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« O gentilshommes, la vie est courte, si nous vivons, nous vivons pour marcher sur la tête des rois. »

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Sabotons la machine à expulser…

dimanche 24 janvier 2010

Les centres de rétention administrative (CRA) sont des prisons spéciales où les étrangers sans-papiers sont enfermés jusqu’à 32 jours avant d’être expulsés. Créés par la gauche en 1984 et développés ensuite par tous les gouvernements successifs, ils n’ont cessé de se multiplier à travers tout le territoire, tandis que la durée d’enfermement et le nombre d’expulsions (29 000 en 2009 et plus de 100 000 « mesures d’éloignement » prononcées) augmentent aussi. Il n’est donc pas surprenant que partout où se trouvent des centres de rétention éclatent des révoltes, aient lieu des départs de feux, des évasions, des grèves de la faim, des mutineries, des destructions. Ce fut le cas en France (Vincennes, Nantes, Bordeaux, Toulouse où ils ont brûlé) et dans de nombreux pays d’Europe (Italie, Belgique, Pays-Bas, Angleterre), ou dans des pays où le contrôle aux frontières est externalisé comme la Turquie et la Libye.

Les centres de rétention font partie de la politique de « gestion des flux migratoires », élaborée elle-même selon les nouveaux critères de « l’immigration choisie », c’est-à-dire en fonction des besoins de main d’oeuvre des pays riches. La volonté des Etats de lier strictement carte de séjour et contrat de travail permet d’accentuer encore la pression sur les conditions de travail et les salaires (lorsqu’ils sont payés !) des sans-papiers, et donc sur l’exploitation de tous. L’enfermement des sans-papiers en camps puis leur expulsion en masse sont des moyens clairs de chantage pour les pousser à accepter des conditions toujours plus dures là où ils font tourner l’économie (culture saisonnière, BTP, restauration, confection,…).

Cette immense machine à expulser ne se cantonne pourtant pas aux seuls guichets des préfectures ou aux salles de tribunaux. Partout s’érigent des frontières qui font le tri entre ceux qui seront chassés et les autres : lors des contrôles dans les transports, lors des rafles policières dans les rues, aux guichets d’agences d’intérim ou de banques qui les balancent aux flics. Partout se dressent des entreprises qui s’enrichissent sur ces déportations : des compagnies aériennes transportent les sans-papiers retenus, des hôtels servent de prison, des associations aident les flics à gérer proprement les expulsions dans les centres, des entreprises fournissent la bouffe, des multinationales du BTP construisent et modernisent ces camps.

Parce qu’il n’y a pas de « bonne » gestion des flux migratoires, parce que chacun doit pouvoir décider où il veut vivre, nous sommes solidaires des 10 inculpés de la révolte et de l’incendie du centre de rétention de Vincennes qui passeront en procès du 25 au 27 janvier 2009 au TGI de Paris. _ Parce que les centres sont un des rouages d’une machine à expulser bien plus vaste et présente partout autour de nous, nous avons choisi de ne pas laisser ses collaborateurs exploiter, balancer et expulser en paix !

Relaxe de tous les inculpés de la révolte de Vincennes !
Destruction des centres de rétention !
Liberté de circulation et d’installation !
A bas toutes les frontières !

Recto du tract
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QUELQUES VAUTOURS DE LA MACHINE A EXPULSER…

A travers ses différentes filiales,
Bouygues a construit ou
participé à la construction des
centres de rétention de
Coquelles (Cirmad Prospectives et Norpac),
Palaiseau (OF Equipement), Rennes (GTB),
Marseille-Le Canet (GFC Construction), Lyon St-
Exupéry (GFC Construction), Nîmes- Courbessac
(GFC Construction), Mesnil-Amelot (SCREG).

Une banque désormais célèbre pour
balancer des sans-papiers aux flics
est la BNP. Il se trouve en outre que
c’est une des plus grosses du secteur
dans le monde… et donc aussi que
ses agences se trouvent un peu
partout. Sinon, les noms de la Société Générale (à
Boulogne et Châtenay- Malabry,
Hauts-de-Seine), du Crédit
Lyonnais (à Aulnaysous- Bois) et
du CIC (à Monrouge) sont sortis
début octobre 2009 dans la presse
pour des histoires identiques. La
Poste s’est de même distinguée
pour des cas à Châtellerault et aux Muraux en
novembre 2007, à Viry-Châtillon en décembre 2009,
ainsi qu’à Paris depuis longtemps.

Les agences d’intérim (Adecco en
tête) font trimer des sans-papiers
dans des conditions de merde ( en
particulier dans les secteurs du BTP, dans l’
entretient, de l’aide aux personnes, etc…). Depuis le
1er juillet 2007, elles doivent faxer aux préfectures
les papiers d’identité des personnes employées ce
qui devient un moyen de pression supplémentaire
sur les sans-papiers.

Carlson Wagonlit Travel
(CWT) : agence de voyage qui a le
monopole pour réserver les places
d’avions et de bateaux pour les
sans-papiers expulsés, et les flics
de l’escorte.

Par avion, toutes les grandes
compagnies pratiquent les
expulsions, mais beaucoup se
font via Air France ( qui
accorde aussi des « miles », c’est
à dire des points de fidélité dont
l’accumulation procure des billets gratuits, aux keufs
de l’escorte).

Les hôtels de grands groupes (Accor, Ibis,
Holiday Inn…) servent de prison qu’il
s’agisse de zone d’attente ou de locaux de
rétention.
Zones d’attente (2009) : Aéroport d’Orly :
Hôtels Ibis , Altea et Hilton - Port de
Calais : Hôtel Holiday Inn - Gare de
Calais-Fréthun : Hôtel Holiday Inn
LRA permanents : Hôtel Campanile
(groupe Starwood)

GTM Multiservices filiale de Vinci assure les repas, la
blanchisserie ou le nettoyage dans
les centre de rétention et zone
d’attente de Marseille-Canet, et de
Roissy (Zapi
3). A Zapi 3, ils assurent aussi la
maintenance immobilière et le
transport des retenus.

Dès l’ouverture des premiers centres en
1984, l’Etat a recherché un partenaire
associatif pour donner un vernis
humanitaire à ces nouvelles prisons.
Jusqu’à présent, la CIMADE avait le monopole de « 
l’assitance juridique » en rétention. Depuis, LE 2
JANVIER 2010 cinq autres associations (France Terre
d’ Asile, Ordre de Malte France, Forum Réfugiés,
ASSFAM et la Croix Rouge) se partage la gestion des
centres de rétention administratifs.

La Croix Rouge a géré le hangar de
Sangatte (Calais) pour le compte de l’Etat
jusqu’en 2002, mais elle le fait aussi dans
les centres de rétention en Italie (Turin,
Milan, Rome) ou en Espagne. En France,
elle est présente sur les charters
d’expulsés, elle accompagne l’expulsion
des Roms et participe au fonctionnement de la Zone
d’attente Zapi 3 à Roissy (touchant 1,09 millions d’euros
pour ce faire).

Société Derichbourg : s’occupe du nettoyge du centre de
rétention de Nanterre et emploie des sanspapiers
dans le service propreté et de la
sécurité.

Pour plus d’information, lire la brochure sur internet « A
chacun le sien …Recension de vautours qui se font du fric
avec la machine à expulser »
.

Verso du tract
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Tract distribué à la manif du 24 janvier à Paris, lors de la semaine de solidarité avec les inculpés de l’incendie de Vincennes.
Trouvé sur Indy Nantes.