Non Fides - Base de données anarchistes

« O gentilshommes, la vie est courte, si nous vivons, nous vivons pour marcher sur la tête des rois. »

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Sans chichi - Réponse à des contributeureuses qui appartiennent à tous et à qui tous appartiennent

samedi 16 juillet 2016

« Sa Majesté a bien reçu ma lettre anonyme ? »
Louis de Funès, La Folie des grandeurs.

« Un pour tous, tous pour un ! »
Athos, Porthos, Aramis et D’Artagnan, premiers anonymistes.

Si nous écrivons ces quelques lignes, rentrant dans des non-débats inutiles qui charrient bien plus que des positionnements théoriques ou pratiques, dans des coupages de cheveux en quatre(-pages) qui n’intéresseront que très peu de lecteurs et contributeurs, ce n’est pas tant par choix que par sollicitation. Nous n’avons aucun amour pour ces petits jeux de joutes fatigants et chronovores qui ne semblent répondre qu’aux exigences narcissiques de ceux qui se distancient des attaques des autres et y vont de leur petit commentaire sous les yeux des flics. Ce débat s’arrêtera donc, en ce qui nous concerne, après cette réponse, parce qu’il est inintéressant pour tous et incompréhensible pour la plupart. Son caractère public n’est pas de notre choix. Forcés de prendre position par les prises à partie tonitruantes d’un blog auto-proclamé « anti-éclectique » qui se vit en concurrence permanente avec tous les autres, c’est-à-dire ceux qu’il ne parvient pas à mettre sous sa coupe idéologique (donc tous les autres, vous suivez ?), voici quelques brèves précisions suite à un texte publié la Semaine Dernière dans le siècle.

On remarquera d’abord que contrairement a ce qui est dit dans ce texte d’un jésuitisme inquiétant, qui fait exactement ce qu’il reproche et a reproché à tant d’autres pendant plus de dix ans, nous n’avons jamais, avec nos propres mots (qui se résument à ce qui se trouve dans la note introductive, comme précisé - NdNF = Note de Non Fides), employé le mot « dissociation », qui selon nous n’est pas approprié. Il est cependant cocasse d’observer que vous refusez le qualificatif de dissociation dans un cadre dans lequel vous l’employez vous-mêmes, généralement, sur votre blog, contre d’autres (parfois à raison, mais certainement pas dans l’acceptation que vous en donnez, qui n’est plus d’actualité ou presque depuis longtemps déjà).
L’ajout que nous avons fait au titre [1], qui dans votre texte se transforme en conspiration reptilienne, s’explique par l’oxymore « dissociation anonyme » dans le titre original, qui bien qu’il peut être interprété comme une provocation polissonne à l’égard de votre idéologie de l’anonymat - qui recule, qui recule (on est passé de la condamnation morale de toute forme de revendication, de signification d’un geste, à l’acceptation des communiqués de revendication sur internet, drôles de virages opportunistes) - reste un contresens, puisqu’une dissociation ne peut pas, par définition, être anonyme. Au véritable sens du terme. De plus, votre prise de distance n’est pas anonyme, et c’est bien cela que nous lui reprochons, nous y reviendrons.

Ce texte, qui cite donc notre site, s’attache à ne surtout pas répondre à nos arguments, préférant pisser toujours plus à coté, ou se contenter de répondre partiellement, par des formules malhonnêtes, à ceux d’autres sites ou du texte que nous avons repris de Contrainfo [2] (et publié ailleurs depuis), qui certes, étaient plus faciles à réfuter en ne se basant que sur des considérations rhétorico-linguistiques formelles et vides de contenu pour éviter les questions de fond, comme le font « quelques contributeureuses aux Brèves du désordre » (qui visiblement, elles, n’appartiennent pas à tous). On sent bien la volonté d’écraser les débats à travers ce texte. Des débats que l’on crée soi-même et qui finissent par échapper, par appartenir à « tous », bien malgré vous, mais qui ne nous intéressent pas lorsqu’il ne s’agit que de régler des comptes entre blogs concurrents, comme c’est le cas dans votre brochure inintéressante (selon nous, des deux cotés du débat), encore une fois citée ici… A croire que vous la croyez cruciale ! Question de perspectives sans doute…

Mobiliser en croyant donner du poids à ses arguments qui n’ont rien à voir les révoltes de 2011 en Tunisie ou Egypte, s’approprier les troubles récents liés à la « Loi Travail », comparer ce qui ne peut pas l’être (comme le jour et la nuit, par exemple), ne change rien à l’affaire. Lester du vide ne rend pas le vide moins vide.
On pourra rationaliser sur de la malhonnêteté qu’elle en restera toujours de la malhonnêteté, et celle-ci s’accommode bien du rationalisme et des processus de rationalisation idéologiques a posteriori. Souvent elle lui sert de véhicule, de médiation. Est il vraiment pertinent de fabriquer de la justification en se servant d’un texte publié par Vosstanie [3] qui critique, à raison, le tag « fini de trahir » posé de jour sur la CFDT lors d’une manif sauvage de plusieurs centaines de personnes, pour la comparer à votre distanciation inacceptable, publique et située dans le temps et dans l’espace ? Car en effet, nous partageons l’analyse de Vosstanie, ne vous en déplaise, selon laquelle les révolutionnaires ne sont pas en position d’être trahis par les syndicats, qui sont, comme vous le dites vous-mêmes, des forces éminemment et historiquement contre-révolutionnaires. Cela n’est pas « une critique d’ultra-gauche », comme vous le dites, ou proprement anarchiste, mais une critique révolutionnaire partagée par de nombreux courants que vous cherchez à réduire à des chapelles identitaires concurrentes et des signes extérieurs de reconnaissance artificiels.
Si les attaques de jour n’ont ni plus ni moins de valeur que les attaques de nuit à nos yeux, nous ne sommes pas fétichistes en ces domaines, il est de bien mauvaise foi de les placer au même niveau sous le viseur de l’Etat, qui lui fait la différence entre la détermination des individus qui à quelques uns s’attaquent à une cible de façon organisée ou spontanée, dans un « temps mort » (hors manif, hors mouvement, etc.), et des foules d’individus qui se protègent mutuellement de la répression dans des cortèges et des déambulations sauvages, où la pratique sera toujours plus facile et sécurisante, sans aucun jugement de valeur de notre part (nous ne sommes pas « anonymistes »). Si l’on sait que la liste de suspects potentiels pour une attaque dans une manif sauvage de centaines de personnes ne peut qu’être énorme et bancale, vous savez bien que ce n’est pas le cas d’attaques réalisées par quelques individus, comme celle contre le siège de la CGT de Montreuil, dont nous saluons le courage, quelles que soient les opinions des uns et des autres sur tel ou tel détail au point de croix. Mais ce n’était qu’un argument malhonnête de plus. Comparer ce qui n’est pas comparable afin de tout rendre médiocre et relatif. Parce que si tout se vaut, alors rien ne vaut rien, et la politique prospère.

Un commentaire sur Indymedia Nantes affirmait ceci (c’est nous qui soulignons) :

Publié : le lundi 27 juin 2016 à 18:29 par …

Je ne suis pas d’accord. Il vaut bien mieux fermer sa gueule que de se dissocier (bien que je parlerai ici d’une distanciation, pas dissociation).
Après une attaque, qui plus est médiatisée, les flics enquêtent. Des enquêtes qui passent toujours, désormais, par une analyse du net, comme on a pu le voir en Italie à l’occasion de l’opération Ardire (dans laquelle ont été grossièrement mis en examen et pour certain-es incarcérés, les compagnons qui refusaient de se dissocier de la jambisation d’un ponte du nucléaire).
Mr Cette Semaine, vient ainsi de se dégager de toute responsabilité dans cette attaque, publiquement. Ca fait un nom à rayer pour les enquêteurs sur une liste de suspect. Ca fait le boulot à leur place.
Ce commentaire étant anonyme, je peux me permettre d’affirmer que ce communiqué de revendication ne me parle pas des masses (sans jeux de mots…). Cependant, le dire sur un site publique dont tout le monde connait l’identité du gestionnaire (la police en premier lieu), c’est se mettre au chaud, se planquer. Et donc, être, pour reprendre les termes de Cette Semaine (qui passe la majeure partie de son temps à donner des bons et des mauvais points depuis dix ans) un « dissocié », un « collabo ». Dont acte !

En effet, le problème n’est pas que vous ayez un jugement de valeur sur les actions des uns et des autres, des bons et des mauvais points à donner (ça c’est le problème de votre entourage), ni même, soyons généreux, que vous l’exprimiez publiquement, mais bien que vous ne le fassiez pas de façon anonyme. Ce qui, étant donné les positions défendues sur l’anonymat (et même sans), est indéfendable à tout point de vue, et pour rester polis, très indélicat. Car cela renvoi automatiquement, en effet, à se rayer d’une liste de suspect. Car il faudrait être sérieusement schizophrène pour commettre une attaque et la débiner le lendemain en tant que soi-même sur internet. Les flics ne s’y trompent pas, généralement, et sont attentifs à ce genre de prises de distance à chaud, surtout dans des enquêtes médiatisées.

Si tout appartient à tous, ce n’est toujours pas le cas de la répression, qui elle, cible et atomise des individus, pas des tous et des toutes à qui tout appartiendrait (et autres abstractions esthétiques). Si un jour quelqu’un se retrouve dans les filets de l’Etat suite à cette attaque, dont vous vous êtes publiquement distanciés, affirmerez vous encore que vous ne partagez pas cette action au grand jour, dont la revendication fait partie (volens nolens) ? La question est caduque, et n’a plus aucun intérêt, puisque c’est déjà fait.
Si les accusations dont vous faites l’objet sont « lourdes de conséquences », et c’est le cas en effet, elles le sont certainement moins que l’objet de ces accusations, qui lui pourrait bien alimenter des dossiers ou des réquisitoires à charge (nous renvoyons, comme le commentaire cité précédemment à l’opération Ardire en Italie). Vous prétendez « défendre l’acte », mais vous le dissociez de ses auteurs, de sa revendication. Mais comment faites vous pour séparer si arbitrairement l’acte de sa revendication ? Les actes flottent ils dans l’air ? Est-ce la dépêche AFP qui réalise l’acte ou l’acte qui réalise ses commentateurs, les « spécialistes de la parole » ? En ce qui nous concerne, la parole est aux responsables des actes lorsque ceux-ci s’en expliquent et revendiquent. Mais malgré tout cela, vous prétendez donc « défendre » l’acte ? Encore de drôles de pirouettes rhétoriques. A ce point, il faut vous mettre aux arts du cirque.
Les anarchistes se passent bien de « défenseurs » qui marquent à dessein contre leur camp.

Si des gens choisissent de revendiquer leurs attaques, c’est notamment pour qu’elles ne puissent pas être récupérées. Plutôt que par des raisonnements politiques qui consistent, en affirmant qu’elles appartiennent à tous, à faire qu’elles semblent vous appartenir à vous, « défenseurs » de l’anonymat. Mais croire que l’on est soi-même tout et tous, devrait poser question. Pas besoin, alors, de mobiliser l’infamie ou les italianismes désuets en parlant de « dissociazione  » et autres termes accusatoires pour s’éviter de penser. Et suite à votre texte, la question reste en suspens. En ne répondant qu’à ce qui vous arrange bien, vous ne vous grandissez pas. Et chacun pourra se faire son opinion, vous qui aimez tant les opinions, les ressentis, la politisation des affects et autres balivernes post-modernes subjectivistes et post-révolutionnaires, tellement dans l’ère du temps.

Dans cet anarchisme mécaniciste qui sait déjà précisément comment faire (Que faire  !) la révolution, enveloppé du confort de ses petites certitudes, il ne reste plus au final qu’à trouver des bras pour la faire. Si la révolution n’est qu’histoire de méthode et que la formule magique est déjà trouvée, il suffit alors de trouver la main d’œuvre pour l’appliquer. Dans cette vision utilitariste et programmatique des premiers et second cercles dits « affinitaires » (un mot que vous avez vidé de son sens pour qu’il appartienne à… vous), on ne se retrouve qu’à reproduire de vieux schémas autoritaires, qui savent déjà comment tout doit et va se passer, mais qui ne font qu’attendre que les bras se ramènent pour exécuter les paroles saintes, idéologiquement figées par des figures d’autorité théoriques. Pas étonnant alors, à ce point d’anarcho-léninisme, que la récupération politique anonymiste ne soit qu’un énième processus politique d’hégémonie sous pavillon anarchiste.
Or, nous avons choisi nos mots avec soin. Et aucune réfutation n’a été fournie à nos arguments, par exemple : « Quelles que soient les manières de faire, d’en parler, de ne pas en parler, de revendiquer, de ne pas revendiquer, face au pouvoir et sa répression, ce genre de divergences n’ont pas lieu d’apparaitre publiquement, même sous le feu de la panique et de la distinction narcissique. » Quid de cela ? Quid du fait d’annoncer par voie de critique sur un blog situé, et non pas de façon anonyme (pour qu’elle appartienne à tout le monde et que son nom soit personne), une critique publique d’une attaque, alors que le verre n’a pas encore été nettoyé du siège de la CGT de Montreuil, sur un site qui accuse tout le monde de « dissociation » (avec moins de pincettes que ce qu’il exige aujourd’hui à son égard…) à droite à gauche depuis longtemps ?

« On vit une époque formidable », oui, en effet, vous faites bien de le remarquer à chacune de vos sorties flamboyantes depuis qu’une bibliothèque anarchiste vécue, elle aussi, comme concurrente, a été attaquée. On sent que le plaisir devient presque sexuel. Cette fierté pulsionnelle d’enfoncer des clous de sadisme, après l’attaque des vitres de La Discordia par quelques identitaires en panique et manipulés par d’autres ou bien par leur propre connerie. En effet, les Brèves du Désordre avaient publié ce fantastique brulôt, une perle rare des mers agitées. Un communiqué qui fait date, avec un avant, un après et rien d’autre, le 11 septembre de la pensée anarchiste très radicale et pas éclectique. L’attaque de La Discordia par quelques philo-religieux, un motif de réjouissance pour Cette Semaine, un instant de grâce que l’on voudrait voir appartenir à tous. Haute volée, pâquerettes écrasées : on a les petits plaisirs qu’on mérite. Référence était faite à un texte d’André Dréan que nous avions publié, et probablement, d’une note introductive d’un compagnon de Paris aux positions similaires, sur un tract, que le compagnon mettait en parallèle avec l’idéologie bordiguiste [4] par son mécanicisme, son hyper-rationalisme, son absence totale de considérations empathiques ou simplement humaines et son relativisme théorique et rhétorique, propre à une certaine aristocratie bordiguiste de l’orthodoxie marxiste dont nous invitons chacun et chacune à consulter l’histoire attentivement, avant de croire qu’il n’y a pas de probléme dans cet éclectisme-. Les bordiguistes contemporains (débarrassés de quelques horreurs de certains de leurs ancêtres), eux, ne s’y trompent pas. Après s’être demandés quel serait le meilleur texte à reprendre sur les attentats de novembre, ils ont concédè que la meilleur analyse scientifique des attentats était bien celle-là, dans Communisme n°67 (Juin 2016) - Organe central en français du GCI, en page 23. Si le GCI trouve tout de même que ce tract « reste sensiblement franco-centré » (et c’est vrai), il n’y a pas de quoi vous vexer donc, alors que vous trouvez enfin la reconnaissance de vos pairs. On a les « camarades de route » qu’on mérite. Peut-être un désir vibrant pour la dictature du prolétariat ? La dictature de l’anonymat ?

Cherereuses contributeureuses de sacro-sainte identité anarchiste pure et dure (et très très radicale), comme nous vous l’avons déjà répétè à de nombreuses reprises depuis la chute des derniers empires, nous déclinons toutes vos offres, qu’elles soient politiques ou apolitiques. Et nous nous en dissocions. Comme Cyrano, que de belles apparitions vous font maintenant aimer, de lui-même. Roxanne n’est pas dupe, elle guette le complot.

Derrière le refus d’analyser le monde dans ses évolutions particulières et souvent « imprévisibles » (par exemple, retour du religieux, proto-Etat théocratique, méthodes obsolètes etc.), il y a la volonté de masquer une incapacité à sortir d’un logiciel en boucle pour redevenir capables d’assimiler un peu plus de la complexité du monde, ce que l’on appelle être à la hauteur des enjeux, de l’histoire, en quelque sorte. Par exemple, critiquer la religion dans toutes ses spécificités et contradictions contemporaines (et parfois, nouvelles) avec la férocité avec laquelle vous la critiquiez quand elle n’était plus un enjeu pour grand monde, quand il était facile d’être anarchiste, de dire « ni dieu ni maitre » à tous, de blasphémer sur la tête des prophètes, sans risquer, comme aujourd’hui, de se prendre des rafales ou des tartes en pleine rue (ou des bris de vitres et tags infamants, que vous avez su tactiquement éviter avec soin, en effet). Mais il y a bien des tartes qui se perdent parfois. Pas des tartes aux pommes, des tartes aux « pommes de discorde ».

Encore une fois, nous affirmons notre solidarité avec les compagnons et/ou compagnonnes qui ont attaqués la CGT à Montreuil, avec leurs propres raisons, cela quelles que soient la raison de notre éventuelle « réjouissance » [5] vis-à-vis de cet acte, ou la vôtre, qui n’intéressent personne, hormis la répression peut-être. Mais, juste une dernière chose, mêlez vous donc de vos propres réjouissances avec pudeur, et laissez vivre celles et ceux qui le souhaitent, en cessant de vous faire petit commentateur distant et méprisant des attaques réellement anonymes des autres, les pousser dans leurs retranchements et les obliger à répondre sur un pied d’inégalité évident que chacun pourra mesurer.

Si l’idéologie de l’« anonymat » consiste à se distancier publiquement des communiqués de revendication (Montreuil) de ceux qui ne la partagent pas, ou à revendiquer par interprétation politique les actions des autres, se substituer à leur volonté propre, parler à leur place (Brescia), et nous espérons que ce n’est pas le cas pour tous ses défenseurs, alors elle n’a rien à faire chez des anarchistes qui prônent la solidarité, qui ont une notion de ce qui est interne, et de ce qui ne l’est pas.

Nous souhaitons à l’anonymat véritable, et non son idéologie, de mourir avec le monde qui produit sa nécessité pour la plupart, avec ou sans papiers, et son fétiche pour quelques autres, parmi lesquels nos idéologues revanchards du quatre-pages très très important et très très sérieux.

A bas la politique et la récupération.
Solidarité avec tous ceux et toutes celles qui attaquent ce monde dans une perspective révolutionnaire, sans chichi.

Quatre-Pages couleur, papier couché pelliculé à noyau autonome de base, reliure affinitare en peau de phoque anonyme
Cordialement,
le bureau des scoops de petite vertu [6].

PS 1 : Nous sommes heureux que vous vous essayiez à la littérature, mais si vous avez des dégradations morales à formuler à notre encontre ou à l’encontre des individus qui se prostituent, faites les donc ailleurs.

PS 2 : Puisque vous nous reprochez d’être « éclectiques », nous sommes tout aussi heureux pour vous que vous soyez les plus radicaux et les moins éclectiques d’entre nous tous. Votre pureté nous illuminera tous. C’est important l’identité, la famille, la consanguinité politique, tout ça. Etant donné la définition de ce mot (« qui est d’une disposition d’esprit non systématique, accueillante et qui adopte ce qui lui parait bon dans un ensemble d’idées »), nous n’avons aucun probléme à l’assumer sans nous en distancier (une manie…), car en effet, l’éclectisme contrevient à tout mécanicisme et à toute identité figée. Les antonymes d’« éclectique » sont : absolu, exclusif, fanatique, sectaire, et autres valeurs sûres que nous vous abandonnons volontiers.

PS 3 : Nous comprenons que vous ayez une allergie aux pommes, et plus encore aux pommes de discordes, et nous ne relèverons pas la dizaine d’autres méta-discours puérils, petites piques sans finesses et sous-entendus infra-politiques pour régler vos comptes personnels avec la terre entière dans des discours alambiqués pour rien et de laborieux syllogismes de fortune, exclusifs, identitaires et sectaires. Mais réservez-les donc à vos activités de spéléologie. Rien de tel qu’une grotte pour sous-entendre au chaud et sans éclectisme.

PS 4 : Vous pouvez vous faire aussi menaçant que vous le voulez dans votre quatre-page, mais les menaces aussi, peuvent avoir de « lourdes conséquences ». Nous sommes pour l’abolition de la virtualité, et le passage sous conséquences des paroles vides. Sachez donc que nous ne sommes pas intimidés, au contraire, nous sommes prêts et motivés.


[1Nous le reprocher alors que vous vous permettez régulièrement de modifier les titres, mais de… communiqués de revendication, est tout à fait incohérent.

[2le fait qu’il ait été retiré depuis pour des raisons inconnues, comme vous semblez nous le reprocher (!), ne change rien au fait que nous l’avons, effectivement, repris de Contrainfo…

[3Qui sont devenus des « camarades de routes » dans votre texte (des reproches, toujours des reproches…), mais nous ne nous en dissocierons pas, comme nous ne nous dissocions jamais des positions et des pratiques révolutionnaires et anti-autoritaires, quelles qu’en soient les assignations identitaires figées des uns et des autres. Ce n’est pas parce que nous nous inscrivons ouvertement dans une tradition et un mouvement anarchiste que nous devrions l’exiger de tous nos compagnons et camarades, quel que soit leur -isme (ou pas) de prédilection, comme la plupart des anarchistes à travers l’histoire, qui ont su s’allier à d’autres forces révolutionnaires plutôt que de rester au chaud dans leur pureté. Reprocher à des anarchistes d’être « camarades de route » (comme vous dites) de révolutionnaires d’autres obédiences anti-autoritaires nous parait parfaitement puéril et identitaire, et nous vous laissons ce genre de considérations jalouses et puériles sur les fréquentations des uns et des autres.
Cette Semaine a découvert le pot au rose : il arrive aux contributeurs de Non Fides de lire et écouter Vosstanie, et même de les reprendre, la belle affaire !

[4Et non négationniste comme vous l’entendez hystériquement, puisque le compagnon précisait « Loin de nous l’idée d’accuser le ou les auteurs de ce texte (et d’autres venus ou à venir) de choses aussi graves, d’ailleurs nous en partageons la plupart des affirmations (qui, comme le remarquait un autre compagnon, auraient très bien pu être écrites il y a 30 ans, ou dans 30 ans) mais seulement de tirer une petite sonnette en rappelant ce vers quoi ce genre de chemins ont menés », ainsi qu’André Dréan, qui lui, affirmait : « bien entendu, je ne me livre à aucune analogie facile, qui me conduirait à affirmer que l’auteur de « Ni de leur guerre, ni de leur paix » est a priori négationniste, ce qui était déjà le cas de rédacteurs de « Notre royaume ». Par contre, vu le travers, propre à l’idéologie rationaliste à la française, dont il fait preuve, il favorise l’escamotage des questions « maudites » auxquelles beaucoup de « libertaires » autoproclamés ne veulent pas se confronter par pur opportunisme envers les préjugés qu’ils attribuent en bloc aux couches sociales qu’ils aimeraient bien racoler, sans même être à l’écoute des individus auxquels ils sont censés s’adresser ». Vous qui tenez à l’importance des mots, nous vous y rappelons ici.

[5Mais à qui faut-il fournir ses certificats de réjouissance pour montrer patte blanche ?

[6Prochain scoop sur Non Fides, un texte de 1874 ! Mais comment rivaliser avec des dépêches AFP ?