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Paris : Objection, insoumission et anti-militarisme

mercredi 22 janvier 2020

Après une première discussion qui a eu lieu aux Fleurs Arctiques en novembre dernier pour trouver les moyens de s’opposer à la mise en place en cours du SNU (le Service National Universel qui doit remplacer la Journée d’Appel par un mois en caserne et en association), il a paru évident de s’intéresser aux différents refus de l’armée et du service militaire qui ont existé au cours de l’histoire et d’essayer de penser ce que ces divers refus avaient de subversif afin de nourrir la réflexion actuelle sur le refus du SNU. Que ce soit les refus de la mobilisation et de l’union sacrée lors de la Première Guerre mondiale, les refus du service militaire durant les années 60-70 avec les objecteurs de conscience et les insoumis ou les déserteurs de la guerre d’Algérie, ces différentes formes d’insoumission et de refus ont été traversées de multiples pratiques et contradictions.

Nous proposons de nourrir cette discussion par un regard sur des matériaux historiques tels que différentes affiches et textes des années 60-70, qui sont l’occasion de comprendre un peu plus concrètement les différentes formes de refus de l’institution militaire à l’époque : alors que l’objection de conscience devient un statut prévu par la loi et encadré par l’armée, une partie de l’insoumission pénalement réprimée jusqu’à l’enfermement se pose dans les années 70 comme une « insoumission civile et militaire », pensant le refus de l’armée au sein d’un refus général de la société.

Tenter de comprendre ces refus pourrait permettre de proposer aujourd’hui des formes d’intervention contre le SNU, encasernement dans lequel il serait quand même inconcevable que l’ensemble des adolescents partent « la fleur au fusil », tout en ne négligeant pas les spécificités de ce nouveau dispositif de matraquage moral et nationaliste, qui se voudrait incontournable en agitant des avantages comme l’insertion dans les études avec le gain de crédits étudiants, ou l’insertion dans le monde du travail par l’accès simplifié à des formations. Que pouvons-nous tirer des expériences de luttes du passé afin d’enrichir les luttes du présent ? Il s’agit de réfléchir aux diverses pratiques qui ont eu lieu autrefois – allant de se faire réformer pour raison médicale au passage dans la clandestinité, de l’affiche au sabotage – tout en pensant également au fait que le SNU cherche apparemment plus à exclure ses absents, à les contraindre par l’école et à les stigmatiser par la morale qu’à les pénaliser judiciairement (du moins selon ce qui est pour le moment annoncé officiellement). Réfléchissons aux moyens que peut se donner une perspective révolutionnaire pour accentuer les refus et aider à les rendre possibles, alors que l’ouverture du volontariat pour la seconde phase test du SNU 2020 se fait ce mois-ci, avec cette fois plusieurs dizaines de milliers d’adolescents concernés (30 000 prévus).

Ce sera aussi l’occasion de repenser l’antimilitarisme dans un climat où l’armée est banalisée par la gauche comme par la droite, et où l’intervention quotidienne du militaire est permanente depuis la mise en place de Vigipirate dans les années 90, et d’autant plus dans un contexte d’état d’urgence post-attentats devenu permanent.

Vendredi 24 janvier à 19h aux Fleurs Arctiques (Paris).