Non Fides - Base de données anarchistes

« O gentilshommes, la vie est courte, si nous vivons, nous vivons pour marcher sur la tête des rois. »

Accueil > Articles > Sur l’Anarchisme > Paris : La révolution est-elle un mirage ?

Paris : La révolution est-elle un mirage ?

lundi 13 mai 2019

A la suite d’un groupe de lecture autour du texte Vers les mirages, publié en 1911 dans le journal L’anarchie, écrit par Le Rétif (alias Victor Serge), il nous a paru intéressant de poursuivre les réflexions proposées par ce texte dans le cadre d’une discussion publique.

Le Rétif, dans un style très lyrique, critique radicalement les mirages que tout le monde poursuit dans ce monde et y inclut les illusions dans lesquelles de nombreux révolutionnaires tombent, notamment celle de l’attente de la Révolution, incarnée par le Grand Soir. Il amène à se poser la question du rapport des révolutionnaires à la Révolution. Est-ce quelque chose auquel on croit, qu’on espère, qu’on fait advenir, qu’on théorise, qu’on programme ? Est-ce un simple mirage qui nous empêche d’œuvrer à vivre libre ici et maintenant ? Le Rétif, bien que critiquant radicalement le sacrifice de la vie présente, réelle et sensible au nom des lendemains qui chanteront peut-être, ne considère pas pour autant l’alternative comme une possibilité émancipatrice, comme un moyen de gagner la liberté.

Se demander ce qu’on attend pour être libre, c’est aussi réfléchir à ce qui nous empêche de vivre libre et peut-être comprendre que la liberté ne peut se trouver dans un « en dehors » de ce monde qui ne serait qu’une illusion et qu’il range dans la même catégorie que les arrières mondes des croyants. Vers les mirages montre assez pertinemment comme il est facile de croire avoir résolu toutes les questions révolutionnaires en pensant avoir trouvé comment s’organisera la société future, un nouveau paradis pour remplacer les paradis déchus de la religion, et comment on accèdera, ou comment on peut déjà accéder à cette société.
Un mode d’emploi théorique précis qui attend simplement qu’une main d’œuvre le mette en place et qui en vient à réduire la liberté à un triste ensemble de mots d’ordres que l’on pourrait énoncer.
On commence là un cycle tenace de discussions sur la question révolutionnaire qui se poursuivra au fil des prochains programmes en fonction des occasions et sous divers angles.

Rendez-vous le dimanche 19 mai à 18h aux Fleurs Arctiques.

  • Permanences : vendredi de 16h à 19h et dimanche à partir de 15h
  • Ciné-club : mardi à 19h
  • Groupes de lecture : dimanche à 16h

[Repris du blog des Fleurs Arctiques.]

Télécharger le programme de mars à mai 2019 en A3 pour impression