Non Fides - Base de données anarchistes

« O gentilshommes, la vie est courte, si nous vivons, nous vivons pour marcher sur la tête des rois. »

Accueil > Articles > Solidarité internationale > Par miliers dans les rues des villes grecques : À bas l’État terroriste (...)

Par miliers dans les rues des villes grecques : À bas l’État terroriste !

Αλληλεγγύη στους αναρχικούς στην ελλάδα

mardi 8 décembre 2009

Athènes ce 8 décembre

Hier midi, il y a eu dans le centre d’Athènes une manif d’étudiant-e-s. Il y a rapidement eu des affrontements. Sur le chemin de la place Syntagma, les manifestants s’en sont pris aux banques et aux caméras.

Les manifestant-e-s très jeunes ont formé des blocs compacts ; la police leur a lancé des gaz. De petits groupes autonomes attaquaient en marge les barrages. La police avait le soutien des néo-nazis. Après la manif, environ deux cents personnes se sont rassemblées dans l’école Polytechnique pour s’en prendre ensemble à la police. Ce thème classique qui conduit à la discussion de la politique intérieure des dirigeants s’est développé très vite. D’abord deux voitures qui servaient de barricade ont pris feu à la sortie de Stournari, les troupes d’occupation ont été immédiatement attaquées. Parce que la porte de l’université est ici trop étroite pour les émeutes importantes, tout s’est déplacé à la porte principale, par laquelle les blindés sont entrés en 1973.

La police essayait toujours d’arrêter des gens dans la rue avec des attaques rapides de plusieurs côtés ou au moins de lancer des grenades dans l’entrée de l’université Polytechnique. Mais le MAT [Équivalent grec des CRS, NdT] est lent et toutes ses tentatives ont échoué dans une grêle de pierres et de cocktails Molotov. Le MAT lançait des grenades qui explosaient avec retard, lesquelles contiennent de la grenaille de gomme et brûlent avec de la poudre d’aluminium, grâce à l’apparition d’un feu très chaud après dix secondes. Avec cela des parties du corps ont déjà été brûlées. Les manifestant-e-s se sont servis de pointeurs laser, de frondes et de beaucoup de pierres et cocktails Molotov.

Les flics se sont retranchés derrière des kiosques et des maisons. Le MAT a aussi lancé des pierres. Pour soutenir une attaque des troupes à pied, une unité Delta a été envoyée, sur laquelle tout le matériel a été jeté. Tous les fonctionnaires ont dû prendre soin d’eux-mêmes, ainsi il n’y a eu qu’une seule arrestation au prix d’une véritable lapidation. Quand des fonctionnaires étaient brûlés en marge, cela suscitait l’approbation d’innombrables spectateurs. Beaucoup de jeunes ont participé à plusieurs reprises.

La lutte a fini après deux heures. Depuis la modification de la loi, l’autorisation du directeur n’est plus nécessaire pour chaque assaut d’une université. Le ministère public peut donner l’assaut, si la police certifie un danger pour la communauté à cause des molotovs. Des images de la police militaire luttant dans les universités déclenchent un tremblement de terre au gouvernement. Ainsi il y a eu ensuite cette nuit les discussions habituelles à la télévision. Des agitateurs exigent l’assaut de la police parce que dans l’université polytechnique auraient lieu des scènes de violence anarchiste armée, les militants soutiennent le contraire. Ainsi le premier jet de molotov devant l’université est plus qu’un moyen tactique dans le combat de rue, c’est aussi jeter un pavé dans la mare de l’équilibre politique de la Grèce. Les organisations ont reconnu cela et ont employé ce moyen dans les derniers jours très astucieusement. Les médias et les partis politiques donnent libre cours à leur fureur sur le thème de la violence anarchiste. Athènes est une ville où la police est haïe par beaucoup.


Des manifs contre la répression des derniers jours ont eu lieu à Athènes et Salonique ce mardi 8 décembre, alors que le gouvernement multipliait mensonges et arrestations (plus de 800 interpellations, 13 inculpations).

À Athènes la marche de protestation convoquée à Propylea pour 19 heures a trouvé encore une fois l’asile universitaire bloqué par un triple cordon de flics antiémeute en violation du seizième article de la Constitution. Sommés de répondre à la foule amassée en face d’eux, les policiers ont affirmé répondre à la demande des autorités académiques, se voyant répliquer : « Flics, télés et recteurs, toutes les canailles collaborent ». Malgré la présence écrasante des forces de police et la fatigue de deux journées de confrontation continue, la manif forte de 2000 personnes a défilé dans Athènes jusqu’au Parlement puis à Omonia, scandant des slogans antiflic tout du long. Aucun affrontement cette fois-ci. Au même moment les locaux administratifs des Écoles techniques d’Athènes a été onvesti par des manifestant en protestation contre les brutalités policières et la violation de l’asile universitaire. Les organisations étudiantes ont appelé à une nouvelle manif vendredi prochain.

Plus tôt dans la journée plusieurs manifs lycéennes contre la terreur d’État ont sillonné les banlieues d’Athènes. À Chaidari les lycéens se sont attaqués aux flics à coups d’oranges et autres projectiles ; trois arrestations. Les flics ont aussi été pris pour cible à Kamatero, tandis qu’une autre manif a fini par des feux de joie autour de la prison de Koridalos. Enfin les lycéens de Grava ont une nouvelle fois marché sur le commissariat d’Agias Lavras déjà attaqué les jours derniers.

À Salonique la marche s’est élancée à 18 heures, motivée par les incursions récentes des voltigeurs Delta dans l’enceinte universitaire. À Rethymnon (Crète) les fascistes locaux se sont joints à la police dans son travail d’intimidation des manifestants.

Sur le plan judiciaire, les 22 camarades de Resalto ont tous été libérés sous caution (les sommes extorquées se montent à environ 40’000 euros au total). Le procès est fixé au mois de mars.


Fin de la manif anti-répression à Athènes ; les flics entourent toujours les bâtiments de Propylea ; tentative de fermer la radio de la fac de Droit ; le montant des cautions à payer par les arrêtés du squat Resalto se chiffre en dizaines de milliers d’euros

La manif anti-répression appelée à Athènes s’est achevée il y a quelques heures. Appelée par des groupes d’extrême-gauche (EEK, Réseau pour les droits sociaux et politiques, et d’autres) beaucoup d’anarchistes y ont participé. Pour la seconde nuit consécutive, les flics bloquaient l’accès des bâtiments universitaires aux manifestants, rue Panepistimiou. Tout comme la soit-disant agression contre le recteur Ceci confirme la volonté de remettre en cause l’asile universitaire, remise en cause ouvertement appuyée par plusieurs recteurs. Déjà, l’administration de la fac de Droit a décidé d’expulser manu militari la radio étudiante basée dans ses locaux et de ne plus admettre que s’y tiennent des activités « extra-universitaires.

Enfin, la caution des camarades de Resalto enfin relâchés se monte à 18 ou 20’000 euros : besoin urgent de lever des fonds pour leur venir en aide !


Il est à peu près impossible de rendre compte de tout ce qui s’est passé un peu partout. Des manifs principalement étudiantes se sont déroulées lundi dans presque toutes les villes. Pour ce qu’on en dit sur Indymedia Athènes : occupation de la Mairie de Kozani en solidarité avec les arrêtés et en condamnation du terrorisme d’État de ces derniers jours, manifs à Mytilène (Lesbos), Lefkada, Paros, Larissa, Veria, Rhodes, Chania et Héraklion (Crète), Kalamata, Katerini, Zakynthos, Tripoles, Samos, Volos. Arrestations dans quelques-unes de ces villes. D’autres actions ont eu lieu, comme de brèves occupations de stations de radio.

À Athènes, à l’issue de la manifestation et de sa répression d’ampleur, une assemblée s’est tenue à Polytechnique occupée. Les occupants ont ensuite levé leur occupation, quittant les locaux en cortège afin d’éviter des arrestations supplémentaires dans une ville quadrillée par les flics.

À Thessalonique, après l’assemblée à l’université, une manifestation pour la libération de toutes les personnes arrêtées a eu lieu, bloquant le boulevard Egnatia (une des deux principales artères de la ville) de 18h45 à 22h15, c’est-à-dire jusqu’à ce que les camarades arrêtés dans la journée aient été libérés.

Ce mardi, manifs de solidarité à Athènes (place Propilaia à 19 heures) et Salonique (Kamara, 18 heures).

Solidarité internationale face à la répression brutale et sévère qui s’abat sur le mouvement grec. Tout le monde dans les rues ! Devant les ambassades, les consulats et les agences de voyage !


Déclaration de l’école Polytechnique occupée à Athènes, ce 7 décembre à minuit 25

Comme les ministres ne disent rien, nous le ferons.

Comme les médias ne rapportent rien de ce qu’il se passe, nous le ferons.

Le raid de type militaire sur le local anarchiste Resalto à Keratsini. Un espace d’intervention et de contre-information, qui, comme tous les espaces de lutte n’a jamais caché son animosité à l’égard de ceux qui organisent et font la répression, et sa solidarité avec ceux qui la subissent, publiquement et ouvertement…

… c’est quelque chose d’embarassant pour le ministre.

L’arrestation, la même nuit, de celles et ceux qui se sont rassemblés en soutien aux camarades dans un square à proximité, et par la suite dans la mairie de Nikaia, tout comme ceux qui se sont rassemblés à l’endroit où Alexis Grigoropoulos a été assassiné un an près…

… c’est quelque chose d’embarassant pour le ministre.

L’occupation policière d’Athènes, les 13’000 flics, les fouilles au corps, le blocage de Polytechnique et leur empressement à réprimer la manifestation du 6 décembre.

… le ministre va être bien plus emmerdé.

Le plan de terrorisation qu’il a mis en pratique est sur le point d’échouer.

Les collègues du flic meurtrier qui ont attaqué Athènes aujourd’hui n’ont pas provoqué de la peur, mais provoqué de la rage.

L’arrestation des camarades, et les charges très lourdes contre eux n’a pas entraîné notre couardise, mais entraînent notre solidarité.

Les attaques sur les espaces, occupations et lieux de lutte n’amèneront pas d’isolement mais au contraire plus d’acharnement.

Aucun otage entre les mains des meurtriers,

Liberté pour les camarades de Resalto, accusés de trahison, et solidarité pour les 43 camarades qui ont en jugement actuellement au tribunal du Pirée,

Liberté pour les 12 arrêtés d’Exarchia, dans la démonstration de force factice de la police,

Résistons à leur plan pour une oppression totalitaire,

Réponse de masse aux assassinats, tabassages, aux arrestations, aux mensonges des médias,

Ils vont perdre leur pari du consensus social,

Tout le monde dans les rues.

Les camarades qui occupent Polytechnique à Athènes


À Thessalonique 88 personnes ont été arrêtées, dont quatre seront poursuivies ; les autres libérées. Plus de 250 personnes ont été dans un premier temps sous la menace d’être arrêtées, encerclées par les flics, mais une autre partie de la manif a forcé les flics à lâcher l’affaire. Quand on a su le transfert des arrêtés au quartier général de la police (qui est à l’écart de la ville, très loin du centre), des milliers de personnes (environ 4000) se sont rendues là en cortège. La manif est restée plusieurs heures devant le commissariat, demandant la libération de toutes les personnes arrêtées.

Situation confuse à l’Université, mais il est certain que les flics l’ont investi une nouvelle fois pour arrêter au moins deux personnes ; selon certains, il est probable que ce chiffre s’élève à plus d’une dizaine.

Un compte-rendu de la manifestation de l’après-midi n’est peut-être pas nécessaire. Ceux qui y étaient ont vu ce qui s’est passé. Le nombre des arrestations parle de lui-même. Certaines boutiques (Vodafone, etc.) ont été pris pour cible durant la manif.

À Patras, entre 2000 et 2500 personnes ont manifesté. Les banques de la rue Agiou Andreou ont été vandalisées. Dans les heures précédant la manif, de 50 à 55 personnes, toutes connues des flics, ont été détenues « préventivement ». Il n’y a aucune preuve contre elles et elles ont été relâchées au compte-gouttes tard dans la nuit.

Dans la ville de Giannena, dans le Nord du pays, 1500 personnes sont descendu dans les rues ; toutes les banques situées au centre-ville ont été vandalisées également. En amont, les flics ont opéré une rafle dans un centre social. Une quarantaine de personnes ont été emprisonnées au total ; toutes ont été libérées depuis. Il a été annoncé qu’un flic antiémeute aurait été sérieusement blessé.

À Héraklion, en Crète, plus de 1000 manifestants dans les rues — là aussi il y a eu six arrestations préventives.

Tiré de After The Greek Riots.









































La plupart des infos proviennent d’indymedia Athènes et du Jura Libertaire.