forumarticles Section Audio La Fanzinotheque brochures journaux nouscontacter Acceuil
Accueil > Articles > Repression et oppression > Paris : Compte rendu du deuxième jour de procès de la keufmobile brûlée, (...)

Paris : Compte rendu du deuxième jour de procès de la keufmobile brûlée, mercredi 20 septembre [mis à jour]

jeudi 21 septembre 2017

Jeudi et vendredi les audiences débuteront à 10h à la 16e chambre. La pression est mise dès l’entrée du tribunal où les gendarmes commencent à fouiller les sacs en plus de les passer dans les rayons X, à la recherche de stickers, de tracts et de parapluies qu’ils ont ordre de confisquer. Ces mesures bloquent l’avancement de la file et de nombreuses personnes venues en soutien se retrouvent coincées à l’extérieur, ainsi que quatre des prévenu-e-s qui n’ont pas de convocation et n’accèdent finalement à la salle qu’à 13h50.


L’audience s’ouvre sur l’appel des prévenu-e-s et parties civiles et le rappel des chefs d’inculpation et des rôles attribués à chacun-e.
Ensuite plusieurs avocat-e-s plaident des conclusions au fin de nullité. Tout d’abord ceux des deux personnes encore incarcérées plaident l’irrégularité du maintien en détention au titre qu’aucune décision écrite n’a été rendue suite à l’audience relai du 17 juillet.
Un autre avocat dépose des conclusions à propos de l’irrecevabilité de la constitution en tant que partie civile du syndicat de police Alliance, sur la base de jurisprudences qui précisent les conditions dans lesquelles un syndicat professionnel peut ou non se constituer partie civile.
L’avocate d’Alliance répond en contestant la recevabilité des conclusions, arguant qu’Alliance est partie civile depuis le début et que ça aurait dû être contesté plus tôt.
Les deux procureurs répondent chacun sur l’un des points abordés : les conclusions sur Alliance ne sont pas recevables et les mandats de dépôt sont valables.
Après un dernier retour des avocat-e-s qui répondent aux arguments du procureur, la cour se retire pour une petite minute avant de revenir. Il est décidé que les "incidents seraient joints au fond", c’est à dire que les décisions par rapport aux conclusions de nullité ne seront rendues qu’au moment du rendu du procès.
Une dizaine de flics d’Alliance occupent deux rangées au fond de la salle et font des commentaires, comme "ils veulent même pas se lever ces connards" (en parlant des gens qui rechignent à se mettre debout quand la cour rentre dans la salle), à quoi il leur est rétorqué "ta gueule".

Commence ensuite le résumé des faits par le juge. Lecture de témoignages de commerçants, projection de nombreuses vidéos et lecture de la déposition d’Allison Barthélémy, la flic passagère de la voiture brûlée, qui n’est pas présente.
Puis Kevin Philippy, le flic conducteur, est interrogé à la barre. Rires dans la salle lorsqu’il affirme que son adversaire le visait à la tête car il "voulait le mettre au sol pour l’achever".
Le juge continue ensuite le résumé de l’enquête, cite les auditions de personnes interpellées le 18 mai qui ne sont pas mises en cause dans l’affaire, ainsi que le témoignage du flic anonyme qui charge quatre des inculpé-e-s. Un avocat soulève que la chronologie n’est pas bonne dans le récit du juge, vu qu’il n’a pas encore parler des interpellations alors que les gens ont été arrêtés avant que le témoignage soit produit. Le juge se justifie en disant que c’est "pour que ce soit plus clair".

Une première inculpée est interrogée. Elle comparaît écrouée et est accusée d’avoir lancé un potelet sur le pare brise avant. Le juge cite ses auditions précédentes et commente les photographies dans le dossier, mais ça se termine assez vite face au refus de l’intéressée de s’exprimer.

Un deuxième inculpé est appelé à la barre. Il est accusé d’avoir frappé la voiture et un des flics avec une tige métallique. Il reconnaît les faits, les explique par la colère grandissante qu’il a ressenti en participant à des manifestations et en y constatant la disproportion de la violence policière, tout en les regrettant et s’excusant auprès du flic. Il est cuisiné pendant presque deux heures par le juge et le proc qui le confrontent avec d’autres vidéos de lui pendant cette manifestation (notamment celle de Thierry Vincent), pour essayer de démontrer qu’il s’est montré violent envers des flics à d’autres reprises.

Après une suspension d’audience, le juge fait un point sur le calendrier du procès. Il annonce que les débats commenceront à 10h jeudi et vendredi, et que le délibéré sera rendu vendredi 29.

Un troisième inculpé est ensuite appelé à la barre, accusé seulement d’avoir "participé au groupement". Il est questionné sur des éléments trouvés lors de la perquisition de son domicile, notamment une collection de casques, sur le choix de la marque de son blouson, sur le déroulement de la manifestation et le fait qu’elle soit interdite. La question de savoir quand il a mis sa capuche semble tenir à coeur au juge, qui montre une photo où dans un brouilli de pixels on est sensé le voir en train de se capuchonner. La salle râle mais, selon la phrase préférée du juge, "chacun appréciera". (on pensait que c’était plutôt son rôle d’apprécier si les preuves étaient correctes, mais bon..)

Le quatrième et dernier de la journée est appelé à son tour. Accusé des mêmes choses que le précédent, plus un refus de prélèvement adn. Un peu pareil, un objet est extrait des scellés afin de savoir si il s’agit d’une matraque ou d’un manche de pelle cassée, ça débat sur la présence de "gaz lacrymogènes" (on imagine qu’il s’agit d’une gazeuse) dans son domicile.
Réactions dans la salle par rapport à des photos qui sont sensées le représenter, il est flagrant que ce n’est pas lui d’autant que la personne sur la photo fume alors que lui-même est non fumeur. Son avocat s’insurge qu’il n’y a aucun élément objectif à charge. L’inculpé reconnaît sa présence à la manif mais pas à proximité de la voiture au moment de l’attaque, et pas masqué.

A 20h c’est fini, reprise demain à 10h pour les interrogatoires des quatre autres inculpés.

En parallèle deux personnes ont été interceptées par les flics à la sortie du tribunal puis embarquées dans une voiture banalisée vers une destination inconnue, peut-être pour avoir été vus sur les caméras en train de coller des stickers dans le tribunal.


Arrestations à la sortie du TGI, dans le cadre du procès de la keufmobile incendiée

Deux personnes ont été interpellées suite à l’audience du 20 septembre, possiblement accusés d’avoir posés des autocollants dans l’enceinte du tribunal.

Il semblerait qu’un petit groupe de personne se soit fait bloquer à la sortie du tribunal avec prise d’identités. Finalement deux personnes se sont faites immobiliser dans un coin de la cour ( pourvu de barreaux) avant d’être embarquer au motif de collage d’autocollant peut-être grâce à l’exploitation des images de vidéosurveillance. Une partie des gens présents ont réagi, tentant de bloquer la voiture qui les embarquait.

A plus nombreu-se-s et plus déter il aurait sans doute été possible de rendre l’arrestation plus difficile à gérer, ou ne serait-ce que ne pas les laisser faire leur sale boulot tranquilles.Retour ligne automatique
Plus d’info dès que disponible.

Liberté pour tou-te-s

[Repris d’Indymedia.]


Une GAV pour… quoi exactement ?

Jeudi 20 septembre on était parmi celles et ceux venus en soutien, lors du procès contre les 9 personnes inculpées de l’incendie de la bagnole de flic du Quai Valmy.

Après avoir glandé un bon moment dans la salle des pas perdus, alors que dans les salles à côté se déroule le triste spectacle de la Sainte Inquisition Républicaine, nous allons vers la sortie du Palais. Nous sommes quatre quand les gendarmes nous interpellent. Deux compagnon-nes sont relâchées après un rapide contrôle d’identité tandis que les gendarmes contactent le commissariat afin que les bacqueux viennent en renfort pour nous embarquer. Direction le poste de police des Halles, où des flics blasés cherchent, avec difficulté, à nous coller une accusation quelconque, sous la visible pression d’une Proc’ qui n’en revient pas que l’on puisse coller des autocollants dans cette forteresse étatique qu’est le Palais de Justice de la capitale .

Alors, nous accuser de dégradations pour des autocollants (auxquels s’ajoutent des tags au marqueur quand il trouvent des poscas dans un des deux sacs) c’est un peu ridicule, même si l’un de nous aurait été filmé en train de le faire. Du coup tout se joue sur le contenu du (joli !) autocollant en question : puisque on y voit une bagnole de flic en flamme (avec le slogan « larbin de l’état ça va chauffer pour toi » ) . Voilà l’incitation à crimes et délits, dans le cas précis : incitation au meurtre.

Bon, la nuit dans la geôle passée tranquillement, le matin du jeudi nous sommes transférés dans un autre poste de police, où des OPJ zélés nous ferons l’audition tant demandée par la Proc’. Et on s’est bien fendu la gueule en découvrant qu’il s’agit du fameux poste de police de la rue des Bon Enfants (oui ! Celui d’Emile Henry ! Des flics y sont encore : faut refaire le boulot…).

Donc, quelques menaces de prolongation de la GAV pour l’un de nous à cause du refus de donner ses empreintes, puis de tout les deux, suite à une perquisition ratée (les flics ne se sont pas épargnés une longue course en trombe jusqu’à la banlieue nord, pour découvrir à l’arrivée, devant une porte fermée… qu’ils avaient la mauvaise clef ! Probablement la recherche d’autocollant ne justifie pas le fait de la défoncer, surtout à main nues… et surtout si elle a l’air costaud)… Mais la prolongation de la GAV n’arrive pas et, plus soulagés que nous, ils nous foutent dehors après 24 heures.

La proc ordonne la saisie de deux Poscas et du téléphone d’un des compagnons (pour faire chier, quoi). Nous pouvons regagner fissa le TGI, juste à temps pour soutenir le compagnon Krem qui était interrogé à ce moment là, et qui nous a foutu la pêche, avec une attitude insoumise et cohérente .

Nous sommes dans l’attente d’une très hypothétique convocation pour une improbable procédure judiciaire pour… quoi au juste ?

Quelques petites remarques sur une GAV assez anodine :

l’accusation : la Proc semble chercher tout prétexte pour faire chier, même les plus improbables .
Nous retenons une chose : à l’instar des accusations régulières constatés ces derniers mois, quand la justice ne trouve aucun fait tangible à reprocher, elle engage des poursuites relatives au contenu ( à savoir les écrits et messages partagés et diffusés par des tracts, brochures, stickers, affiches, publications virtuelles, ect… ).
Oui, on peut toujours refuser de donner ses empreintes – et c’est une bonne habitude. Les menaces des flics en mode « comme-ça ta garde à vue sera reconduite » valent pour ce qu’ils sont : des mots. Et même dans le cas ou la GAV serait prolongé, 24h pour éviter d’avoir ses empreintes/adn fichés, ça vaut le coup !
Oui, même une perquise peut foirer ! Ne jamais perdre la pêche, ne jamais se laisser faire !

…et bien sûr : ne rien déclarer est toujours un bon choix.

Merci beaucoup aux personnes qui, dans la cour du palais de Justice, ont essayé de bloquer la voiture de la BAC qui nous amenait, en s’interposant.

On est sorti encore plus vénères et déter.

Nous pensons, tout simplement, que face à la répression, c’est important (même si parfois ça peut paraître difficile) de ne pas faire de pas en arrière, mais bien des pas en avant !

Solidarité avec Kara et Krem

Liberté pour tou.te.s

[Repris d’Indymedia.]