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« O gentilshommes, la vie est courte, si nous vivons, nous vivons pour marcher sur la tête des rois. »

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Ravachol pas mort !

mardi 6 mars 2012

Notre camarade François Claudius Koenigstein vient d’être le héros d’un exploit dont nous ne pouvons que nous réjouir : quatre-vingt-trois ans après sa mort, notre camarade (que nous avions tous pris l’habitude d’appeler Ravachol) a en effet réussi à s’évader du service de neuropathologie de l’hôpital de la Salpêtrière, à Paris, déjouant la vigilance du professeur Escourolle.

Celui-ci gardait dans un placard de son laboratoire un bocal où la tête de notre camarade était conservée dans le formol. La demi-tête, plutôt, puisqu’elle fut fendue dans le sens de la hauteur après son exécution, en 1892, afin de permettre l’étude des circonvolutions cérébrales d’un militant révolutionnaire : depuis l’époque, et les lubies du professeur Lombroso, qui rêvait de découvrir le germe de l’anarchie dans les tares congénitales, la « science » officielle n’a guère progressé — n’est-ce pas, messieurs les neurologues qui avez demandé à ouvrir le crâne d’Ulrike Meinhof, il y a 18 mois ?

Saluons donc Ravachol, qui a réussi à s’évader de son bocal, et des griffes du professeur Escourolle. Regrettons simplement que, dans son bref moment de liberté, il ait choisi une si mauvaise compagnie : de louches individus qui, sous prétexte que « c’était sa place », l’ont persuadé de chercher asile… au Panthéon !

Notre camarade, ignorant que la police de Ponia entrait partout, s’est laissé cueillir sans résistance, le 2 avril, au petit matin. Il est actuellement gardé à vue au commissariat du 5e arrondissement.

Extrait de La Lanterne Noire n°3, juin/juillet 1975.