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Nantes/Nddl : premières prises de distance avec les dégradations de locaux du PS

vendredi 9 novembre 2012

Ça y est, les premières déclarations de distanciation arrivent, suite aux cris d’orfraie de plusieurs responsables du PS (notamment Harlem Désir ou David Assouline) contre la dégradation d’une vingtaine de leurs locaux sur tout le territoire.
De la même façon que le préfet de région Loire-Atlantique, Christian de Lavernée, travaille sur place pour diviser les opposants entre « riverains, agriculteurs, qui forment l’opposition institutionnelle, et les activistes anarcho-libertaires », d’autres sont en effet en train de préparer le terrain de l’Etat à l’échelle nationale, à propos des sabotages et attaques solidaires décentralisées contre l’aéroport de Nantes et le monde qui va avec.
L’un des premiers objets de ces déclarations est donc de commencer par séparer le bon grain de l’ivraie :

- D’abord en tentant d’extraire les méchants du marécage de l’anonymat des attaques diffuses : nommer pour mieux identifier (avec une étiquette imaginaire comme « extrême-gauche », « ultra-gauche », etc.), identifier pour désigner, désigner pour isoler, isoler pour réprimer ;

- ensuite en les discréditant (insister sur le caractère « minoritaire » de ces « autres » revient non seulement à se distancier (c’est pas nous, nous on est avec le gros des troupes !) mais aussi à aider la police à se tourner du bon côté, c’est-à-dire vers cette « minorité » qu’il ne devrait pas être trop compliqué de réprimer une fois que ses contours artificiels auront été définis. Dans le même ordre d’idées, marteler le caractère « pacifique » de la lutte signifie que ces « autres » n’en font pas vraiment partie, et que l’Etat peut donc tranquillement s’en prendre à eux) ;

- et enfin, quant à ceux qui peuvent les trouver sympathiques, comme le lien n’est de toute façon que de type soutien « moral » avec « le mouvement », c’est-à-dire surtout pas celui d’un rapport de solidarité avec le pourquoi des actes incriminés, il s’agit là encore d’affirmer son extériorité aux faits plutôt que sa complicité avec eux. Dans ce cas, mieux vaut encore la fermer…

Mais après tout, quand le pouvoir recherche d’urgence des coupables, peut-il y avoir un autre objectif que celui de se distancier, lorsqu’on fait des déclarations publiques [1] dont l’objet n’est pas d’affirmer sa propre solidarité ?
C’est en tout cas d’une toute autre teneur que ces quelques mots envoyés aujourd’hui depuis la ZAD par « Quelques opposant-e-s plus déterminé-e-s que jamais ! » : « ça nous a fait et nous fait toujours très chaud au cœur d’apprendre les rassemblements de soutien, les stands d’infos lors d’un marché, les sabotages, les trous dans les vitrines des locaux du parti socialiste… surtout lorsque nous sommes dans une nasse policière. »


Les actes de vandalisme qui ont visé ces derniers jours des locaux du PS avec des inscriptions faisant référence au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes sont le fait d’« activistes d’extrême gauche » qui sont « minoritaires » dans ce combat, a dit mercredi Barbara Pompili (EELV). La coprésidente du groupe écologiste à l’Assemblée nationale était interrogée à l’émission « Questions d’Info » LCP/France Info/AFP/Le Monde sur cette série de dégradations contre des permanences socialistes.
(AFP, 07.11.2012, 18h23, « Actes de vandalisme anti-PS : le fait d’ »activistes d’extrême gauche")


Autrement dit, il y a une minorité d’activistes sur la ZAD qui vient de l’ultra-gauche. Mais les assimiler tous à cette origine militante est un spectre réducteur qui nie le soutien clé des paysans (ACIPA), la présence de militants associatifs et syndicaux, d’écologistes, voire même d’une minorité sans cesse croissante de gens qui ne sont pas engagés dans d’autres combats sociaux (…). Il se trouve cependant que la ZAD a depuis le début choisi un mode de résistance pacifique qui vise plus à retarder la progression des forces de l’ordre qu’à s’y opposer physiquement et à main armée.
(BreizhJournal, 7/11/12, « Trois questions qui fâchent autour de Notre-Dame des Landes »)


Des auteurs pas encore identifiés
Ils pourraient être soutenus dans le reste de la France par des collectifs de squatteurs ou des militants anticapitalistes. Du côté du collectif des « mal-logés acharnés », qui a fait parler de lui ces derniers jours pour avoir été expulsé à Paris d’un immeuble vide qu’il squattait depuis peu, on reconnaît un « soutien moral » au mouvement, par solidarité. Rien à voir donc avec les dégradations de ces derniers jours, dont les auteurs n’ont pas encore été identifiés.
(La Croix, 8/11/12 - 11 H 32, « Des locaux du PS dégradés dans toute la France »)


Repris des Brèves du Désordre.


[1Et qui plus est à des journalistes, c’est-à-dire à des porte-parole de la préfecture.