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Les chemins du vieux fleuve

(hydroélectricité, chimie, nucléaire)

lundi 18 juin 2012

Les centrales nucléaires ont besoin de beaucoup d’eau. Elles ont été construites, dans la région
Rhône-Alpes, au bord du Rhône. Elles se trouvent directement au bord du fleuve ou alimentées
par des canaux construits par la Compagnie Générale du Rhône. Pour imposer ses nuisances, sans
que ne se lève d’opposition dans les départements limitrophes du Rhône les populations ont été
circonvenues par la mafia du nucléaire. Ainsi, de nombreuses associations de la région reçoivent
des subventions alimentées par cette industrie “hautement technologique”. Les simulations et la
banalisation de l’accident par un flot d’informations contradictoires sont devenues la méthode
rodée de gestion sociale par la bureaucratie et ses alliés (les contre-experts et les assureurs des
uns et des autres). Les médias et les experts en ont orchestré la démonstration en juillet 2008, lors
de l’accident de la Socatri (75 kilos d’uranium déversé dans des canaux). Avec ses contre-experts
et des procès intentés grâce à une engeance citoyenne et... l’indemnisation des plaignants. Mais
est-ce qu’ils ont remédié aux maux causés à la nature détruite irrémédiablement ? Nous avons
permis que tout cela se produise et se répète encore en déléguant à d’autres les décisions qui
touchent pourtant à nos vies. Si nous ne sommes pas capables de nous imaginer une autre
existence et de nous battre pour la réaliser, alors il ne nous reste qu’à nous préparer à mourir dans
l’existence actuelle, tracée et imposée par d’autres logiques, loin d´une vie libre en dehors de la
société nucléaire.


Avec le lancement de l’usine d’enrichissement de l’uranium « Georges Besse 2 » le
démantèlement de « Georges Besse » doit commencer.

Un an après Fukushima, sur ce terrain bien balisé les nucléaristes veulent poursuivre le
développement de leur industrie de mort. À partir du 8 juin, l’usine Georges Besse 2 va
remplacer l’usine George Besse qui fournissait du combustible pour les centrales françaises,
européennes voire mondiales. Usines d’enrichissement d’uranium, elles sont au centre du
développement de l’industrie nucléaire française, mais georges Besse 2 est aussi conçue pour
répondre aux espoirs secrets du nucléocrate français qui rêve toujours de réaliser une filière à
neutrons rapides de quatrième génération . Elle va rejoindre les investissements somptuaires du
nucléaire français comme l’usine de retraitement de la Hague, par exemple, qui tourne à vide
depuis l’arrêt de Creys-Malville.

L’annonce d’un démantèlement exemplaire participerait à la propagande d’Areva. Les managers
d’Areva savent que c’est aussi sur le terrain du démantèlement que se joue l’avenir du nucléaire.
Mais ce sera comme pour la centrale de Brenilis un extraordinaire et dangereux bricolage. Encore
une fois, on met en jeu des éléments que l’on ne maîtrise pas : pour la première fois le triflorure
de chlore (Cl F3) sera utilisé à grande échelle. Découvert par l’industrie chimique allemande à la
recherche de gaz de combat, en 1931, il avait été écarté parce que trop instable. Au contact de la
peau, celui-ci peut initier la combustion des tissus vivants. Cet acide est, de surcroît, toxique, de
sorte que l’empoisonnement métabolique s’ajoute aux dégradations physiologiques causées par sa
nature ou son acidité. Fulgurant, il peut facilement échapper à tout contrôle. Il sera, n’en doutons
pas, accompagné « d’irradiations transparentes » pour les aménageurs de la survie administrée.
Le 17 janvier 2012, le délégué local à la propagande nucléariste, le directeur d’Areva Tricastin
Frédéric de Agostini, après avoir empêché que les discussions au conseil général ne portent sur le triflorure de chlore, a promis à la Commission d’Information auprès des Grands Equipements
Energétiques du Tricastin, que pour le démantèlement de Georges Besse : « Aucun intérimaire ne
sera habilité à intervenir avec le triflorure de chlore »
. La direction d’Areva, de son côté, fait
former des ouvriers pour intervenir avec le triflorure, cette substance qu’on ne sait pas maîtriser.
Moins d’un an après l’accident de Fukushima la caste des nucléaristes poursuit son
développement. Et l’on s’aperçoit au travers des résultats de leur avancée forcenée, que le seul
avenir que nous proposent véritablement ses membres est la survie en milieu contaminé. Ils
envisagent froidement de voir la société plongée dans des catastrophes cauchemardesques, plutôt
que d’accepter de voir l’industrie nucléaire engloutie par Fukushima.

Il est temps que ça change ! L’acceptation par les populations du nucléaire comme étant l’énergie
la plus sure est posée en principe. Mais l’industrie nucléaire, elle aussi, a ses pollutions. La
Drôme, sous domination des pollutions industrielles, défend pourtant son image de premier
département Bio de France. Désormais, les champs de lavandes Drômois seront aussi nettoyés
par le nouveau fluide super critique1. Ce nouveau fluide est utilisé par des ingénieurs du CEA
pour traiter les effluents échappés des usines nucléaires.

Les habitantes et les habitants peuvent baguenauder dans les trois parcs naturels régionaux qui
entourent la zone sous domination des pollutions industrielles et les forêts pourraient êtres livrées
au tourisme de masse, avec un label protection de la nature, dans le seul intérêt de laisser tourner
la nucléarisation du monde.

Apprenons à déjouer leur jargon, à échanger entre nous des informations.

"L’importance de la discussion réside dans le fait qu’il faut envisager la réalité du rapport de
force dans la lutte contre le nucléaire. "

Nous sommes toujours restés attentifs aux territoires qui sont dévastés...

Des complicités entre individus contre la dépossession et l’égoïsme collectif pourraient entraîner
une contre-offensive contre le nucléaire, il ne peut y avoir de lutte locale qui n’impliquerait pas
les autres oppositions à cause de la radioactivité incapable de respecter des frontières. Les luttes
amorcées contre la THT Normandie Bretagne doivent rencontrer celle du TGV LYON TURIN,
du doublement de la THT nord Pas de calais, celle du projet Penly, celle des stockages de déchets
mais aussi celle contre l’éolien industriel et l’implantation de centrales thermique etc.. Ces luttes
doivent être menées contre toute représentation politicienne, toujours prête aux compromissions
pour faire carrière. Dans la lutte antinucléaire il ne s’agit pas de choisir le moindre mal (centrale
thermique) ni l’illusion renouvelable (éolien solaire biomasse..) mais de s’attaquer à l’ensemble de
cette société capitaliste industrielle et de classe qui le justifie.

Le 08/06/2012
Des membres de la coordination contre la société nucléaire

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- CNT-AIT Boîte Postale 223 38405 St Martin d’Hères cedex

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Les chemins du vieux fleuve

[Tract trouvé autour de Valence et de Grenoble, juin 2012.]