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Italie : Comuniqué d’Adriano Antonacci à propos du refus du procès en vidéoconférence

lundi 26 mai 2014

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Je dirai seulement quelques mots pour appuyer mon choix de ne pas être présent à l’audience du 26 mai, et éventuellement aux prochaines, étant donné l’utilisation de la vidéoconférence.

L’application d’un tel dispositif rentre désormais dans l’infâme logique de la différenciation des parcours de détention, où l’individu enfermé et accusé est diabolisé et déshumanisé à cause d’une remarquable « dangerosité sociale ».

Expérimenté avec le 41bis [un régime spécial de détention ultra-sécurisé, NdT], on veut maintenant l’étendre aux prisonniers classés AS [haute sécurité] et à tous les procès où la solidarité et la conflictualité sont ou pourraient être particulières et donc des éléments de trouble et d’opposition pour ceux qui, en appliquant les codes en toge et épitoge, font leur travail et décident de la liberté physique des autres. En ne possédant par ailleurs aucune vertu, mais en en ayant les facultés. Puisqu’il y a le droit et la loi.

La vidéoconférence pose des limites bien précises au détriment de ceux qui sont inculpés, en favorisant à tout point de vue ceux qui accusent et ceux qui jugent.

Et puis en raisonnant à une échelle plus vaste, ces limitations pourraient ne pas concerner seulement le domaine des procès…
En considérant le magnifique destin du progrès, un tel instrument de restriction, même pour des raisons économiques, voudra demain se répandre encore plus et s’étendre pour beaucoup si ce n’est pour tous les procès. Après tout il ne faut pas grand chose pour installer des petites pièces avec des écrans, des micros et des téléphones. Ces messieurs trouveront toujours une raison « valable » pour justifier leur usage. Aussi évidente soit elle, la non-neutralité de l’avancée technologique apparait dans tous les domaines et révèle sans cesse l’être asservi au Pouvoir.

Au fond, la virtualisation d’un procès, bien que significative, est peu de chose comparée aux infamies de l’autorité (judiciaire dans ce cas) mais elle est tout de même significative en relation avec la virtualisation de la vie vouée à contrôler et à anéantir, en diminuant les émotions, l’expressivité et la sensorialité… en diminuant la beauté même de la vie et de la liberté de la vivre réellement.

J’éviterai donc de me sentir comme un idiot assis devant un écran pour assister impuissant au petit théâtre où mon frère Gianluca et moi seront des protagonistes absents.

Ce sera donc un jour de prison comme un autre, où la rage est une constante, mais où l’on cherche autant que possible de la stabilité et un peu de sérénité. Je ne cache pas ma tristesse de ne pas pouvoir revoir et peut-être réussir à embrasser les personnes auxquelles je tiens et sentir la chaleur des compagnon-ne-s solidaires.

La libération seulement par la lutte ! La liberté seulement dans l’anarchie !

Adriano
17-05-2014


Pour lui écrire :

Adriano Antonacci
CC di Ferrara
Via Arginone 327
44122
Italie

[Traduit de l’italien par nos soins de Informa-azione.]


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