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Paris : Une manif de la gauche pouet-pouet se transforme en balade anti-état d’urgence [MAJ Premiéres convocations et gardes à vues]

mardi 24 novembre 2015

Dimanche 22 novembre 2015, une manifestation de solidarité avec les migrant-e-s était appelée pour 15h, place de la Bastille à Paris.


En cette période d’état d’urgence, ayant mené la préfecture de police à interdire toute manifestation en Ile-de-France, on n’était vraiment pas sûr-e-s qu’il y aurait du monde à la manif. Sur la place de la Bastille, une foule compacte est pourtant rassemblée aux alentours de 15h20, il y a plusieurs centaines de personnes. Des slogans sont entonnés ici et là, notamment "De l’air, de l’air, ouvrez les frontières !" du côté du NPA. Le bruit court que des "responsables" du NPA ont négocié avec la police l’autorisation de rester sur la place en mode rassemblement. Mais il y a un enjeu réel à ne pas se laisser mener à la baguette par l’état d’urgence et ses multiples mesures sécuritaires (comme il y a dix ans, où des manifs avaient eu lieu un peu partout en France contre l’état d’urgence).

Vers 15h45, quelques personnes (anarchistes et autres) impulsent un mouvement pour partir en manifestation sauvage. Une banderole ouvre la route, on a quelques doutes sur le fait qu’on sera suffisamment nombreux-euses à bouger, c’est pas comme si l’État n’était pas en mode bourrin ces derniers temps… Pourtant, pas mal de monde semble motivé pour partir en manif. Quelques flics anti-émeute essayent de nous bloquer à l’entrée du boulevard Richard-Lenoir tandis qu’une partie des gens restent statiques sur la place de la Bastille. On contourne les flics et on avance, ça commence à s’activer et à courir un peu, hop on tourne direction boulevard Beaumarchais, aux cris de "So-so-solidarité avec les réfugié-e-s" ou "avec les sans-papiers" (l’utilisation de tel ou tel terme n’étant pas anodine, avec l’idée de se solidariser avec toutes les personnes sans papiers, y compris celles qui ne bénéficient pas du statut de réfugié-e).

Sur le boulevard Beaumarchais, on s’aperçoit rapidement que la plupart des gens qui étaient sur la place de la Bastille ont décidé de partir en manif sauvage, ce qui nous réchauffe le cœur. On se sent fort-e-s, on sent aussi que braver l’état d’urgence semble une nécessité pour beaucoup de monde. L’unité nationale et la répression qui va avec, très peu pour nous ! Les flics continuent d’essayer de nous bloquer, on s’attend à ce qu’une nasse policière se mette en place, donc on ne traîne pas. À deux ou trois reprises, quelques dizaines de flics anti-émeute essayent en vain de nous stopper, ils sont comme submergés par la foule qui avance. Des coups sont échangés, les flics gazent dans le tas mais reculent à chaque fois. On fait circuler le sérum physiologique pour les copains-copines qui ont les yeux qui piquent, et on avance, les slogans se multiplient ("État d’urgence = État policier" et "Flics, porcs, assassins" notamment). À ce moment-là, on a l’impression que tout le monde de la place de la Bastille a rejoint la manif, on est peut-être un millier en tout, et même si les flics arrivent peu à peu en très grand nombre (plusieurs camions et des dizaines de flics anti-émeute qui arrivent par derrière et sur les côtés), la manif sauvage continue dans la rage et la joie sur les boulevards des Filles du Calvaire et du Temple jusqu’à la place de la République, où sont rassemblées des centaines de personnes (et des dizaines de journalistes) en commémoration des victimes des attentats du 13 novembre.

En arrivant sur la place de la République, on crie "Liberté !" à la façon des migrant-e-s enfermé-e-s dans les centres de rétention, comme pour montrer que la fermeture des frontières est tout sauf une solution.

On continue de bloquer la circulation du côté du boulevard du Temple et de la rue du Temple, tout en se mêlant à la foule présente sur la place de la République. Bonne ambiance, cette manif sauvage aura été rapide et efficace puisqu’aucune arrestation n’est à déplorer.

Il y a déjà et il y aura d’autres manifestations interdites. Ne baissons pas les bras. La période est difficile, compliquée, pénible, et justement à cause de cela, continuer de lutter est nécessaire.


MAJ 24/11/2015

Ce midi j’ai trouvé dans ma boîte aux lettres une feuille volante indiquant : "procès-verbal de convocation en vue d’une audition libre".
Il est précisé "que dans le cadre de l’enquête susvisée,(je suis) soupçonné d’avoir commis ou tenté de commettre l’infraction de violation d’une interdiction de manifestation prise en vertu de l’état d’urgence."
Je suis convoqué cet après-midi au 27 boulevard bourdon, Paris 4ème.
Je ne vais pas m’y rendre ; et j’invite tous les gens concernés à en parler pour ne pas se retrouver seul face à cette situation et envisager une réponse collective (a priori 58 personnes identifiées selon la presse).

Salut à tous !

[Repris d’Indy Nantes.]

Rappelons un vieux proverbe de Confucius : « Si jamais police convoque, jamais je n’y va ».


Suite à la manifestation interdite de soutien aux migrants de dimanche 22 novembre, la presse avait annoncé que 58 personnes avaient été identifiées par la préfecture de police et balancées au procureur. Mardi matin, un certain nombre de personnes ont reçu une lettre de convocation en audition libre.
Nouvelle assemblée en solidarité avec les migrants·es et les convoqués·es suite aux récentes gardes-à-vue, ce mercredi soir, à 19h au CICP, 21ter rue Voltaire, métro Rue des Boulets.
Au moins deux GAV au commissariat Riquet pour des personnes convoquées ont eu lieu Mercredi 25 novembre. Une personne déférée.
[…]
(source : pourris-lutte)