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Toulouse : 7 personnes incarcérées suite à des tags et des affiches [MAJ libération]

dimanche 4 octobre 2020

Aujourd’hui, vendredi 18 septembre, 7 compagnon.n.es sont passées en comparution immédiate au tribunal de Toulouse pour des tags, affiches et pochoirs faits mardi soir. Tout le monde a pris 2 mois de prison ferme avec maintien en détention à la maison d’arrêt de Seysses.

C’était de nombreux tags et affiches contre les flics, les juges, les matons, les bourgeois, l’etat, le patriarcat…
On pouvait lire par exemple « Le feu tue les virus… brûle ton comico » « Balance ton smartphone, pas ton voisin » « Ne relevons pas l’économie, détruisons là » « Avec ou sans masque, ce monde est irrespirable. Détruisons ce qui nous étouffe » « Crève les poukaves » « Squat ton préfet » « Plutôt mourir libre que vivre confiné » « la police tue, confinons la » « ACAB le pire des virus c’est l’autorité »…

Un voisin a poukave et les keufs ont arrêté quelques minutes plus tard 7 personnes. Elles ont fait 48h de GAV (Garde à Vue) + une nuit en prison, avec les chefs d’inculpation :
- Dégradation aggravée en réunion.
- Identité imaginaire.
- Refus de signalétique et d’ADN.

En GAV, elles ont toutes demandé le même avocat mais le procureur a refusé en prétextant un « conflit d’intérêt ». Personne n’a rien déclaré et certaines ont refusé les auditions.
Durant la GAV, au moins une personne s’est faite prendre son ADN sur un gobelet.

L’avocat a finalement pu défendre les 7 personnes à la comparution immédiate.
Il y avait 3 parties civiles. La ville de Toulouse et 2 syndic de copropriété (dont la SOGEM)
A l’audience, les personnes n’ont voulu répondre à aucune des questions. Elles ont maintenu leur identité et ont simplement déclaré qu’elles ne reconnaissaient pas les faits.
Le procureur a annoncé devoir « faire un tir groupé » car il ne pouvait pas individualiser les peines en se basant sur le profil de chacun. Il a requis 3 mois ferme avec maintien en détention.
Quand le juge a prononcé la condamnation a 2 mois ferme, les personnes présentes dans la salle et à l’extérieur ont exprimé leur rage et leur solidarité en gueulant. Le juge a demandé l’arrestation d’une d’entre elles pour « outrage à magistrat ». Plusieurs autres ont tenté de s’interposer et les flics ont utilisé leurs matraques.
La personne qu’ils voulaient arrêter s’est faite bousculé et a chuté. Elle a été emmenée à l’hopital pour être envoyée ensuite en GAV.

On partagera d’autres informations très vite.

Ni innocentes, ni coupables. Crève la justice et son monde.
Exprimons leur toute notre solidarité !

[Repris d’Indymedia Nantes.]


N° écrou de personnes en taule à toulouse
Indymedia Nantes, 27 septembre 2020

Voilà les numéros d’écrou de personnes qui ont été condamnées à 2 mois de taule pour des tags, affiches, refus de signalétique et identité imaginaire.

On a eu des premières nouvelles de tout le monde, plutôt iels vont bien !

5 des 7 personnes sont ok pour que leur numéro d’écrou soit rendus publics. En sachant que la plupart d’entre eux préfèrent pour l’instant qu’on ne leur envoie pas des trucs contre les prisons et contre les maton-ne-s.

Pour leur écrire :

Marius Lahaye n°45677 (MAH)
Zoé Van Bryck n°45678 (MAF)
Lucie Gomez n°45679 (MAF)
Brice Poirson n°45681 (MAH)
Simon Duval n°45682 (MAH)
MAF : Maison d’arrêt des Femmes
MAH : Maison d’arrêt des Hommes

Sur la lettre :

Nom et numéro d’écrou
MAF ou MAH de Seysses
10 rue Danielle Casanova
31600 SEYSSES

C’est bien de leur mettre des enveloppes + timbres si vous voulez peut être une réponse.

Jamais leurs barreaux n’arrêteront notre rage !


Les affiches :


Lettre de 2 personnes de la MAF de Seysses

Le 26 septembre 2020, à la MAF (Maison d’arrêt des femmes) de Seysses.

Salut le dehors,

On vient d’achever une semaine de flou, d’inquiétude et d’incertitude, par rapport à nos choix (avoir tenu les identités, nié les faits, accepté la compa, refusé l’ADN et la signalétique…)

Mais aussi en partie grâce au précieux soutien de l’extérieur, nous tenions à réaffirmer ces choix qui ont été difficiles à prendre à 7 sans communications ni avocat.

Nous ne sommes pas là JUSTE pour des tags et des affiches.

On est là pour nos choix, pour nos idées, parce qu’on est anarchistes, parce-qu’on a craché sur leurs gueules jusqu’au bout. Et même si le jugement a été dur, on a rien lâché ! Ce n’est pas une injustice à nos yeux parce qu’on ne croît pas en la justice. Quelques soient nos actes, nous ne serons jamais innocentes, ni victimes !

C’est important pour nous de réaffirmer ça parce que c’est important pour nous et qu’en plus, pour la plupart des gens ici, nos actes paraissent absurdes, ce qui rajoute de l’isolement à l’enfermement. D’ailleurs, les juges, les flics et les matonnes le savent très bien, et n’ont de cesse de jouer sur ça.

On espère que cette lettre puisse nous redonner de la force et en redonner à toutes celles qui, peut-être, feraient des choix similaires. A y bien penser, si c’était à refaire, nous referions pareil :)

Encore une fois, contre les juges les flics et les maton-n-es, CRÈVE L’AUTORITÉ !!

Aujourd’hui, on écrit à 2 mais peut-être bientôt à 7 ! Big up à nos 5 compagnons, si loin et si proches !


Il y a plusieurs jours, la PAF est venue à la prison de Seysses, interroger certaines personnes condamnées dans cette histoire qui avaient donné une identité belge (et né en belgique) ou bien française (mais né au portugal). Deux personnes ont pour l’instant reçu des OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Francais) et des ICTF de 3 ans (Interdiction de Circuler sur le Territoire Francais).

Elles risquent un enfermement au CRA (Centre de Rétention Administratif) le jour de leur sortie de taule (annoncée pour le 3 novembre). Cet enfermement supplémentaire peut, dans leur cas, durer à prioris jusqu’à 2 mois.

Un recours a été fait par un avocat dans les 48h, pour tenter de contrer cette décision et la date de l’audience n’est pas encore connue.

Notre rage contre la machine répressive ne se limite pas à cette situation !
Cette procédure systématique se passe quotidiennement, quand la PAF vient interroger, menacer ou embarquer les nombreuses personnes enfermées à Seysses et qui n’ont pas les « bons » papiers pour être sur le territoire français. La plupart d’entre elles font chaque fois ces passages par le CRA après la taule, parfois pendant 3 mois, avant d’être expulsées ou relâchées.

LIBERTÉ POUR TOU.TE.S, AVEC OU SANS PAPIERS !
A BAS LES FRONTIERES ET TOUS LES ENFERMEMENTS !


Vendredi 30 Octobre, les 7 compagno.ne.s enfermé.e.s à Seysses depuis le 18 septembre ont reçu la sale visite d’un OPJ de la police nationale et la police scientifique

Ils/elles ont été auditionné.e.s en tant que témoins dans le cadre d’une enquête. Celle-ci serait basée sur une « dégradation » (tag) et de « l’intimidation » (coup de sonnettes la nuit) à l’encontre d’une personne. Au vu des nombreuses questions des keufs concernant qui a eu accès au dossier, on suppose qu’il s’agit de la poucave qui avait appelé les keufs lors de la balade et avait entrainé l’arrestation des 7.

Plusieurs questions ont été posées sur leur appartenance supposée à la mouvance anarchiste, leur lien avec différentes personnes ayant demandé des permis de visite, s’ils avaient demandé à des gens de faire des tags… Les keufs auraient aussi affirmé que la couleur de la peinture des tags était la même que lors de leur arrestation. Ils ont aussi cité l’adresse d’un squat, et ont posé des questions sur leurs identité (« vous vous appelleriez pas xxx ? »), sur les liens entre eux et autres coups de pression…

Au moins pour 3 d’entre elles/eux, il y a des prises d’ADN sur des brosses à dent, verres… Les renseignements continuent de faire leur sale taff et de remplir leurs fichiers et cette histoire nous apprend que la police cherche les personnes ayant commis ces actes. Il n’est pas impossible qu’il y ait des suites (convocs ou autres).

Ne laissons pas la répression nous isoler ni nous diviser !

Tou.te.s solidaires, crève la justice !


MAJ

Petit mot pour dire que les 7 personnes incarcérées à Toulouse pour l’affaire de tags et refus d’identification sont toutes dehors actuellement. 4 d’entre elles sont sorties mardi 3 novembre, jour prévu de leur libération. Les 3 autres ont passé 48h au Cra et sont sorties après un passage devant les juges des libertés et de la détention, jeudi 5 novembre

[Repris d’Indymedia Nantes.]