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Réponse ouverte à Dante Timélos/Léon de Mattis à propos de « Sans fleurs ni couronnes » et CADECOL [Mise à jour]

mardi 19 janvier 2016

Alors qu’une critique de la critique, signée Dante Timélos est parue ici et nous est parvenue par mail, il nous semble nécessaire de mettre au point quelques manques de rigueur et d’honnêteté au sein des deux textes. Tout d’abord, « Aux anonymes de Bagnolet et à leurs amis » nous attribue des amitiés fictives, mais Dante Timélos semble mieux exceller dans son rôle de juriste que dans celui de flic. Tout cela visiblement sans étude de la question, et sans aucune finesse d’approche. Additionné à une campagne de calomnie (qui n’a rien à voir avec Dante) contre notre site sur différents médias -et principalement sur Indymerdia Nantes*- qui nous accuse sans aucun autre fondement que la délation, de telles ou telles attaques contre le Parti des Indigènes de la République, ou encore d’être une gigantesque nébuleuse qui appartiendrait à un complot sioniste dont Yves Coleman (sic) et la CNT-AIT (sic) seraient les maitres d’œuvre, le tout dans un silence de mort de l’ensemble du milieu "libertaire/radical" bien trop occupé à se décomposer, nous avions envie de répondre un peu. C’est agréable de se sentir si importants, mais nous n’en reprendrons pas, merci.


« Leurs amis » semble donc se référer à nous, voila pourquoi nous nous permettons ces quelques lignes rapides pour répondre à cette méprise et en profiter pour ajouter quelques mots et clarifier des positions, qui visiblement, semblent en avoir particulièrement besoin en ce moment. C’est à se demander si « on » ne lit plus du tout, ou si « on » lit mal…

Le texte « Sans fleurs ni couronnes » est donc « un article publié sur Indymedia Nantes et repris sur le site de Non Fides, à moins que ce ne soit le contraire », c’est ça, c’était le contraire mon grand !
Tant qu’on y est, il n’y a pas de site de Non Fides, il y a un site, et il s’appelle Non Fides ; aussi vrai que « les reproches adressés à Dante Timélos peuvent également viser Léon de Mattis (et inversement) ». Mais nous saluons la caisse CADECOL de donner tant de cas à l’Individu Léon de Mattis, car en effet, comme ce fut relevé à Bagnolet, c’est « un peu comme si l’auteur d’un bouquin titré "Mort à la démocratie" donnait une interview à une grande radio d’Etat pour en faire la promotion ». Ce serait absurde, n’est-ce pas, pour de tels défenseurs de la critique de l’individu… qu’un individu nominé continue de faire carrière sur le dos de CADECOL (ou de la critique révolutionnaire, certes pertinente, de la démocratie). Certainement que certains préfèrent feu le Léon de Kalimero que le Dante de CADECOL, qui sait ? Peu importe (et inversement).

Si de nombreuses personnes se sont toujours amusées à chercher les auteurs de textes anonymes, et que d’autres se sont toujours amusés à fétichiser cet anonymat (ce qui est anonyme "appartiendrait à tous"… pouet pouet !), nous ne sommes ni de l’une ni de l’autre de ces écoles religieuses. L’anonymat comme la signature ont chacun leurs usages et leurs raisons d’être, l’important est de ne pas fétichiser ces moyens, et aucun autre d’ailleurs. En tout cas, ce texte est bien un texte anonyme, et non "un texte de Non Fides" comme on a pu le lire à droite à gauche. Voici donc quelques points en vrac (fallait pas nous lancer cher Dante !) pour expliquer pourquoi nous réfutons publiquement l’assignation à ce texte (si nous étions en accord total avec, et en désaccord total avec ta critique, nous n’aurions pas répondu) :

- Si nous devions écrire une critique de la caisse CADECOL, nous ne le ferions pas en reprenant d’Indymedia, mais en publiant directement sur notre site. La critique n’est pas pour nous une pratique clandestine qui profite de l’anonymat, mais une confrontation plus ou moins bienveillante, qui peut tout aussi bien s’exprimer en vis-à-vis. Alors que nous ne sommes pas certains que certains arguments et tonalités des bagnoletais ne seraient employés en vis-à-vis. Nous ne sommes pas de ceux (jolies curiosités freudiennes) qui draguent les gens en face et les défoncent aussitôt retrouvés leurs claviers.
Dans d’autres pays (qui servent pourtant tant de modèles), les critiques sont exprimées avec un nom et un prénom à la fin pour les assumer (à moins que l’objet critiqué soit lui-même anonyme et que son identification ne soit dangereuse pour lui, ce qui n’est pas le cas ici), ce que tu as le mérite de faire, Dante. Premier point donc.

- Deuxième point : si nous voulions critiquer la caisse CADECOL, nous ne l’aurions pas fait en passant par quarante chemins caillouteux et arguments de traverses, sous le prétexte que l’ouvrage de la caisse ait été publié par Syllepse ou quelconque autre prétexte de slalomeur du dimanche. Si il fallait critiquer chaque petit éditeur gauchiste qui publie de la merde d’en face comme Syllepse, nous n’aurions plus assez de temps pour dormir. Alors qu’une critique de la démarche de CADECOL (dans les « règles de l’art ») peut apporter bien plus, surtout si elle ne s’égare pas (dans la critique lourdingue de son éditeur ponctuel…). Mais, plutôt, qu’elle parte du principe que CADECOL est un outil de bonne foi pour ses usagers (bien que beaucoup de divergences nous séparent nettement), et qu’elle même soit de bonne foi.
Entendons nous bien, le choix de cet éditeur peut et doit être critiqué, mais c’est un minuscule détail, et l’épingler de la sorte ne fait que faire soupçonner de la vacuité de tout ce qui ne s’exprime pas explicitement dans le texte, mais que tout le monde peut lire. Cette sournoiserie ne fait pas partie de notre éventail de rapports au monde acceptables, comme nous l’avons expliqué dans un premier point. Généralement, on s’accordera à dire que dans nos textes, il ne faut pas attendre la troisième page pour comprendre de quoi l’on parle vraiment. Dit plus vulgairement, ça s’appelle tortiller du cul.

- Troisième point : les livres et l’argent…, éternel prétexte à la calomnie pour éditeurs jaloux. Accuser CADECOL de « commercialiser » et « marchandiser » ce livre nous parait ridicule, c’est un peu comme accuser quelqu’un de payer un loyer, c’est facile quand c’est anonyme, et c’est surtout idéologique, romantique et binaire. Certains d’entre nous participent également à des projets d’édition (anarchistes), et lorsque nous écrivons et maquettons un livre, que nous le déposons dans des librairies et que nous lui fixons un prix (qui en effet, ne sera jamais « libre »), nous pourrions être accusés du même mal (puisque les termes sont posés de façon morale…) que CADECOL, ou, par exemple, Ravage Editions, Mutines Seditions, et d’autres qui éditent également des livres qui ont un prix, qui sont vendus en librairie, le tout dans un but strictement non lucratif de diffusion de contenus. Car précisons-le tout de même, ni ces éditeurs anarchistes ni CADECOL, nous en sommes certains, ne se sont mis un seul rond dans la poche. C’est généralement tout le contraire. Aussi, nous sommes certains que le/les auteur/s du texte, si tant est qu’il ne lui arrive jamais lui-même d’éditer des livres et de les « commercialiser », a au moins eu l’occasion à de nombreuses reprises de profiter de bouquins, si l’on en croit son amour exhibé pour les citations littéraires. Et, grande nouvelle, sous le règne du capitalisme, produire un bouquin n’est pas gratuit. Nous ne voyons aucune raison morale à la con, partant de là, que cela ne coute qu’à ceux qui les produisent et jamais à ceux qui les consomment. Comme semble/nt le rêver le/les consommateur/s anonyme/s de Bagnolet. Sur ce point, nous citerons un texte publié récemment sur notre site et que nous partageons :

[…] Le fétichisme de la « gratuité », [est] souvent confondu avec la liberté par quelques esprits simples ou confus. Mais la liberté pour nous n’a pas de prix, même pas de prix « libre », elle n’est ni gratuite ni payante, elle est acommerciale et inquantifiable. Le prix qu’il faut payer pour obtenir un exemplaire de cette revue ou d’une autre ne rendra personne libre, quel qu’il soit, il a pour seul but de permettre à ces publications de perdurer en toute modestie, cela dans le cadre de compromission permanente dans lequel nous sommes déjà tous forcés de vivre au quotidien. […] Tout d’abord, et prosaïquement, une revue comme celle-ci nous coûte terriblement cher. Et il sera toujours plus facile de la lire ou seulement de la posséder que de la produire et la concevoir, mais cela ne devrait pas, égoïstement, pousser un lecteur à se plaindre de son prix comme du prix de son nouveau smartphone. Parce que nous ne sommes pas Apple d’abord, mais aussi parce que ce pauvre bout de papier plein d’encre n’a pas pour vocation d’être consommé, et il n’est pas périssable comme une donnée virtuelle ou un outil high-tech à l’obsolescence programmée. Nous avons tous déjà vu des gens venir à des événements de soutien, et se faufiler vers la caisse pour y glisser quelques pièces en cuivre en les faisant bien sonner pour faire illusion, souvent avant de trouver refuge auprès des stands éthyliques qui leurs semblent plus appropriés pour leurs billets que la caisse de soutien [1]. D’autres consacrent leur vie, leur sueur, leur sang et leur liberté à cette projectualité d’insoumission, contre cette attitude libérale (dite « libertaire » !) véhiculée aux quatre coins du monde capitaliste (le même « je fais ce que je veux et je t’emmerde » que le riche et le puissant).

Cette revue n’est pas le produit de cette (absence de) pensée aux oripeaux consuméristes, mais d’une pensée qui se fixe pour objectif le développement et la réalisation du projet révolutionnaire en rupture avec ce monde et ses logiques libérales. Parce que nous ne réalisons évidemment aucun profit avec cette revue, et qu’elle n’est en rien un objet de consommation dont on pourrait négocier ou discuter le prix. Nous ne sommes pas des commerçants et nos lecteurs ne sont pas des clients. Il n’y a pas de garantie, pas de service après-vente, satisfait ou remboursé, de réductions, de grands jeux-concours ou d’échantillons gratuits. Il y a par contre des rapports de réciprocité intersubjectifs soumis au minimum de compromis que nous avons acceptés pour que ce projet survive, c’est-à-dire un tarif à la hauteur de sa production physique. Faute d’un autre monde, car, comme la plupart de celles et ceux avec qui nous souhaitons détruire ce monde, nous sommes pauvres, et nous n’avons pas prévu de ne plus l’être un jour. Cette revue coûte donc à ses lecteurs le prix qu’elle a coûté à ses auteurs. Elle coûte à ceux qui en ont les moyens ce qu’elle nous coûte lorsque nous la distribuons « gratuitement » à ceux qui n’en ont pas les moyens.
Personne n’est obligé de la lire ou de l’acheter. Chacun peut choisir d’acheter plutôt un paquet de cigarettes, un Happy Meal ou un robot-mixeur. Chacun juge de ses priorités selon son rapport au monde et ses perspectives. Si cette revue est trop chère pour toi, alors tant pis, tu t’achèteras un autre produit à la place, une brosse à chiotte par exemple, si le rapport qualité/prix te satisfait mieux. Avoir le choix, ce n’est pas ça la liberté ?
Que chacun se fasse donc à l’idée que nous ne répondrons plus aux questions de type « UFC Que Choisir ».

A ta façon, Dante, étonnamment, tu dis exactement la même chose. On va presque croire qu’on vit sous la même dimension. Nous y reviendrons plus tard.

- Si nous devions critiquer CADECOL, nous le ferions sur la base de ses contenus, non pas sur de pareilles sottises de mauvaise foi et dans une logique concurrentielle de chapelle (on voit apparaitre des citations d’une caisse parisienne concurrente, la ficelle est énorme…).

- Le texte « Sans fleurs ni couronnes » porte cependant quelques arguments de fond que nous partageons, et c’est pour cela que nous l’avons publié (sans enthousiasme, mais en conformité avec la ligne éditoriale de notre site qui ne punit pas systématiquement la mauvaise foi, afin de ne pas bannir la subjectivité, ou par tolérance stylistique). Concernant CADECOL, nous aurions critiqué ses méthodes qui n’apportent, par rapport à d’autres caisses, que l’"avantage" d’enrichir une profession, celle du barreau. Une profession que nous méprisons. Ce qui n’est pas le cas des participants à CADECOL, dont nous critiquons la démarche sans aucun mépris, contrairement à/aux auteur/s du texte qui semblent vouloir régler de vieux comptes que nous n’avons pas (encore une différence).
Ensuite, parce que CADECOL a fait de toutes les défaites du mouvement révolutionnaire un axe de lutte pseudo-victorieux. Elle représente un recul extra-ordinaire des exigences des révolutionnaires d’aujourd’hui, surtout lorsque l’on sait qu’elle est née comme une scission de la caisse Kalimero (sur le schéma inverse des scissions bakouninistes de la première internationale, pour résumer avec un peu de second degré), qui elle n’a jamais bradé ses perspectives sur l’autel de l’audibilité au sein de l’extrême-gauche. Quoi qu’on en pense par ailleurs.
La fétichisation mystico-matérialiste de CADECOL du prétendu « mouvement social » (c’est quoi ce truc au fait ?) doit être critiquée aussi, surtout lorsqu’elle ne sert que le but de s’éloigner de la question carcérale pour devenir de vulgaires spécialistes de la garde-à-vue de masse. Une logique de legal team, en quelque sorte, que nous avons maintes fois critiqués ici.

- Les guides juridiques sont des horreurs qui piquent les yeux et s’attaquent radicalement à tout ce qu’il peut y avoir de beau dans cette vie, et les guides pratiques du milieu, en général, sont leurs petits frères de misère. Un autre texte (qui lui n’était pas repris d’indymedia, vous suivez ?) disait :

Il y a cette forme de pensée, qui se vit comme rationnelle, qui pense que chaque nœud se défait de la même manière. A l’ère cybernétique, il y aura toujours une page wikipedia pour nous expliquer ce qu’est une chose, pour nous indiquer comment faire ceci ou comment faire cela de la manière la plus valide. Pas étonnant donc, que dans le petit milieu radical, fleurissent en permanence des « guides pratiques » : comment squatter, comment se comporter en garde-à-vue, comment paperasser, comment voler, comment aimer ou comment baiser. Chacun de ces guides, qu’il le prétende ou non, tend à créer un monopole de la manière de faire, une nouvelle norme. Ils tendent à créer l’illusion qu’il n’y a qu’une unique manière qui soit efficace (donc souhaitable, dans l’esprit du temps…) et qu’il faudrait reproduire perpétuellement. Rien d’étonnant à ce que ce milieu soit à l’image du monde qui le produit et lui donne sa raison de vivre. Et si, pour parler le langage immonde de l’époque, le premier résultat d’une recherche google serait le meilleur, le plus « prouvé scientifiquement », alors quoi d’étonnant à ce que ce genre d’énumération de procédés, au delà d’être dangereux, soit suivi à la lettre par quelques esprits influençables et peu expérimentés ?
[…] Si nous comprenons la nécessité de ne pas parler aux flics comme une simple règle à respecter pour des raisons pratiques et non pas comme un rapport au monde et une éthique, alors il y aura possiblement des situations où il sera préférable de parler aux flics pour telle ou telle raison tactique. C’est aussi le danger de ce type de commandements, de présenter des règles pensées dans un but d’efficacité, et donc auxquelles on peut déroger si l’efficacité l’exige ponctuellement, selon l’agilité politicienne de chacun. Car ce n’est pas seulement pour des raisons pratiques que nous ne parlons pas aux flics, c’est aussi parce que nous ne reconnaissons pas leur autorité, parce que nous ne pouvons pas en supporter l’idée.
[…] Pour conclure ces quelques lignes, nous ne pensons pas que la question de la sécurité soit une question figée, ou en tout cas, le caractère essentialiste d’une « culture de la sécurité » [4] nous paraît bien limité. La sécurité est selon nous une question bien plus simple et moins rigide, elle est une question d’intelligence pratique, de transmission et d’expérience. La sécurité ne doit pas devenir la priorité dans l’élaboration d’une attaque, elle ne doit pas prendre la place du désir d’un autre monde (ou tout simplement de détruire celui-ci) qui en est à l’origine. La culture de la sécurité, nous vivons déjà dedans, dans cette peur des mots et cette panique de la surveillance, la culture de la sécurité n’est rien d’autre que la culture de la répression.

Ce livre n’avait donc, selon nous, pas besoin de se retrouver sur les « étals des supermarchés » (sic) pour être critiqué. Car une critique qui passe à coté de son sujet et qui se noie dans la mauvaise foi et la malhonnêteté intellectuelle s’invalide elle-même.

Mais Dante Timélos est lui-même pourvu d’un beau spécimen de jésuitisme :

Deuxième reproche : le choix de Syllepse. Pour passer dans le réseau des libraires, Cadecol devait trouver une maison d’édition bien diffusée. Parmi les éditeurs approchés (il y avait aussi Libertalia), Syllepse a été le premier à répondre favorablement. Il est assez extraordinaire que ce simple fait suffise pour affirmer que la caisse Cadecol doit être tenue pour responsable de l’ensemble de la production de Syllepse. C’est là quelque chose de tout à fait inédit dans les annales de la critique sociale. Même en 1967, lors de la parution de La société du spectacle, aucun imbécile n’avait songé à reprocher à Debord les évolutions erratiques de Charles Plisnier, prix Goncourt 1937, trotskiste devenu chrétien ou quelque chose comme ça, pour cette seule raison qu’ils étaient tous les deux édités chez Buchet-Chastel.

Faut pas déconner non plus, cher Dante ! Ce qui vous est reproché par le/les anonyme/s de Bagnolet, n’est pas que « Syllepse a été le premier à répondre favorablement ». N’importe quel lecteur un peu sensé fera remarquer que ce qui vous est reproché est d’avoir vous-mêmes (pas de passivité là-dedans) proposés à Syllepse de publier votre "manuscrit". En effet, pourquoi pas chez Buchet-Chastel ou aux presses révolutionnaires du peuple de Pékin ?
Pas seulement parce que vous auriez très bien pu "auto-editer" ce livre (une diffusion correcte peut largement être assumée par une assemblée comme la votre, de façon directe), mais aussi parce qu’en faisant cela, vous offrez à Syllepse un nouveau créneau culturel, après les stals, les trotskystes, maoïstes, racialistes et ordures d’Etat, les totos ! C’est franchement pas une affaire d’Etat non plus… Mais renvoyer cette critique à « des analyses identitaires » est une accusation bien plus injustifiée que tu ne sembles le penser, surtout quand on l’additionne au fait que tu te trompe de cible avec une certaine légèreté. Le réflexe est facile de répondre à la calomnie par une plus grosse encore, mais tu aurais pu tout aussi bien t’abstenir de ce genre de propos.
Tu seras étonné, cher Dante, de savoir que nous partageons (à quelques menus détails prés), comme nous le disions, certaines de tes réfutations. Par exemple (c’est nous qui soulignons) :

Troisième reproche : avoir vidé de leur sens les concepts « d’autonomie ou d’auto-organisation ». Il suffit de lire les textes de Cadecol pour constater que l’adjectif « autonome » n’y est que très rarement utilisé : une seule fois, en fait, dans le texte de 2013 cité par les anonymes de Bagnolet. Si l’objectif secret de la caisse est de « vider à sa manière le mot autonome » de sa « charge subversive », alors il faut reconnaître que Cadecol n’est pas d’une très grande « efficacité ». Quant à l’auto-organisation, ce n’est pas un concept « cher à beaucoup », c’est une nécessité de la lutte. On peut être un idéologue de l’auto-organisation comme on peut être un idéologue de n’importe quoi : il suffit, pour cela, de considérer une pratique non pour ce qu’elle est – une pratique – mais comme un principe ou un idéal. […] l’auto-organisation ne peut plus avoir le contenu qu’elle avait au temps des théories sur l’autonomie du prolétariat, ne serait-ce que parce qu’aujourd’hui même des pratiques réactionnaires sont véhiculées par des formes auto-organisées. Cela ne signifie pas qu’il faille y renoncer, puisqu’encore une fois aucune lutte ne peut se mener sans être auto-organisée (même les syndicats ont compris ça), simplement, l’auto-organisation ne peut pas être considérée comme une fin en soi. Elle n’est rien d’autre qu’une condition, nécessaire mais non suffisante, des luttes de classe actuelles.

Par contre quand tu dis que :

que cette connaissance soit répandue aussi largement que possible, y compris par le biais de bouquins dans des librairies, a pour objectif de réduire la dépendance vis-à-vis des spécialistes du droit dans les moments de répression

Nous pensons que tu te trompe.

La démarche de CADECOL n’a pas pour résultat « de réduire la dépendance vis-à-vis des spécialistes du droit », seulement de la transférer vers d’autres spécialistes du droit, mais à l’intérieur du milieu (comme toi, Dante). Au final, la logique légale (et garantiste) reste intacte. C’est la logique des legal teams, en parfait accord avec l’idéologie de la social-démocratie. CADECOL est une legal team. Chacun fait ses choix, et tous les choix peuvent être soumis à la critique. C’est un jeu courant pour celles et ceux, révolutionnaires, qui cherchent à s’évader de la caserne politique sans péricliter dans le néant de l’apolitisme (post) moderne, dont nous sommes sûrs qu’un communisateur de ton rang, cher Léon, doit être un solide pourfendeur.

Nous te serions gré, donc, de retirer tes assertions sur nos amitiés fictives.

Le 18/01/2016 à Paris,
Quelques contribu/teurs/trices à Non Fides - Base de données anarchistes.

A propos d’Indymerdia Nantes : nous n’y participons d’aucune manière et les articles sourcés de chez nous ne sont pas postés par nous, tandis que de nombreux commentateurs semblent pour certains, vouloir se faire passer pour nous, et d’autres nous répondre (mais surement sont-ce les mêmes, tout se vaut dans le virtuel, cet asile de névrosés). N’en croyez aucun. "Non Fides" est sur ce site une entité fictive omniprésente qui obsède quelques esprits sclérosés et paranoïaques et accessoirement racistes, parfois même négationnistes, ce que la modération ne semble pas avoir assez d’armes théoriques nécessaires pour percevoir, se laissant berner par le moindre petit manipulateur "antisioniste" pro-russe venu, alors que nous, de notre coté, ne nous préoccupons plus d’Indymerdia Nantes depuis des mois (aux alentours du 31 octobre 2015). Ceux qui se cachent derrière la supermanisation de l’anonymat pour jouer à ce genre de jeux puérils et netchaieviens peuvent bien aller se faire foutre. Quand aux modérateurs d’indymedia qui affirment « Au fait, ça nous est arrivé de cacher des coms de Non Fides je pense, vu la quantité ces temps-ci ». Il n’y a pas de "coms" de Non Fides, une telle chose n’existe pas. Votre manque de sérieux et de prudence (ce que vous écrivez, vos affirmations péremptoires, sont publiques, ce ne sont pas des confessions d’oreillers) et votre inconséquence publique sont affligeants. Le changement radical de votre ligne éditoriale, devenue extrêmement pointue sur des sujets eux-mêmes très pointus et subjectivistes (mais alors faites un blog d’opinion, pas un indymedia) ne représente absolument pas la composition actuelle des utilisateurs "historiques" de votre site, qui n’ont rien à faire de vos états d’âmes, de vos petites opinions du lundi matin ou de vos problèmes de sommeil.


Réponse à la réponse ouverte à Dante Timélos/Léon de Mattis à propos de « Sans fleurs ni couronnes » et CADECOL (20 janvier 2016) :

Le texte Aux anonymes de Bagnolet et à leurs amis n’est pas une calomnie. Les « amis » dont il est question dans le titre n’ont jamais été désignés et seuls ceux qui se reconnaissent comme tels doivent se sentir visés. « Quelques contributeurs/trices à Non Fides » tiennent à préciser qu’ils ne doivent pas être compris parmi ces amis là : dont acte.

Quant à prétendre que derrière les « anonymes de Bagnolet » se cacheraient ces mêmes contributeurs/trices du site Non Fides, je ne l’ai jamais pensé et certainement pas suggéré non plus.

La petite incise (« à moins que ce ne soit le contraire ») qui a provoqué cette mise au point quelque peu ombrageuse et qui a ouvert les vannes à la critique de Cadecol par les contributeurs/trices de Non Fides (mais peu importe, car Cadecol peut fort bien être critiqué, du moment que ce n’est pas avec la mauvaise foi des anonymes de Bagnolet), avait une raison d’être bien précise

Sans fleurs in couronne a été publié sur le site Indymedia Nantes le 9 janvier en fin d’après-midi. Il a été d’abord été placé dans la catégorie « en attente », comme s’est la cas pour tous les textes, puis il a migré vers dans la catégorie « en débat » dans laquelle il végète encore aujourd’hui. Au sens strict, il n’a donc pas été publié sur Indymedia Nantes, mais seulement soumis à la publication…

Il faut bien avouer que la mention « repris d’Indy Nantes », entre crochets, à la toute fin du texte sur le site Non Fides, est quelque peu ambiguë. Une telle manière de dire les choses suggère que les contributeurs/trices du site Non Fides, en se baladant sur Internet, sont par hasard tombés sur ce petit texte et se sont dit : « Tiens, et si on mettait ça sur Non Fides ! ». Mais est-ce ainsi que cela s’est passé ? Les contributeurs/trices du site Non Fides sont-ils et sont-elles à ce point accro à Internet qu’ils repèrent, le soir même où ils sont proposé à la publication sur Indymedia Nantes, des textes comme Sans fleurs ni couronne ? N’ont-ils et n’ont-elles rien de mieux à faire de leurs samedis soir ?

Il est plus vraisemblable de supposer que les anonymes de Bagnolet ont en même temps proposé leur texte à la publication sur Indymedia Nantes et l’ont adressé par mail à Non Fides. Et tandis qu’Indymedia Nantes, avec ce fonctionnement propre aux Indymédia, mettait en débat la question de publier le texte ou non – débat qui n’est toujours pas tranché au moment où je t’écris–, Non Fides en revanche en acceptait immédiatement la publication.

Dans ces conditions il me semble donc toujours parfaitement justifié d’écrire : « à moins que ce ne soit le contraire » pour parler du site sur lequel la publication du texte a eu lieu en premier. À cela s’ajoute un fait indéniable. Non Fides possède une audience que les bas-fonds des textes « en débat » ou « refusés » des Indymedia n’ont pas. C’est sur le site Non Fides que j’ai moi-même lu Sans fleurs ni couronne, et jamais je n’en aurai eu la moindre connaissance s’il était resté dans les textes éternellement proposés à la publication sur Indymedia Nantes.

Cependant, si mon hypothèse est fausse, et que les contributeurs/trices du site Non Fides sont à ce point des no life qu’ils sont bel et bien tombés par hasard sur le texte en question, je reconnaitrai bien volontiers mon erreur. Et comme, en effet, je suis un mauvais flic, je n’exigerai aucune preuve supplémentaire de leur part : une simple déclaration publique que les choses se sont passées comme ça et je reconnaitrai volontiers que l’incise « à moins que cela ne soit le contraire » devrait être retranchée de mon texte.

En attendant, je ne concède qu’une seule modification et qui ne concerne qu’un seul mot. En effet, Non Fides est le nom du site lui-même, et non d’une organisation, d’un collectif ou d’un regroupement d’individus qui animerait un site. Il faut donc lire : « repris sur le site Non Fides », et non « repris sur le site de Non Fides ».

[Reçu par mail (t’as vu !).]


Réponse et fin (20 janvier 2016) :

Il se trouve, Léon, que parfois (oublie Marx un instant), il y a du hasard dans les choses. Que ces choses ne sont pas nécessairement le produit de complots, mais de coïncidences, de facteurs multiples.
Il se trouve également, que, répétons-le (mais peut être te faudra-t-il des bandes de vidéo-surveillance pour assurer la solidité des preuves ?), ce texte a été lu sur indymedia par un de nos contributeurs, et publié dans la foulée, c’est à dire quelques heures plus tard.
La force des choses (certainement le sens de l’histoire ?) a voulu que coïncident deux moments : celui ou notre contributeur inspectait quelques sites, et celui ou fut publié le texte « Sans fleurs ni couronnes », à quelques heures prés (qui ne comptent pas à l’échelle de l’Histoire, ok) et sans concertation. Il est donc impossible d’établir avec sérieux le cadre d’une association de malfaiteur. Voila pour l’autopsie.

Je précise quand même que Non Fides n’est pas un site "open-publishing" comme tu sembles le penser. lorsque nous recevons un texte que quelqu’un nous propose de publier et que nous le publions, nous préférons généralement la mention "reçu par mail" au mensonge.

Tu peux donc rationnellement te rabattre sur l’option qui te parait, semble-t-il, la plus absurde :

Il faut bien avouer que la mention « repris d’Indy Nantes », entre crochets, à la toute fin du texte sur le site Non Fides, est quelque peu ambiguë. Une telle manière de dire les choses suggère que les contributeurs/trices du site Non Fides, en se baladant sur Internet, sont par hasard tombés sur ce petit texte et se sont dit : « Tiens, et si on mettait ça sur Non Fides ! ». Mais est-ce ainsi que cela s’est passé ?

C’est ainsi que cela s’est passé.

Le texte a été publié sur d’autres sites. Que tu ne l’ai repéré que chez nous est une autre coïncidence (mais serait-ce un complot fomenté depuis la Colombie ? Bagnolet ?) :

- http://lille.indymedia.org/spip.php?article29720
- http://cestdejatoutdesuite.noblogs.org/2016/01/10/sans-fleurs-ni-couronnes/
- https://lelaboratoireanarchiste.noblogs.org/post/2016/01/12/sans-fleurs-ni-couronnes/
- https://lechatnoiremeutier.noblogs.org/post/2016/01/11/sans-fleurs-ni-couronnes/
- Ainsi que rapidement sur "Brèves du Désordre" qui ne fonctionne pas au moment où je t’écris.

Quant à décider de qui est "nolife" et de qui ne l’est pas, nous te laissons seul
juge, avec l’intime conviction d’avoir raison. Nous te ferons parvenir quelques
certificats de "vrais guerrier de la vraie rue" à ton cabinet.

Je réitère donc la demande qui t’as été cordialement faite de retirer toute ambiguïté sur notre site, ou bien de collectionner les ambiguïtés avec tous les sites qui ont repris ce texte. Ce serait dommage de te livrer au même genre de sous-entendus sournois que tu dénonces ailleurs, on pourrait croire qu’il ne s’agit que de défendre ta crémerie… Quoi qu’il en soit, la mauvaise foi de ton message (et cette manie de mal enquêter) me pousse à cesser cet échange ici.

Un contributeur à blablabla.

Notes

[1Ce n’est pas le sujet, mais c’est comme cela que, petit à petit, le milieu s’est habitué à tirer son sou de la vente d’alcool plutôt que de la générosité et la complicité de ses militants. Les résultats sont aujourd’hui faciles à percevoir dans un milieu ravagé par l’alcool, la dépression festive et l’apathie.