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Paris : Restons inorientables et ingérables !

Jeudi 23 novembre 2017 à19h : Discussion autour du projet de réforme de la sélection àl’université

mercredi 22 novembre 2017

De la maternelle àl’université, jusqu’au tombeau, l’école cherche ànous adapter àce monde, ànous faire accepter la place qui nous y est réservée, ànous caser làoù on sera le plus rentable. Cet objectif, on voudrait nous le faire intégrer sous le nom de réussite. Et pour qu’on réussisse, on nous oriente. Pour ne pas perdre de temps et d’argent, on nous sélectionne et on veille ànous éviter l’échec et le redoublement. L’État et ses algorithmes savent ce qui est bon pour nous. C’est bien ça la réforme des universités : faire passer sans douleur un pas de plus dans la bonne gestion du matériel humain que constitue une « population  » àmettre au travail et àdomestiquer, en rentabilisant tous les moments de la vie. ça s’appelle aussi « valoriser les compétences de la maternelle àl’insertion dans le monde du travail  » (comme l’indique le Livret de compétences).

Contre cette logique, depuis le mouvement contre la loi Devaquet en 1986, divers mouvements lycéens et étudiants ont eu lieu, qui ont été sans doute les plus vivants de ces dernières décennies. Des formes de refus et de révoltes se manifestent au quotidien de manière diffuse dans le contexte tendu où l’état d’urgence a été inscrit dans le droit commun.

Aujourd’hui on voudrait tous croire qu’il va se passer quelque chose. Les gauchistes s’agitent, les syndicats étudiants se mettent en ordre pour une bataille qu’ils s’apprêtent encore une fois àne pas mener. D’autres commencent ànous seriner que l’insurrection vient en nous faisant croire que l’insurrection, c’est affronter la police deux fois par semaine dans des rituels vains.
Soyons àla hauteur de la situation. Ne nous laissons pas orienter, gérer, que ce soit par l’État, par les syndicats ou par les vendeurs de soupe insurrectionnelle.
Comprendre enfin que ce qu’il se passe autour de ces questions concerne tout le monde, qu’on soit àl’école ou pas.
Cesser de valider les catégories qui nous étouffent et ont perdu leur sens depuis longtemps (comme la séparation absurde entre étudiants, travailleurs, chômeurs, précaires…).
Ne pas s’en tenir àun affrontement spectaculaire et ritualisé avec la police.
Puiser dans le mouvement qui va peut-être commencer de quoi dépasser tout ça et rendre effectif notre refus commun de ce monde.
Voilàce qu’on propose de discuter le 23 novembre.

Restons inorientables et ingérables !

Jeudi 23 novembre 2017 à19h aux Fleurs Arctiques, une bibliothèque pour la révolution, Paris 19e.

[Repris du blog des Fleurs Arctiques.]