement aux centres de rétention lorsqu’on défend
les droits qui l’encadrent (durée, procédures de reconduite à la frontière, assistance
légale, visites,…), ne serait-ce que pour simplement les réformer ? On ne peut
oublier que ces droits supposés, qui ne sont en réalité qu’une manière d’imposer un
modèle de pensée et de soumission, ont pour contrepartie des devoirs régis à coups
de matraque. On ne peut oublier que les centres sont légaux (et même légitimes
pour une grande partie de la population), et que se battre sans médiation contre
eux signifie donc aussi affronter la loi, le droit et finalement la démocratie, qui est
la forme actuelle de l’Etat. Lutter pour améliorer leur fonctionnement signifierait
qu’un autre capitalisme ou un autre Etat seraient préférables. Or, on sait bien par
expérience que l’idéologie du vote et de la délégation, une des bases de l’exploitation
démocratique, n’est que la marque du renoncement de l’individu à sa révolte.
Une révolte qui est de l’ordre du vécu, d’une tension irreprésentable, sinon justement
pour être domestiquée et intégrée par l’Etat et le Capital.

Les centres de rétention, un des rouages d’une machine à expulser qui a pour finalité
de renforcer l’exploitation et le contrôle sur les sans-papiers, et par ricochet
sur tous, ont plusieurs facettes. A l’heure où l’une d’elles se fait plus diffuse, et
donc plus atteignable par les bras et les coeurs non résignés, il serait opportun de
signifier à la fois notre dégoût et notre opposition à cette participation aux déportations.
Les six entreprises caritatives qui ont choisi de répondre à l’appel d’offre pour faire
des affaires avec les prisons pour étrangers se trouvent sur le chemin de tous ceux
qui pensent que les centres de rétention sont à détruire sans attendre. Les centres,
et le monde qui les produit : des entreprises qui les construisent aux architectes
qui les conçoivent, de celles qui leur fournissent la bouffe à celles qui les équipent
en appareils de contrôle, des lois qui les instituent aux flics qui les gardent, des
journalistes qui en taisent les finalités et les conditions réelles aux professeurs qui
les justifient, des réformateurs qui veulent les perfectionner aux humanitaires qui
les cogèrent.

Dans cette guerre sociale sans trêve, attaquons tout ce qui fait de nous des indésirables.

NB : Les bénéficiaires du premier appel d’offre, annulé en octobre 2008, ont été les mêmes
que ceux du second (rendus publics le 10 avril 2009). Le résultat de cette loterie des camps
est pour l’instant suspendu jusqu’au 7 mai, suite à un énième référé de la Cimade. Ces périphéries
judiciaires, qui ne feront au mieux que retarder l’installation de nouveaux collabos,
ne changent cependant pas la donne. Elles offrent même, a contrario, plus de temps pour approfondir
toute critique pratique contre ce volet supplémentaire de la machine à expulser.

Pour plus d’infos : loteriedescamps(at)riseup.net


« Que fait-on des gens qu’on veut
éloigner du territoire si on ne les
place plus en centre de rétention ?
Soit on a une conception plus
“libre circulationniste”. Soit
on pense qu’ils [les centres
de rétention] ne sont pas un
inconvénient car ils organisent
les flux. C’est mon cas. »

Olivier Brachet, directeur de Forum Réfugiés.
Le Progrès de Lyon, 11 avril 2009.

« Nous nous interdisons une
prise de position publique sur
la politique des gouvernements
quels qu’ils soient »

Alain Tonquedec, directeur de la communication de l’Ordre de Malte.
La Croix, 25 janvier 2009.

« Nous ne fonctionnons pas
avec des bénévoles mais des
professionnels, des travailleurs
sociaux formés au droit des
étrangers. La baisse des crédits
à l’intégration nous oblige à
reconvertir nos 110 salariés sur
d’autres missions »

Christian Laruelle, directeur de l’Assfam.
La Croix, 25 janvier 2009.

« Il convient d’instaurer un temps
de négociation individuelle sur
les modalités de réalisation du
retour forcé, et notamment de
développer des alternatives à la
rétention comme l’assignation à
résidence et la négociation du
départ. Le recours au placement
en rétention ne devrait intervenir
qu’en cas d’échec de ces alternatives
 ».

Cimade,
75 propositions pour une politique
d’immigration lucide et réfléchie
, 2007.

« En France on est gavé, on a
l’impression qu’on ne peut plus
circuler sans que tout le monde
nous surveille. Mais ce n’est pas
le cas de la majorité des gens sur
la planète. Beaucoup aimeraient
être surveillés par quelqu’un
qui s’occupe d’eux. On a une
vision de riches. Le progrès, ce
serait plus d’administration des
individus. C’est le seul moyen de
garantir l’équité ».

Olivier Brachet, directeur de Forum Réfugiés.
Le Progrès de Lyon, 11 avril 2009.


Informations pratiques

Ces listes ne sont pas exhaustives,
chacun est invité à les compléter et
à s’en servir.

CIMADE (LOTS 1, 4, 6)

- SIÈGE
64 rue Clisson (Paris-13e)
Tel : 01 44 18 72 67
01 44 18 60 50
(com) 01 44 18 60 56
- CENTRE INTERNATIONAL
80 rue du 8 mai 1945
91300 Massy
Tel : 01 60 13 58 90
- FONDATION DU PROTESTANTISME
(Recueille legs et dons pour la
Cimade)
47 rue de Clichy (Paris-9e)
Tel : 01 44 53 47 24
- LILLE
68 rue du Marché
Tel : 03 20 44 35 14
- LYON
33 rue Imbert Colomès (1e)
Tel : 04 78 28 47 89
- MARSEILLE
8bis rue Cathala (2e)
Tel : 04 91 90 49 70
- MONTPELLIER
28 rue du Fbg Boutonnet
Tel : 04 67 06 90 36
- PARIS
46 bd des Batignolles (17e)
Tel : 01 40 08 05 34
- STRASBOURG
13 quai Saint Nicolas
Tel : 03 88 36 94 56
- TOULOUSE
3, rue de l’Orient
Tel : 05 61 41 13 20

ORDRE DE MALTE (LOT 2)

Véritable multinationale politicocatholique,
elle est implantée dans
chaque département et possède
des dizaines de lieux (hôpitaux,
« maisons d’accueil », 4 instituts
d’ambulanciers, églises), délégués
et ambassadeurs. Faire un tour sur
son site est encore le mieux…

- SIÈGE
42 rue des Volontaires
75015 Paris
Tel admin. : 01 55 74 53 22
(coordinateur des délégués de
Paris) : 01 55 74 53 59
(com) : 01 45 20 93 78
(Institut ambulanciers) :
01 45 20 96 64

FORUM RÉFUGIÉS (LOT 3)

- SIÈGE
28 rue Baisse
69 612 Villeurbanne
Tel : 04 78 03 74 75
(directeur) : 06 15 05 25 23
(gestion) : 04 78 03 74 45
(com) : 04 37 57 19 78
(_ formation) : 04 37 57 19 85
- PLATE-FORME D’ACCUEIL
326 rue Garibaldi (Lyon-7e)
Tel : 04 78 37 36 35
- COSI – CENTRE D’INFORMATION
ET DE SOLIDARITÉ AVEC
L’AFRIQUE

(Entrain de fusionner avec Forum
Réfugiés)
33 rue Imbert-Colomès (Lyon-1er)
Tel : 09 62 11 69 32
- PARIS
Tel : 01 53 27 83 61

COLLECTIF RESPECT (LOT 5)

- SIÈGE
10 rue Bizerte
75017 Paris
Tel : 01 53 04 39 39
- SECRÉTARIAT
Tel : 01 48 40 59 29
- COORDINATION
Maryse Lechêne
Tel : 06 64 44 37 68
- COMMUNICATION
Didier Mouliom
Tel : 06 48 40 59 29

ASSFAM (LOT 8)

- PARIS
5 rue Saulnier (9e)
Tel : 01 45 23 14 28
5 bd Beaumarchais (Gennevilliers)
Tel : 01 47 98 20 56
25 rue Charles Tillon
(Aubervilliers)
Tel : 01 48 33 40 11
- NORD
6/8 rue des Jardins (Lille)
Tel : 03 20 55 65 81
17 rue Marengo (Dunkerque)
Tel : 03 28 66 85 05
- ISÈRE
21 rue Jacquard (Vienne)
Tel : 01 53 26 23 80
Centre social
Avenue C. De Gaulle (La
Verpillère)
Tel : 04 26 38 40 03
22 rue Jospeh Rey (Grenoble)
Tel : 04 76 46 10 29
- LOIRE
82 rue Gde Rue (Saint-Chamond)
Tel : 04 77 31 25 19
- RHÔNE
2 rue Thou (Lyon-1e)
Tel (siège) : 04 78 27 17 32
Tel : 04 78 27 57 27
2 rue G. Monmousseau
(Vénissieux)
Tel : 04 72 50 75 22
584 rue de Belleroche
(Villefranche/Saône)
Tel : 04 74 68 15 68

FRANCE TERRE D’ASILE (LOT 7)

- SIÈGE
24 rue Marc Seguin (Paris-18e)
Tel : 01 53 04 39 39
Tel (Format°) : 01 53 04 20 20
- SERVICE D’ASSISTANCE
4 rue Doudeauville (Paris-18e)
Tel : 01 53 26 23 80
- DÉPARTEMENT INTÉGRATION
2 rue Jules Cloquet (Paris-18e)
Tel : 01 53 06 64 20

MAIS AUSSI…

- TRANSPORTEURS
Sncf, Air France, Comanav et Comarit
(déportation par ferrys à partir
de Sète), Nedroma (cars qui transportent
les retenus de Palaiseau),
Carlson Wagonlit Travels (gestion
des billets avion/train des déportés
et de l’escorte),…

- CONSTRUCTEURS
Eiffage, Bouygues, Score SVBM
(extension/reconstruction de Vincennes
en 2006 et 2007) Bolloré
(reconstruction de Vincennes pour
2009), et tous leurs sous-traitants…

- HÉBERGEURS
Plusieurs hôtels du groupe Accor
servent de Zone d’attente (Ibis à
Paris Orly, Sofitel à Lyon St Exupéry
et en Polynésie), mais aussi Holiday
Inn (Calais) et Balladins (Bordeaux
Mérignac),…

- PRINCIPAUX FOURNISSEURS
Ils s’agit là des repas, de la literie
et de la blanchisserie : Exprimm
(ETDE, Bouygues), Gepsa (Cofely,
Suez-GDF), Avenance (Elior), Eurest
et Scolarest (Compass Group),…

- FINANCIERS
La Société Générale gère une carte
bleue pour ses clients, où 5 cents
sont reversés à l’Ordre de Malte ou
à la Croix-Rouge lors de chaque
paiement.


Texte anonyme diffusé sous forme de 4-pages dans plusieurs villes de France, Avril/Mai 2009.

Télécharger le PDF :
PDF - 254.8 ko
La Grande Loterie des Camps
Pour en finir avec les centres de rétention et le monde qui va avec